| 20 mai 2025 | par

Genesis accélère le développement de la GMR-001 Hypercar sur simulateur

© Stephen Fisher / Drew Gibson Photography

Alors que la course contre la montre se poursuit en vue de l’homologation attendue d’ici la fin 2025, Genesis Magma Racing intensifie le développement de son programme LMDh. À trois mois des premiers essais en piste, c’est dans l’univers virtuel du simulateur que se construit l’essentiel du travail de fond.

À Signes (Var), les travaux battent leur plein. Les futurs locaux de Genesis Magma Racing ne sont pas encore opérationnels, mais la base technique doit être prête pour accueillir la toute première GMR-001 le 22 juillet prochain. Faute de béton sec, c’est sur le simulateur que le projet LMDh du constructeur sud-coréen prend de la consistance.

Genesis, qui effectuera ses débuts en Championnat du Monde d’Endurance FIA en 2026, n’attend pas d’avoir les clés de son atelier pour avancer. Depuis fin février, début mars, c’est en Grande-Bretagne, dans les installations de Dynisma, que l’équipe s’immerge dans le développement virtuel de la GMR-001. Son propre simulateur, un DMG-360XY — l’un des systèmes les plus avancés du marché, dérivé de la F1, avec une latence ultra-faible, une large bande passante, une grande rigidité et une capacité de lacet illimitée sur cinq mètres d’excursion au sol — ne sera installé à Signes qu’au premier semestre 2026.

« C’est sûr que c’est une contrainte logistique », reconnaît François-Xavier Demaison, directeur technique. « C’est plus compliqué quand on ne dispose pas de cet outil sur notre site principal. Heureusement, aujourd’hui, avec les visioconférences et les déplacements ciblés, on peut limiter les allers-retours. Mais c’est toujours frustrant de devoir mobiliser des ingénieurs pour les mettre dans un avion. »

Genesis accélère le développement de la GMR-001 Hypercar sur simulateur

Genesis a passé commande d’un simulateur DMG-360XY qui sera installé à Signes © Genesis

Virtualisation poussée pour une Hypercar ambitieuse

Ce compromis, Genesis l’assume pleinement, tant les bénéfices sont considérables. « Pour l’instant, on l’utilise surtout pour valider la stratégie moteur, la gestion de l’énergie hybride, les freins, le système brake-by-wire… On travaille aussi sur l’aérodynamique globale et on commence à affiner les réglages. Avec un bon modèle de pneus, le reste devient très prédictif. Et ça fonctionne très bien. On bénéficie de tout le travail qui a été fait en F1 de ce côté-là. »

Le simulateur devient alors un véritable banc d’essai anticipé, en amont des rares journées de roulage physique prévues. « Les décisions prennent du temps, mais la date de production, elle, ne bouge jamais. C’est toujours comme ça. D’où l’importance du simulateur : il faut être prêt dès les premiers tours. On a d’ailleurs déjà fait rouler virtuellement la voiture sur la plupart des circuits sur lesquels on va évoluer en WEC et en essais. »

La complexité technique ne s’arrête pas là : volant, interface, tableau de bord… tout est à concevoir. « Il faut développer les fonctions du volant, déterminer les informations qu’on y affichera, penser toute l’interface avec le pilote. Les logiciels sont libres, donc il y a une grande part de créativité. Ce ne sont pas juste des boutons sur un volant, ce sont des voitures extrêmement complexes. »

© Stephen Fisher / Drew Gibson Photography

Du côté des pilotes, André Lotterer et Pipo Derani s’investissent dans la mise au point. « Il s’agit d’établir une base solide, de découvrir les grandes lignes du concept, » explique Lotterer. « On doit encore multiplier les séances pour valider qu’on est bien dans la bonne fenêtre et que la réalité correspondra à ce qu’on développe aujourd’hui. Ce n’est pas instantané. »

« On est dans le simulateur depuis au moins deux mois », complète Derani. « On développe les systèmes de l’écran, l’ergonomie générale… On échange en permanence avec les ingénieurs pour leur dire ce dont on a besoin en tant que pilotes pour faire rouler la voiture. L’objectif, c’est que tout soit fluide, intuitif, facile à utiliser. »

Ne pas posséder son simulateur « maison » implique une grande confiance envers Dynisma : « Les fournisseurs de simulateurs livrent uniquement le hardware. Le modèle de voiture, c’est à nous de le créer. Il faut donc un échange d’informations très encadré, sous NDA (accord de confidentialité, Ndlr), pour garantir qu’il n’y ait aucun transfert entre équipes », précise Demaison.

À partir de 2026, le simulateur DMG-360XY sera installé dans les locaux de Signes. Il deviendra alors un outil stratégique de préparation pour chaque manche du WEC, dans un contexte où les journées d’essais réels sont strictement limitées.

© Stephen Fisher / Drew Gibson Photography

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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