Ferrari mise sur la vitesse de pointe de sa 499P pour retrouver la victoire à Spa

Battue à domicile par Toyota Racing lors des 6 Heures d’Imola, Ferrari AF Corse arrive à Spa avec l’envie de poursuivre sa solide entame de saison. Deuxième du championnat, le constructeur italien reste sur une deuxième place avec la Ferrari 499P n°51 d’Alessandro Pier Guidi, Antonio Giovinazzi et James Calado.

À l’aube des 6 Heures de Spa-Francorchamps, Antonio Giovinazzi revient sur les enseignements d’Imola, la gestion des nouveaux pneus Michelin et les enjeux du week-end belge où la configuration du tracé fait la part belle à la performance.

Quel regard portez-vous sur la course d’Imola quelques semaines plus tard ?

« Comme toujours, on analyse plus ou moins tout : le réglage, la stratégie… C’est ce qu’on fait après chaque course. Bien sûr, on peut toujours faire mieux, mais dans l’ensemble, cela restait une bonne course de notre côté. »

Et en ce qui concerne la gestion des pneumatiques ?

« C’était ce à quoi on s’attendait, pour être honnête. Même plus tard dans la course, je ne pense pas qu’on aurait pu changer le résultat en faisant quelque chose de différent. Pour nous, en tout cas. Je veux dire, pour moi, ce qu’on a fait, c’était bien. On a fait de notre mieux avec notre package. Je suis toujours convaincu que notre stratégie était la bonne pour notre voiture. Et je ne pense pas qu’on ait perdu la course parce qu’on n’a pas changé de pneus. Bien sûr, ils ont eu un peu de chance avec le Full Course Yellow, mais c’est hors de notre contrôle. En dehors de ça, si quelqu’un est capable de maintenir ce rythme avec un tel kilométrage sur les pneus, c’est hors de notre contrôle.

© FIA WEC / DPPI

Avez-vous déjà identifié des différences importantes avec ces nouveaux pneus ?

« Je pense qu’en général, les voitures sont peut-être un peu moins performantes qu’avant. On l’a vu à Imola avec des temps plus lents par rapport à l’année dernière, même si c’est toujours difficile de comparer à cause des conditions. On a peut-être gagné un peu sur la montée en température, mais perdu légèrement en performance pure. Après, cela reste de petits détails et c’est la même chose pour tout le monde. »

Spa est-il un circuit où la position en piste reste essentielle ?

« Ici, ce n’est pas aussi critique qu’à Imola. Bien sûr, il vaut toujours mieux être devant avec de l’air propre, mais à Spa, on peut dépasser. Pour gagner ici, il faut surtout avoir de la performance et de la vitesse. Même si on part un peu plus loin, ce n’est pas dramatique si la voiture est performante en course. »

Cela change-t-il votre approche des réglages ?

« Oui, généralement, on règle davantage la voiture pour la course, surtout sur les longues épreuves. Imola était un cas un peu particulier. Ici, la performance sur le relais sera très importante. La dégradation sera élevée car l’énergie de la piste est forte. À Imola, on pouvait davantage pousser pendant les relais. Ici, il faudra probablement plus économiser les pneus. »

© FIA WEC / DPPI

Peut-on parler d’une revanche après la défaite à Imola ?

« Non, je ne parlerais pas de revanche. Toyota a gagné à Imola parce qu’ils ont fait un très bon travail et qu’ils avaient une voiture très rapide. Nous avons essayé d’optimiser ce que nous avions pour marquer le maximum de points possible. Ce n’est que la deuxième course de la saison, le championnat est encore très long. »

La pluie pourrait-elle redistribuer les cartes ce week-end ?

« Historiquement, nous sommes plutôt compétitifs sous la pluie, donc je ne pense pas que ce soit négatif. Mais je ne suis pas certain que ce soit un avantage non plus. Cette année, beaucoup de constructeurs ont fait évoluer leur voiture et nous ne connaissons pas encore vraiment le comportement de chacun dans ces conditions. »

Le nouveau calendrier réduit-il le temps de préparation avant Le Mans ?

« Je ne pense pas que ce soit idéal, surtout avec les nouveaux pneus. Les équipes engagées en IMSA ont déjà beaucoup plus d’expérience avec eux. Bien sûr, nous essayons d’apprendre autant que possible, mais en un temps plus court. Avec l’ancien pneu, tout le monde avait énormément de données. Aujourd’hui, il faut comprendre plus vite. »

Florian Defet

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24