Ferrari remporte la 91e édition des 24 Heures du Mans et marque l’histoire pour son grand retour dans la catégorie reine de l’Endurance. Alessandro Pier Guidi, James Calado et Antonio Giovinazzi s’imposent au volant de la Ferrari 499P n°51 et offre un premier succès à la firme de Maranello dans la Sarthe depuis 1965 !
La course du siècle ne pouvait pas rêver meilleur scénario que celui proposé ce week-end des 10 et 11 juin 2023. La tension n’a cessé de monter jour après jour pour atteindre son apogée sur la grille de départ de ce qui s’annonçait déjà comme une édition spectaculaire. Entre averses de pluie torrentielles dans certains secteurs, accidents en cascade, l’écrémage en Hypercar dans la soirée… Cette course restera dans les annales comme étant l’une des plus folles de ces dernières décennies.
Outre le sublime spectacle offert par les pilotes en piste que ce soit en Hypercar, ou dans les deux autres catégorie LMP2 ou LMGTE Am, l’histoire retiendra le succès de Ferrari cinquante ans après sa dernière participation dans la catégorie reine. La performance était là dès les premiers tours de roues, la fiabilité était quant à elle incertaine. Et pour cause, la Ferrari 499P n’avait encore jamais bouclé de course aussi longue. Modestement, Ferrari n’a jamais affiché un objectif plus élevé que le podium comme objectif ce week-end. Mais voilà, les planètes se sont alignées pour le trio formé par les Champions du monde d’endurance GTE 2022, Alessandro Pier Guidi et James Calado, accompagnés de l’ancien pilote de Formule 1 Antonio Giovinazzi.

© Nico Deumille
Durant les premières heures, la hiérarchie était pour le moins indécise au regard des aléas climatiques et des neutralisations qui ont rebattu les cartes avec pas moins de trois heures passées derrières la voiture de sécurité, dont une nouvelle procédure a été mise en place et n’a pas forcément ravi les pilotes à cause de sa durée. L’écrémage a alors débuté et ce n’est véritablement qu’à la mi-course où la hiérarchie s’est clairement stabilisée, qui plus est avec les déboires rencontrés d’abord par Toyota, puis Peugeot.
La firme de Maranello n’a pas été étrangère aux problèmes, notamment lorsque la Ferrari n°50 qui était alors la mieux placée, dans le top 3, vers 2h du matin, est rentrée à son stand pour un problème de fuite d’un radiateur, au niveau de l’ERS. Dès lors, les espoirs reposaient sur la voiture sœur n°51 qui s’est hissée en tête peu avant la mi-course, pour un duel haletant avec la seule Toyota rescapée, la n°8.
Alessandro Pier Guidi a offert la délivrance et la consécration à Ferrari, ainsi qu’à ses coéquipiers de la 499P n°51, James Calado et Antonio Giovinazzi. Le clan italien a retenu son souffle lorsque la Ferrari n°51 n’est pas parvenue à ressortir de suite des stands et que l’équipe a dû procéder une deuxième fois au reset de la voiture. L’Italien a finalement pu repartir et compter sur le temps perdu par la Toyota n’8 quelques heures plus tôt pour lui assurer la marge nécessaire à repartir en tête.
La voiture sœur n°50, au volant de laquelle Antonio Fuoco, le coéquipier de Nicklas Nielsen et Miguel Molina, a signé la pole, termine ces 24 Heures du Mans à la cinquième place du classement général.

© Nico Deumille
Une 2e place qui marque la fin de l’hégémonie de Toyota
Quintuple vainqueur en titre, Toyota s’est incliné face au constructeur italien malgré toutes ces années d’expérience. Dans l’adversité, le constructeur nippon n’a pas été en mesure de se battre pour la victoire finale, après avoir été en lice jusque dans les trois dernières heures. Avec l’abandon de la n°7 vers minuit, suite à un accrochage dans lequel Kamui Kobayashi n’était en rien responsable puisqu’il s’est fait percuter par l’arrière au Tertre Rouge, les pilotes de la n°8, vainqueurs en titre, étaient déterminés à réitérer leur succès dans la Sarthe. Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa avaient réalisé jusque-là un sans-faute et se sont offerts un mano a mano avec le trio de la Ferrari n°51, s’échangeant le leadership. Au petit matin, c’est pourtant l’Hypercar italienne qui s’avère être la voiture à battre et alors quelques secondes séparaient les deux autos, Ryo Hirakawa est parti à la faute à moins de deux heures de l’arrivée. En 2e position, le jeune pilote nippon a endommagé l’avant et l’arrière de la Toyota n°8 au virage d’Arnage. L’équipage victorieux de l’édition 2022 de la classique mancelle a perdu près de 3 minutes dans la manœuvre.

© Nico Deumille
Cadillac sur le podium
La fiabilité des Cadillac V-Series.R étaient clairement, sur le papier, leur atout majeur comme elles ont déjà pu le démontrer aux Rolex 24 Heures de Daytona, alors qu’elles manquaient de performance par rapport à leurs concurrentes. Ce n’est d’ailleurs pas la mécanique qui a fait défaut aux trois équipages – les deux de Cadillac Racing et celui d’Action Express Racing – mais bien les quelques erreurs commises, en piste ou dans les stands. Pour son retour dans la Sarthe après 23 ans d’absence, Cadillac décroche le podium grâce à l’équipage de la Cadillac n°3, engagée toute la saison en Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, avec Earl Bamber, Alex Lynn et Richard Westbrook.
Sébastien Bourdais, Renger van der Zande et Scott Dixon n’ont pas été vernis et termine aux portes du podium, à la 4e place pour le compte de Cadillac n°3.
Les deux Glickenhaus devant Peugeot et Porsche
Loin d’être favorites face aux mastodontes, les Glickenhaus 007 ont réalisé une course discrète mais voient tout de même l’arrivée du Centenaire des 24 Heures du Mans devant Peugeot et Porsche, excusez du peu… Olivier Pla, Romain Dumas et Ryan Briscoe terminent sixièmes avec la Glickenhaus n°708, à 8 tours des vainqueurs et avec 2 tours d’avance sur la voiture sœur n°709 de Franck Mailleux, Nathanaël Berthon et Esteban Gutierrez.
Plus d’informations à suivre…


![[ENDURANCE24]LOGO_2021_RVB-3](http://endurance.pulsdev.fr/wp-content/uploads/2021/11/ENDURANCE24LOGO_2021_RVB-3.png)





