Hugues de Chaunac, après avoir abordé les sujets Alpine, Acura, Hypercar, LMDh, parle du LMP2 où Oreca a mis la mise. Avec un nouveau programme depuis peu, le patron parle aussi de sa fierté d’avoir attiré Ferrari dans le Var…
En LMP2, il y a une voiture qui est en préparation et qui s’appelle l’Oreca 09…Que pouvez vous nous en dire ?
« Je dirais qu’on est un petit peu en attente de l’ACO, à la fois pour pouvoir avancer et aussi pour avoir leur décision définitive. On travaille, mais on ne peut pas progresser très vite parce qu’on est un peu dépendant des informations que l’on nous donne. On attend que d’ici Le Mans, l’ACO nous fournisse plus d’éléments sur le nouveau règlement. »
Ces LMP2 actuelles sont homologuées jusqu’à fin 2025, on a pu entendre que, comme il y avait un petit peu ce temps de latence par rapport à la réponse de l’ACO, ça pourrait repousser encore un petit peu son temps d’homologation jusqu’à fin 2026 voire 2027…
« Disons que cela peut être une possibilité. C’est en tout cas probablement aussi une demande des teams parce qu’ils ont leurs voitures, qu’elles marchent très bien. Ca fait partie de tout ce qui est dans les mains de l’ACO, c’est à dire à la fois définir très rapidement le règlement de la future LMP2 et de dire si les choses sont un peu décalées ou pas. »

Photo André Ferreira / DPPI
Avec le LMP2, il faut qu’on soit plus dans la continuité que dans le changement ! »
Le LMP2 est la catégorie dans laquelle vous avez tout de suite sauté. Comment voyez vous son évolution dans les futures années ?
« Aujourd’hui, il y a toujours eu en l’endurance comme au Mans des cycles. Là, on est sur un où l’Hypercar explose, elle est en très belle santé et il ne faut pas chambouler tout cela. L’Hypercar marche très bien, le LMP2 marche aussi très bien telle qu’elle est. Il faut, pour le moment, pour moi, se concentrer sur l’Hypercar. Le LMP2 vit bien sa vie, il ne faut surtout pas trop modifier tout cela et réfléchir à ce que devrait être le LMP2 d’ici trois ou quatre ans. Quand je dis réfléchir, c’est en même temps avec l’évolution technologique. Aujourd’hui, tous les yeux sont tournés vers l’Hypercar. J’espère que le nouveau règlement va permettre de faire en sorte qu’on ne touche pas beaucoup de choses. Il est important que le règlement de la nouvelle LMP2, qui logiquement, devrait être annoncé d’ici Le Mans (conférence de presse ACO du vendredi, ndlr), soit beaucoup plus dans la continuité que dans le changement. On a une Hypercar qui est nouvelle, qui amène beaucoup de choses, etc. À côté, le futur du LMP2 doit être dans la continuité et qu’il soit plus dans le prolongement que dans la révolution. »
Oreca est omniprésent en LMP2. Est-ce que vous pensez que le LMP2 devrait se tourner plus vers quelque chose de monomarque comme c’est un peu le cas actuellement ou est-ce qu’il faut que ça soit toujours ouvert aux autres constructeurs ?
« Je dirais aujourd’hui, c’est toujours ouvert. Nous, on aime la bagarre, donc on a zéro problème pour le futur. Ce qui est sûr, c’est que si aujourd’hui c’était un de nos concurrents, par exemple, Dallara, qui avait le plateau de LMP2, il est certain qu’il y aurait une Oreca présente parce qu’on serait à la bagarre. On est ouvert et compétiteur. »

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Au niveau des bons de commande pour les Ferrari, on est plein jusqu’à fin 2026 ! »
Vous avez parlé de Ferrari. Le début était un petit peu plus compliqué. Est-ce que tout est rentré dans l’ordre au niveau fourniture des 296 GT3 que vous fabriquez ?
« Ça se passe vraiment très bien, avec une belle satisfaction de Ferrari. Ça a été un très gros chantier en effet parce qu’on a eu beaucoup de pression et parce qu’il a fallu faire beaucoup plus de voitures que ce qui était prévu. Depuis, on a monté une super équipe. Il faut savoir que Ferrari, chez Oreca, c’est plus de 50 personnes maintenant, avec un directeur dédié 100% Ferrari. On sort les voitures tous les mois sans aucun problème. Il faut aussi savoir qu’on assure le support client, technique et pièces dans le monde entier. On a à peu près une vingtaine de personnes qui se partagent ces taches aux quatre coins du monde tous les week-ends. Juste sur le mois d’avril, avec Ferrari, on a fait 16 courses. Donc tout ça, c’est une très grosse organisation et ce que les gens ne se savent pas, c’est qu’on a réussi à mettre tout en place en un temps record. »
C’est une vraie fierté d’avoir attiré Ferrari…
« Oui, pour moi, c’est le mythe du gamin qui a toujours rêvé de Ferrari. Avoir tout d’un coup le logo Ferrari / Oreca ensemble, cela veut dire, on y est arrivé. C’est une grande fierté. »

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Et les perspectives de construction de voitures ?
« Oui. C’est simple, en commande de Ferrari 296 GT3, on est plein jusqu’à fin 2026.»
Cela vous a aussi obligé à vous réorganiser et construire de nouveaux locaux à Signes également…
« On avait déjà lancé la construction d’une toute nouvelle usine qui a été terminée début mai, c’est un Techno Centre de 8 000 mètres carrés qui est superbe, vraiment. »
Donc un Hugues de Chaunac très content de l’évolution de l’entreprise ORECA et de ce qui se passe actuellement.
« Je dirais un Hugues de Chaunac à la fois très content, fier de ce qu’Oreca devient et à la fois avec beaucoup d’idées derrière la tête que je veux réaliser. Donc, en pleine dynamique. Après, il faut que l’organisation suive car on a beaucoup grossi. On doit friser les 380 personnes maintenant, ça devient une belle organisation, mais on est en fiers. »

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