Le WEC célèbre sa 100e course au Japon, théâtre d’une lutte au sommet entre Ferrari, Porsche et Toyota. À Fuji, les titres mondiaux pourraient basculer.
Le Championnat du monde d’endurance (FIA WEC) retrouve le Fuji Speedway ce week-end (26-28 septembre) pour l’avant-dernière manche de la saison 2025, dans un décor majestueux au pied du mont éponyme. Une épreuve symbolique à plus d’un titre : non seulement le circuit japonais fête sa onzième apparition au calendrier mondial, mais il sera aussi le théâtre de la centième course de l’histoire du WEC. Un cap historique, alors que la bataille pour les titres touche à son paroxysme.
Inauguré en 2012, le championnat s’est imposé au fil des ans comme une référence de l’endurance mondiale. Fuji, avec ses 4,563 km de tracé et sa ligne droite de 1,475 km – la plus longue du calendrier – permet aux prototypes de dépasser les 330 km/h, tout en offrant un terrain technique pour les dépassements et les stratégies d’usure. Historiquement, c’est le terrain de jeu favori de Toyota, propriétaire du circuit depuis 2000, avec neuf victoires en onze éditions. Mais en 2025, la maison japonaise est en difficulté : six courses sans podium, une série inédite depuis le début de l’ère Hypercar, et un titre constructeur qui semble désormais promis à Ferrari.
Le constructeur italien, dominateur cette saison avec la 499P, pourrait même coiffer la couronne dès ce week-end. Pour cela, Ferrari devra posséder au moins 66 points d’avance à l’issue de l’épreuve, elle qui en compte actuellement 65 sur Porsche et 69 sur Cadillac. Autrement dit, si les conditions s’alignent, le titre pourrait tomber au Japon. Mais la prudence reste de mise chez les Rouges. « Ce circuit japonais peut se révéler l’un des plus exigeants pour la 499P, comme on l’a constaté ces dernières années », prévient Antonio Fuoco, conscient des défis propres au tracé de Fuji.
Porsche entend bien repousser l’échéance. Vainqueurs à Austin avec Estre, Vanthoor et Campbell, les Allemands ont retrouvé de l’allant, et Vanthoor comme Estre connaissent déjà le chemin de la victoire à Fuji, où ils s’étaient imposés en 2024 avec Lotterer. Une performance similaire pourrait suffire à retarder le sacre de Ferrari jusqu’à Bahreïn. Dans la course au titre pilotes Hypercar, Ferrari se bat d’ailleurs… contre elle-même : seules 15 unités séparent la n°51 officielle AF Corse de la n°83 privée mais redoutablement constante.
Antonio Giovinazzi fêtera pour l’occasion sa 25e participation en WEC, sur le circuit même de ses débuts en 2016, tandis que ses coéquipiers James Calado et Alessandro Pier Guidi ont déjà goûté à la victoire en GTE Pro à Fuji. Cadillac, de son côté, reste menaçant : après une première pole ici même en 2024, la marque américaine a confirmé en s’imposant au Brésil. BMW, Alpine, Peugeot et Aston Martin ont également progressé, et entendent confirmer cette dynamique sur un terrain où les surprises sont fréquentes.
En LMGT3, l’incertitude règne tout autant. Ferrari, Porsche, Lexus et McLaren se sont partagé les quatre dernières victoires. Jamais cinq marques différentes n’ont remporté cinq courses consécutives dans une classe GT du WEC. La n°54 Vista AF Corse, frustrée par une pénalité post-course à Austin, vise la revanche. Manthey espère rééditer son sacre 2024 avec la Porsche 911. Chez les locaux, Marino Sato portera les espoirs nippons après sa victoire à COTA et son record du tour en LMGT3 signé à Fuji l’an passé.
Enfin, cette manche marquera le 100e départ du WEC depuis la première épreuve à Sebring en 2012. Loïc Duval, Frédéric Makowiecki, Neel Jani et Richard Lietz – tous présents lors de cette première édition – seront de la partie. Preuve que l’histoire du championnat continue de s’écrire avec ses piliers autant qu’avec ses nouvelles étoiles.
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