En quête d’une troisième victoire consécutive aux 24 Heures du Mans et du titre mondial en WEC, Ferrari AF Corse a misé sur la stabilité cet hiver, espérant capitaliser sur l’expérience acquise ces deux dernières saisons.
Ferrari AF Corse aborde sa troisième campagne dans la catégorie Hypercar du Championnat du Monde d’Endurance de la FIA avec des ambitions intactes. Double lauréate de l’épreuve mancelle en 2023 et 2024, la Scuderia a cependant payé le prix fort face à des fortunes diverses. Des erreurs stratégiques à Imola, des soucis mécaniques au Mans pour la n°83, puis des abandons à Austin et Fuji pour la n°51 ont freiné l’élan de l’équipe. Ces contretemps ont empêché Ferrari de rivaliser pleinement avec Toyota, sacré chez les constructeurs, et Porsche, dont l’équipage de la 963 n°6 a été titré chez les pilotes.
Pas de joker, mais des ajustements pour la fiabilité
Après l’introduction d’un nouveau package à São Paulo en juillet 2024, Ferrari n’a pas souhaité utiliser son second joker réglementaire pour la saison 2025. Pour autant, Maranello n’a pas cessé d’optimiser la 499P, concentrant ses efforts sur la fiabilité.
Si la livrée évolue légèrement – avec un rouge plus mat et une bande jaune redessinée – les véritables changements se situent sous la carrosserie.
« Ce n’est pas strictement la même voiture. Nous n’avons pas utilisé de joker, mais nous avons apporté plusieurs petites ou grandes modifications, principalement pour améliorer la fiabilité », nous a confié Ferdinando Cannizzo, responsable des voitures de course d’endurance.

La Ferrari 49PP avec son nouvel afficheur LED © MPS Agency
« Chaque zone de la voiture a été concernée : suspensions, système électrique, structure… Il s’agit d’améliorations globales qui doivent nous permettre d’avoir une voiture plus robuste, capable d’être poussée à la limite. »
Outre ces améliorations internes, Ferrari a également dû s’adapter aux évolutions réglementaires entrées en vigueur en 2025. « Nous avons dû intégrer un nouveau panneau d’affichage, et certains ajustements sur l’électronique ont été imposés par les nouvelles règles techniques », précise Cannizzo.
Fiabilité : un objectif à plus de 95 %
Les soucis rencontrés en 2024, notamment un problème électrique sur la n°83 au Mans, une avarie de transmission sur la n°51 à Austin puis un problème lié au système hybride, ne traduisaient pas forcément un déficit global de fiabilité.
« Ces abandons ont été frustrants, mais ils relevaient davantage de défauts ponctuels de production ou de fonctionnement que d’une vraie faiblesse structurelle », souligne Cannizzo. « D’ailleurs, notre n°50 a terminé toutes les courses, ce qui nous place aux côtés de Porsche et Toyota parmi les rares constructeurs à y être parvenus. »

© Ferrari
Ferrari estime avoir atteint « un taux de fiabilité de 88 % en 2024 ». L’objectif est désormais de dépasser les 95 %. « Bien sûr, nous visons 100 %, mais nous voulons surtout nous rapprocher de 96 %. Nous travaillons chaque jour pour que chaque pièce ait la robustesse nécessaire, notamment sur une course de 24 heures »,conclut Cannizzo.
Des évolutions plus marquées pourraient intervenir en 2026, avec l’arrivée de la nouvelle génération de pneumatiques Michelin. D’ici là, Ferrari mise sur la constance et la fiabilité pour viser la couronne mondiale.
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