| 8 décembre 2023 | par

« Gagner plus de points et en enlever aux autres » grâce à la troisième Ferrari 499P

© Nico Deumille

Batti Pregliasco occupe le poste de team manager au sein d’AF Corse, l’écurie responsable de la gestion des deux Ferrari 499P dans la catégorie Hypercar du WEC, ainsi que d’une importante partie des Ferrari 296 GT3 engagées. Présent lors de l’avant-première du film consacré aux 24 Heures du Mans, Endurance24 a eu l’opportunité de le rencontrer afin de discuter de l’année écoulée et des perspectives pour 2024…

Quel bilan dressez-vous de la saison FIA WEC 2023 qui s’est achevé il y a un peu plus d’un mois à Bahreïn ?

« Je pense que c’est plus que ce qu’on attendait avec, cerise sur le gâteau, la victoire aux 24 Heures du Mans, le top du top. Même au niveau de la performance, fiabilité, de l’équipe, je suis vraiment très content tout comme Ferrari. Ce fut quand même le développement d’une voiture très compliquée, à un niveau qu’AF Corse n’avait jamais atteint. Avec l’aide de tous les membres et ingénieurs Ferrari, on est arrivé à faire atteindre ce haut niveau demandé. On a mis en place une joint-venture particulièrement aboutie

La première chose que je retiendrais, c’est la performance de la voiture qu’on a démontré tout de suite comme avec la pole position de Sebring. On a alors su que la voiture était faite bien, bien née, belle et performante. La deuxième, on a eu de la fiabilité parce qu’on n’a jamais arrêté une course pour des problèmes de fiabilité au contraire d’autres concurrents qui, lors des premières courses, s’arrêtaient sur la piste et n’arrivaient pas à repartir. On s’attendait pourtant à avoir des soucis comme eux, mais on ne les a pas eus. Troisième chose, le team n’a jamais fait d’erreurs en termes de stratégie ou de travail, pas de grosses pénalités, pas de gros problèmes. Pourtant, il est possible de faire des grosses erreurs ou de gâcher une course pour une petite.

Batti Pregliasco à Bahreïn © Nico Deumille

Et puis, Le Mans, on a travaillé, travaillé et on voit que ça commence à venir, on est proche au niveau des temps, on sent que l’on a quelque chose à jouer avec les pneus, l’essence. On arrive à faire la pole avec Antonio Fuoco qui fait un tour magnifique. Je n’ai pas réalisé tout de suite ce que nous avions accompli, mais en me rendant à la remise des trophées sur la piste, j’ai vraiment vu cette énorme passion pour Ferrari, pour nous, pour Le Mans en général. Je pense qu’on a amené quand même une nouveauté très importante. Donc merci à l’idée et l’investissement d’Antonello Coletta (patron des Activités Sportives GT de Ferrari) et de Ferrari de venir sur un championnat comme ça, en catégorie reine. On a ouvert, je pense, une porte et une passion comme on a pu le voir à Monza, c’était impressionnant, extraordinaire cette ambiance en Italie. »

Vous attendiez-vous à signer la pole à Sebring et à être dans le coup d’emblée ?

« En vérité, à Sebring, on y est restés 20 jours pour faire deux tests au mois de janvier. C’était la seule piste sur laquelle on a pu vraiment travailler avant la course. On était donc bien préparés mais, même comme ça, on débute le Prologue avec James Calado qui tape fort et on doit changer le châssis. On passe des nuits à reconstruire la voiture et on arrive aux essais libres et à la qualif. On n’a pas pensé à cette pole, mais plus à être fiable. Finalement, c’est venu parce qu’on était bien, avec de bons réglages, une bonne gestion des pneus, mais on ne s’attendait pas à ça. Cela a donné le ton pour le reste de la saison, on a alors su que l’on n’était pas trés loin, que ce serait un bon retour, une bonne année. »

2024 arrive avec une troisième 499P en WEC. Sur quoi allez-vous travailler pour essayer de vous rapprocher encore un petit peu de Toyota ?

« Après Le Mans, ça a changé au niveau du poids et de la puissance de la voiture. C’était assez normal vu la performance, mais je pense qu’avec des voitures sensibles comme ça, les résultats de ces changements ont eu plus d’effets qu’on pensait. Par exemple, cinq kilos sur une voiture, ça change beaucoup de choses. Pas forcément au niveau de la vitesse, mais plus sur les freins, ça chauffe plus les jantes et l’utilisation des pneus dans un relais s’en trouve modifiée aussi. C’est toute une chaîne très importante à comprendre. Même pour nous, parce qu’on va travailler sur ça aussi, on est en train de faire des tests. On en a fait à Imola, au Qatar et on va en faire d’autres encore au mois de janvier. Donc, on cherche des solutions car on va avoir une nouvelle balance pour le début de la saison avec les nouvelles voitures qui arrivent car il faut prendre en compte la performance des autres. On est inquiet, mais moins qu’en fin de saison qui fut plus compliquée par rapport à ça. »

Pourquoi une troisième Hypercar couvée par AF Corse en 2024 ? 

« Pourquoi pas (rires) ! Avec toutes les voitures qui arrivent maintenant, ça sera une bataille très, très forte avec 18 autos de la même catégorie. Donc, avoir une voiture en plus donne une possibilité de gagner plus de points et d’enlever des points aux autres, bien sûr. C’est aussi la possibilité pour des teams privés d’essayer de voir cette voiture et de montrer aussi l’utilisation des voitures privées. »

Est-ce pour toute la saison ou bien pour se concentrer sur Le Mans ?

« Le WEC toute la saison, plus Le Mans, bien sûr, mais c’est une voiture qui, à mon avis, va être vite comme les autres. Déjà, le premier pilote (Robert Kubica, ndlr), c’est super. »

Y aura-t-il des changements dans les autres équipages ?

« Non, je ne pense pas parce que le travail qu’ils ont fait tout au long de l’année a été super. Ils se sont tous bien entendus entre eux donc je ne vois pas Ferrari changer l’équilibre des voitures ! »

Concluons cette interview par le GT3. Encore un gros programme vous attend, deux Ferrari 296 GT3 en WEC, cinq exemplaires en ELMS…

« AF Corse a toujours été capable de gérer beaucoup de voitures partout. On est en Asian Le Mans Series en ce moment. On va faire l’ELMS avec quatre voitures, une LMP2, trois GT3, gérées techniquement par nous, même si elles ne sont pas sous notre nom mais Formula Racing et Spirit of Race sont des clients comme chaque année. On fera aussi la Michelin Le Mans Cup, le GT World Challenge. Comme j’ai dit, on alignera aussi la LMP2 de François Perrodo qui a gagné le championnat ELMS (LMP2 Pro Am) cette année et elle fera aussi les 24 Heures du Mans. AF Corse est très structurée pour faire un certain nombre de championnats avec plusieurs voitures, donc il n’y a pas de soucis. C’est juste un nouveau challenge parce que la voiture, la 296 GT3, est neuve. »

Que pensez-vous de cette auto à l’aube de sa deuxième saison ?

« La Ferrari 296 GT3 est très bien faite. Il faut seulement maîtriser un peu les petits soucis de jeunesse. Comme à chaque fois, on a une voiture au début avec certains points faibles. C’est seulement des choses à régler et il faudra chercher également à être performant. »

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