Suite à leur podium aux 24 Heures de Spa 2025, les pilotes ont livré des réactions fortes, mêlant émotion, soulagement et fierté après une course exigeante aux multiples rebondissements.
Au terme de cette édition 2025 du double tour d’horloge belge, la ligne d’arrivée a libéré bien plus que des résultats. Les pilotes du podium général ont laissé parler leurs émotions, révélant la profondeur des sacrifices, de la résilience et de la passion nécessaires pour briller sur l’une des plus grandes courses d’endurance au monde.
Jordan Pepper, vainqueur avec la Lamborghini n°63 (Grasser Racing Team)
Le Sud-Africain n’a pas pu retenir ses larmes à l’arrivée. Pour lui, Spa est bien plus qu’un simple circuit : « C’est ici que tout a commencé pour moi, en 2017. J’avais 21 ans, c’était mon anniversaire, et j’ai eu ma première chance sur une course de ce niveau. Depuis, Spa m’a tout donné… et aussi tout pris. J’ai vécu des années de malchance ici, et chaque fois je revenais plus fort, plus déterminé. Cette victoire, c’est neuf ans d’émotions accumulées qui ressortent. Ce n’est pas qu’une course, c’est un chapitre entier de ma vie qui se referme. »

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Touché par le soutien indéfectible de ses proches, Jordan Pepper a dédié son succès à ceux qui ont cru en lui dès le départ : « Ma famille a tout sacrifié pour moi. Mon père était là ce week-end, ma copine aussi… c’est à eux que je pense. J’espère qu’ils sont fiers. Le rêve du gamin que j’étais est devenu réalité. »
Et de saluer le rôle central de Mirko Bortolotti, auteur d’un dernier relais héroïque malgré une condition physique fragile comme en témoigne ses difficultés à l’arrivée : « Mirko a tout donné. Ils lui demandaient à la radio s’il allait bien, il répondait toujours oui, mais on savait qu’il serrait les dents. Il a été l’âme de ce programme Lamborghini depuis des années. Il a mis son corps au service de cette victoire. Le voir sourire sur le podium, ça valait tout l’or du monde. »
Patric Niederhauser, 2e avec la Porsche n°96 (Rutronik Racing)
Déjà deuxième à Spa il y a cinq ans, le Suisse a vécu cette nouvelle médaille d’argent avec un sentiment très différent : « Je ne vais pas mentir, cette deuxième place de 2020 m’a longtemps hanté. Mais aujourd’hui, c’est autre chose. Le week-end a été dur, très dur, on n’avait pas le rythme pour jouer la victoire, et pourtant… on a tout maximisé. Tout le monde dans l’équipe a fait un travail parfait. Parfois, la stratégie, le timing et un peu de chance suffisent à construire un résultat comme celui-là. »

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Alessio Piccariello (2e), meilleur Belge et lauréat du Trophée Paul Frère
Pour le pilote belge, monter sur le podium chez lui, dans sa première saison en catégorie Pro, relevait presque de l’irréel : « Ce trophée est lourd, et je suis épuisé, mais tellement heureux. On a traversé un week-end très étrange, sans comprendre pourquoi on était si en retrait. On a tout changé sur la voiture avant la course, en croisant les doigts… et ça a payé. On n’a pas eu le rythme pour gagner, mais on a fait une course propre, intelligente. Et parfois, un peu de réussite équilibre tout. »
Sven Müller (2e), lucidité en fin de course
En charge de gérer les derniers tours au volant de la Porsche n°96, le pilote allemand a fait preuve d’un sang-froid exemplaire : « C’était la course la plus dure de ma carrière, sans aucun doute. Sur les derniers relais, je sentais que quelque chose n’allait pas. Je perdais de la pression dans un pneu, chaque virage devenait un risque. Dans ces moments-là, tu dois juste survivre, ne rien tenter de stupide et ramener la voiture. On avait une place sur le podium à défendre, il ne fallait pas tout perdre. »

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Alessandro Pier Guidi, 3e avec la Ferrari n°51 (AF Corse – Francorchamps Motors)
Marqué par la défaite cruelle de 2024, l’Italien se contente du podium avec une certaine lucidité : « Bien sûr, on vient ici pour gagner. Mais après notre début de course, être sur le podium, c’est presque une victoire. On était P65 à un moment, on a remonté tour après tour. On a été rapides, efficaces dans les stands, et oui, on a eu un peu de chance aussi. Mais c’est ça Spa. Cette fois, ce n’est pas une revanche complète, mais c’est une belle récompense. »
Alessio Rovera (3e), la combativité dans la nuit
« Le souci est arrivé dès mon premier tour : je me suis rendu compte qu’on avait un souci de frein et j’ai dû rentrer au ralenti. On s’est retrouvés très loin. La nuit a été un vrai combat, mais on est remontés au top 10, puis au podium. L’équipe a été incroyable dans les arrêts. Sans eux, on n’y serait jamais arrivé. »
Vincent Abril (3e), de retour sur le podium à Spa après huit ans
« On avait de grandes ambitions, et honnêtement, après les premiers relais, tout semblait aligné. Et puis on a pris ce coup dur tôt dans la course. Quand tout va bien à Spa, c’est déjà une épreuve difficile, alors quand tu dois courir derrière dès le début, c’est encore plus dur. Mais avec cette équipe et ces coéquipiers, on s’est battus jusqu’au bout. Après une P2 et une P3 ici, il ne manque plus qu’une marche. On reviendra. »
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