Hugues de Chaunac est la pierre angulaire d’Oreca. Le constructeur français est présent dans toutes les catégories cette année aux 24 Heures du Mans, une première. Le parton et créateur a accordé une interview « fleuve » à Endurance24 où tous les sujets (ou presque) ont été abordés. Dans cette première partie, il parle d’Acura / Alpine en LMDh, les demandes d’autres constructeurs et le recrutement de Rémi Taffin.
Vous avez deux LMDh à châssis ORECA dont Acura qui a remporté Sebring il y a quelques mois. Etes vous satisfait de ce programme américain ?
« Je dirais même très satisfait de notre présence en LMDh parce que tant qu’avec Acura qu’avec Alpine, ça se passe bien. On a fait une bonne voiture, ce qui est déjà très important. Cela est même reconnu par nos concurrents et j’avoue que c’est une certaine fierté pour nous. Côté américain, on a commencé avec Acura il y a un an, on a fait un très beau parcours, ça se passe très bien, on a une superbe relation avec eux. C’est quand même un des points forts d’Oreca, la fiabilité tout le temps, que ce soit en LMP2 ou en Hypercar. C’est vraiment une satisfaction, mais chez Oreca, on ne se satisfait jamais de ce qui existe. On se remet en cause tout le temps, alors que très souvent, il pourrait y avoir des moments où on pourrait se relâcher un peu. Ce n’est pas notre nature et, pour ma part, je suis un éternel insatisfait, c’est pour ça en bonne partie que ça fonctionne. Tout le monde autour de moi sait que je veux avoir la meilleure voiture, le meilleur châssis, le meilleur support client. Je veux tout le temps qu’on soit premier partout. Sur un paddock, mes équipes me voient et je ne note que les choses qui ne vont pas. Je sais bien tout ce qui est bien, mais je veux qu’on soit au top. Sur l’Hypercar, Oreca peut être fiers du boulot réalisé avec ses deux très bons partenaires, Acura et Alpine. »

@IMSA
Et Alpine…
« Maintenant, ça démarre avec Alpine. Ça s’est bien passé au Qatar et à Imola, la fiabilité est là. Avec Alpine, je pense que la montée en puissance va être forte et j’attends Le Mans avec impatience en étant tout à fait réaliste, on sait que les objectifs sont clairs pour eux. Le Mans, il faudra absolument finir et être évidemment le plus près possible du podium. En même temps, il faut bien préparer 2025 pour être là, clairement, sur le podium et à la bagarre. »
« Après, il faudra jouer la Champions League avec Alpine ! »
Est-ce qu’à l’avenir, Oreca, pourrait s’investir encore un peu plus dans ce programme Alpine c’est-à-dire peut-être au niveau fourniture de moteurs ?
« Au niveau moteur, non, parce que c’est vraiment la spécialité et la partie prenante d’Alpine. Par contre, c’est sûr qu’avec Alpine, on travaille de plus en plus parce qu’on amène tout notre expertise, notre expérience. Ca se passe très bien, il y a une très bonne intégration de part et d’autre. Je dirais, le binôme châssis Oreca, moteur powertrain hybride Alpine fonctionne bien. Il faut qu’on aille viser haut. Il y a eu ces quelques courses de rodage, d’apprentissage. Après, il faudra jouer la Champions League. »

@MPS Agency
« On entretient des discussions avec d’autres constructeurs »
Est-ce que ces résultats attirent d’autres constructeurs ? Avez-vous des demandes ?
« On a des contacts, pas encore des demandes sérieuses, mais on entretient des discussions avec d’autres constructeurs. Ils se posent d’abord la question: est-ce que je vais ou pas en Hypercar ? Mais, en se la posant, on s’aperçoit que s’ils y vont, ils ont envie d’y aller avec Oreca. Est-ce que l’on va accepter, on verra, parce qu’on a refusé des choses il y a un an ou deux car on voulait se concentrer complètement. Maintenant, on commence à bien organiser les programmes Acura et Alpine qu’on a lancés. On regarde, on ne cherche pas, mais on est à l’écoute des programmes. Si un constructeur, avec un programme sérieux, voulait s’investir, je pense qu’on serait prêt. Par rapport à cette marque, il est vrai que, maintenant, le package Oreca devient hyper crédible grâce aux références Alpine en WEC et Acura qui a gagné Sebring (et Detroit) par exemple. »
« S’assurer que la cuisine suive derrière, parce que le restaurant, il est plein et, en même temps, on a doublé la superficie ! »
Vous avez embauché Rémi Taffin. Qu’est-ce qu’il vous amène ? Qu’a-t-il apporté à Oreca que vous n’aviez pas avant ?
« Rémi est arrivé au moment où Oreca était dans un besoin de se structurer immédiatement. L’équipe technique était environ à peu près de 70 personnes et a doublé, passant à 150. Il a pris la responsabilité aussi de l’équipe de Magny Cours (qui fabrique les moteurs LMP3) donc il a à peu près 200 personnes à gérer. Il a amené toute l’expérience qu’il a acquis chez Renault, il a quand même été le patron technique de la F1. Sa priorité est de bien organiser et structurer tout ce qu’il y a. En même temps, comme on a beaucoup grossi… Avant, on faisait des LMP2, on allait lancer le programme Hypercar, puis tout à coup, on fait des LMP2, de l’Hypercar, des Ferrari GT3 en même temps et on va faire autre chose demain. Donc, Rémi doit suivre, structurer, organiser, s’assurer que la « cuisine » suive derrière, parce que le restaurant, il est plein et en même temps, on a doublé la superficie. »

@ORECA
Est-ce que vous avez toujours dans un coin de votre tête l’envie un jour d’inscrire le nom Oreca au palmarès et 24 Heures du Mans au général ? C’est compliqué puisque vous fournissez les châssis et vous ne pouvez pas vous opposer à vos clients…
« Oui, c’est dans ma tête, mais en même temps, il faut être réaliste. Qu’un châssis Oreca remporte Le Mans serait déjà une colossale satisfaction, mais je n’en fais pas une obsession. Je me dis : « Pour le moment, ce qui est important, c’est qu’on gagne le Mans. » On a marqué l’histoire du Mans par un record qui ne sera jamais battu : notre présence en LMP2. On voit Oreca depuis six, sept ans toujours gagner la catégorie, on ne voit que des Oreca au départ. Donc on peut dire que l’on a marqué Le Mans de notre empreinte et on fera toujours partie du palmarès. En haut, ce sont les grands constructeurs, Oreca n’est pas un grand constructeur, mais il se trouve qu’on y est. On est en haut avec Alpine, au milieu avec les LMP 2 et en GT3 avec Ferrari. Jamais quelqu’un n’a été dans les trois catégories, jamais quelqu’un n’a eu tout. »
Avez vous gardé un œil sur d’autres disciplines dans lesquelles vous n’êtes pas comme l’IndyCar. Est-ce qu’il y a des disciplines où vous vous dites : on n’y est pas, mais on aimerait bien y aller ?
« Je garde un œil sur toutes les disciplines, entre autres le rallye, le Paris-Dakar et la monoplace que j’aime bien et, un jour, j’aimerais bien qu’on retourne dans cette dernière. De façon générale, je suis bien au fait de toutes les disciplines.»
A suivre…
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