À trois semaines des 24 Heures du Mans, Sébastien Bourdais s’apprête à vivre sa 18e participation. Toujours aussi affûté, le Sarthois aborde l’épreuve avec lucidité, sans en faire une obsession.
Sébastien Bourdais revient sur ses terres. À 46 ans, le Sarthois prendra le départ des 24 Heures du Mans pour la 18e fois de sa carrière, au volant de la Cadillac n°38 engagée par Hertz Team JOTA. À ses côtés, deux anciens champions du monde : Earl Bamber, double vainqueur de l’épreuve au général avec Porsche et titré en WEC en 2015, et Jenson Button, champion du monde de Formule 1 en 2009, qui vivra sa troisième participation. À eux trois, ils cumulent 28 départs dans la classique mancelle. Et s’ils forment l’un des équipages les plus expérimentés, Bourdais est aussi le doyen de la catégorie Hypercar.
Dans un entretien accordé à Endurance24, il partage sans détour son regard sur la course. « Tout le monde veut gagner Le Mans, évidemment. Pour moi, c’est une course à part, je suis né ici. Mais ça fait un moment que j’ai accepté que Le Mans choisit son vainqueur. Je l’aurai peut-être un jour sur mon palmarès… ou peut-être pas. Tu peux vouloir encore plus fort, tenter encore davantage… ça ne change rien. Aujourd’hui, j’essaie surtout de profiter de l’instant. Le contexte est exceptionnel : je fais partie d’un programme officiel, je reviens au Mans à 46 ans, je suis encore compétitif, je me bats pour la pole… c’est fantastique. »
Déjà vainqueur au Mans en 2016 en LMGTE Pro avec Ford, Bourdais n’idéalise plus une victoire dans la catégorie reine, même si elle aurait une saveur particulière. « Bien sûr que ce serait incroyable de terminer sur la plus haute marche du podium avec ce trophée légendaire. Mais je n’y pense même plus vraiment. C’est une victoire qui m’a échappé tellement de fois… Alors tu prends du recul. Si ça doit arriver, tant mieux. Sinon, ma vie ne changera pas pour autant. Je n’en fais pas une affaire personnelle. »

Après deux manches compliquées au Qatar et à Imola, l’association entre Cadillac et JOTA a affiché de nets progrès à Spa-Francorchamps, ultime rendez-vous du WEC avant Le Mans. Les deux voitures ont terminé dans les points, dont la n°38, sixième à l’arrivée. De quoi se rassurer avant le point d’orgue de la saison : « C’est un bon résultat pour aborder les longues semaines qui nous attendent avant Le Mans. On sait qu’on aura de la performance là-bas. »
Doyen de la catégorie Hypercar, Bourdais n’a pas l’intention de raccrocher. « Je n’ai pas d’autres passions qui me motivent autant que le sport auto. Tant que je me sens performant et que je n’ai pas l’impression de décliner, je ne vois pas pourquoi j’arrêterais. Évidemment, à mon âge, on ne te propose plus des contrats de quatre ans. Mais une opportunité s’est présentée, tant mieux. À moi de justifier la confiance qu’on m’a accordée. »
Celui qui a terminé trois fois à la deuxième place au classement général entre 2007 et 2011 avec Peugeot garde la tête froide. « Dans le sport auto, tu n’es jamais que aussi bon que ta dernière course. On peut t’encenser un jour et t’oublier le lendemain. C’est comme ça. On tolère sans doute moins d’erreurs chez les vétérans que chez les jeunes, et c’est normal. Mais tant que j’ai la chance de vivre des opportunités comme celle-là, je ne vais certainement pas m’en plaindre. Le but c’est de ne pas avoir de regrets. Ne pas te dire que tu as oublié un détail, que tu as laissé une pierre non retournée. Mais pour le reste… ça reste la course. Et il y a énormément de choses que tu ne maîtrises pas. C’est comme ça. »
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