Kubica, Ye et Hanson offrent à Maranello une victoire stratégique et historique dans une course rythmée par la régularité, les pénalités et une seule neutralisation.
Ferrari s’offre un triplé historique au Mans. Trois ans après son retour en catégorie reine, la firme de Maranello continue d’écrire sa légende dans la Sarthe en remportant une troisième victoire consécutive grâce à la 499P n°83 pilotée par Robert Kubica, Yifei Ye et Phil Hanson. Ce succès, décroché avec autorité mais sans hégémonie totale, consacre aussi la stratégie, la résilience et un collectif solide dans une édition 2025 globalement fluide, marquée par une unique intervention de la voiture de sécurité.
Si les Ferrari sont restées discrètes lors des qualifications, elles avaient déjà dévoilé leur vrai potentiel lors des essais libres. Le rythme de course affiché par les 499P avait alors frappé les observateurs et leurs rivaux, convaincus que Maranello en gardait sous la pédale. Dès les premiers relais, les intentions italiennes se sont confirmées : au 42e tour, dans la deuxième heure, Antonio Fuoco propulsait la Ferrari n°50 en tête. Dans son sillage, les n°51 et 83 prenaient également leur envol. À 20h, le triplé Ferrari était déjà en place.
Mais ce scénario rêvé n’a pas tenu sans accroc. La course a été marquée par de nombreuses pénalités infligées aux Ferrari, notamment pour des infractions aux procédures et à la gestion du trafic. Ce jeu de stop-and-go a permis à la Porsche 963 n°6 — pourtant partie de la dernière place sur la grille Hypercar — de se hisser en tête dans le deuxième quart de la course. Kevin Estre, auteur d’un départ fulgurant, avait déjà intégré le top 5 dès la première heure. Avec Matt Campbell et Laurens Vanthoor, l’équipage Porsche a réalisé une course sans la moindre erreur, mais sans disposer de la pointe de vitesse nécessaire pour creuser un écart durable.
C’est un moment charnière, peu avant la mi-course, qui a rebattu les cartes : la sortie de piste de la LMP2 n°24 (Nielsen Racing) a provoqué la seule neutralisation de l’épreuve. Une voiture de sécurité aux conséquences stratégiques majeures. Ferrari, en particulier la n°83, a su tirer profit du regroupement pour se repositionner idéalement, tandis que la Toyota n°8, relancée un temps, a vu ses espoirs s’envoler après la perte d’une roue à l’avant gauche, la contraignant à un retour au ralenti.
À mesure que les heures défilaient, la tension montait d’un cran. Les écarts se resserraient, les stratégies s’affinaient. Dans ce contexte, la Ferrari n°83 a tenu bon. Grâce à une gestion collective rigoureuse, à un enchaînement de relais sans faute et à un quintuple relais final impressionnant de Robert Kubica, l’équipage a pris l’ascendant définitif dans les dernières heures. Le Polonais, sacré champion du monde d’endurance en 2023 mais privé de victoire au Mans jusqu’ici, franchit enfin la ligne en vainqueur, plusieurs minutes devant la Porsche n°6, héroïque mais impuissante.
Derrière, la Ferrari n°51 de Calado, Giovinazzi et Pier Guidi — malgré une course semée d’embûches — complète le podium devant la n°50, également retardée par des pénalités. Le top 5 est bouclé par la Cadillac V-Series.R n°12 du Team JOTA, auteure de la pole position mais incapable de maintenir le rythme des leaders.
Toyota, fidèle outsider, place sa GR010 Hybrid n°7 en sixième position malgré des dégâts sur le ponton gauche survenus dès les premiers tours. Alpine, de son côté, sauve l’essentiel : avec un rythme encore en retrait mais une fiabilité au rendez-vous, l’A424 n°35 décroche une place dans le top 10 pour sa première participation au double tour d’horloge sarthois.
Outre les 12 abandons recensés dans l’ensemble du plateau, la course n’a été neutralisée qu’une seule fois. Une rareté qui a mis en lumière l’intensité stratégique de cette 93e édition, remportée non pas à la faveur du chaos, mais à la régulière. Et à ce jeu-là, en 2025, personne n’a su battre Ferrari.
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