| 14 mars 2024 | par

Fred Makowiecki et les pneus Michelin au centre de la course à Sebring

Ce week-end se tient en Floride la 72e édition des 12 Heures de Sebring, deuxième manche de la saison 2024 de l’IMSA SportsCar Championship. Sur un circuit au revêtement atypique, les pneumatiques y joueront un rôle primordial, comme nous l’explique le pilote officiel Porsche Frédéric Makowiecki.

Depuis 2018, Michelin est le manufacturier unique du championnat d’Endurance nord-américain IMSA. Le pneumaticien tricolore équipe non seulement les prototypes GTP, qui sont les mêmes que les voitures (LMDh) de la catégorie Hypercar en championnat du monde d’Endurance (dont font partie les 24 Heures du Mans), mais aussi toutes les autres catégories. Cela représente jusqu’à 160 voitures par week-end de course, et c’est le premier programme de Michelin Motorsport, exclusivement alimenté par l’usine de Cataroux, à Clermont-Ferrand.

Passé ce petit « Cocorico », revenons en Floride et sur le circuit de Sebring. Car c’est ici que les gommes Michelin auront fort à faire ce week-end, sur un tracé atypique et bosselé comme aucun autre. Le pneu et la stratégie qui l’entoure seront alors au centre des débats dans la course à la victoire, comme nous l’explique Frédéric Makowiecki, qui partage cette semaine la volant de la 963 n°6 du Porsche Penske Motorsport avec son compatriote Mathieu Jaminet et le Britannique Nick Tandy.

Frédéric Makowiecki et Roger Penske

 « A Sebring, nous devons composer avec deux types de surface différentes, à savoir un asphalte relativement classique et des plaques de béton reliées par des joints grossiers » explique Frédéric Makowiecki. « Sur le papier, cela peut paraître anodin, mais il faut savoir qu’aux horaires de forte chaleur, la température du béton peut être 10°C inférieure à celle du goudron, et donc que les deux surfaces demandent, en théorie, deux types de gommes. Or, dorénavant nous n’avons qu’une seule spécification de pneus pour toute la course ! « Et c’est le médium (que Michelin appelle aussi « Soft haute température », Ndlr) qui a été choisi pour cette course.

Inutile de chercher à être rapide quand cela ne sert à rien

Sa fenêtre de fonctionnement idéale se situant à Sebring entre 25 et 35°C, les premiers tours pourraient être délicats, surtout de nuit.  Dès lors il faudra être vigilant, car c’est dans les dernières heures qu’il faut répondre présent. Surtout qu’à Sebring il faut survivre en journée, mais tout se joue dans le money time (dernière heure de course, Ndlr) et les équipes règlent leurs autos en conséquence. Il est donc inutile de chercher à être rapide quand cela ne sert à rien et il faut surtout veiller à rester dans le bon paquet en vue de la dernière heure.

 

Des températures au sol qui vont du simple au double

A Sebring, la température de piste varie énormément. En 2023, de 22°C au départ, à 10h, elle est passée à 46°C à mi-course, avant de retomber à 26°C dans les dernières heures, une fois la nuit tombée.

Sebring affiche aussi des statistiques intéressantes au niveau des suspensions. Sur ce circuit long de 6,019 km et composé de 17 virages, on parle de 5,18 m de débattement cumulé par suspension sur un tour. C’est une donnée extravagante pour un circuit encore utilisé aujourd’hui. Car au-delà de ses plaques en béton, le Sebring International Raceway est un véritable champ de bosses, et c’est une caractéristique qui lui a même valu un slogan : #respectthebumps (Respecte les bosses, en français). Et c’est là que le pneu joue un rôle ô combien prépondérant.

 

Fred Makowiecki et les pneus Michelin au centre de la course à Sebring

© Porsche

« La capacité de l’auto à absorber ces bosses est primordiale, » conclut Fred « Mako ». « A Sebring, tout est histoire de compromis. Car si le revêtement t’empêche de rouler avec la hauteur de caisse minimale, tu as aussi besoin de générer de la charge aérodynamique. Et le pneumatique, lui, participe grandement à l’amortissement de la voiture. Il vient vraiment en complément du set up. Rouler avec une pression de 2,1 bars comme c’est le cas à Daytona rendrait l’affaire bien plus compliquée. Mais ici, le niveau de grip est faible et donc la sollicitation moindre. Tu peux donc, fort heureusement, rouler plus bas en pression. »

Michelin préconise aux équipes GTP de ne pas descendre en dessous de 1,7 bar, comme le stipule le règlement. Et avec 19 victoires sur le tour d’horloge floridien, les CTE (Conseillers Techniques d’Écurie) manufacturier clermontois seront certainement de bon conseil depuis le bord de la piste.

Par Didier Laurent/Auto Press Club, à Sebring (Floride).

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