| 14 février 2024 | par

Ferdinand Habsburg (Alpine) vise 2025 pour « rivaliser avec les meilleurs »

© Alpine / DPPI

Ferdinand Habsburg, qui se distingue par une ascension fulgurante et une personnalité atypique, partagera le volant de l’Alpine A424 n°35 avec Charles Milesi et Paul-Loup Chatin.

En quelques années seulement, Ferdinand Habsburg s’est forgé un nom en endurance de par son palmarès et son charisme, au-delà de la notoriété de son patronyme. Sa titularisation en tant que pilote officiel Alpine dans le pinacle de la discipline est une juste récompense de ce qu’il a pu accomplir en si peu de temps.

L’arrière-petit-fils du dernier empereur austro-hongrois, à seulement 25 ans, peut se targuer d’avoir remporté les 24 Heures du Mans, le titre mondial WEC et le titre en Asian Le Mans Series dès sa première saison en LMP2. L’année suivante, il s’offre le titre ELMS, confirmant sa montée en puissance.

© Alpine / DPPI

Comme ses deux coéquipiers, son parcours en endurance, bien qu’il ait été couronné de succès, s’est principalement déroulé en LMP2. Le passage à l’échelon supérieur, pour le compte d’un constructeur constitue donc un nouveau défi à relever, que ce soit derrière le volant, mais aussi en dehors de la voiture.

« La première fois que nous l’avons tous conduite, c’était agréable de savoir que la voiture est en fait assez similaire, » a confié Ferdinand Habsburg à Endurance24. « Évidemment, elle est beaucoup plus rapide, plus puissante et possède un tout autre niveau de technologie. Nous n’avons jamais eu ce genre de choses entre nos mains auparavant. C’est à nous d’apprendre.Il y a tellement de choses que nous pouvons contrôler dans la voiture qui ont des effets durables pour un double relais. Et la communication intense avec l’ingénieur, bien sûr, c’était important dans le passé, mais maintenant c’est trois ou quatre fois plus important, avec beaucoup plus de personnes avec lesquelles nous travaillons au lieu de quatre ingénieurs, on a l’impression qu’il y en a 60.

Accomplir tout cela le plus rapidement possible afin de concurrencer Porsche, Ferrari, Toyota, Cadillac…

Toutes ces choses sont nouvelles pour nous. Mais nous utilisons notre charisme, nos émotions et notre joie comme carburant pour accomplir tout cela le plus rapidement possible afin de concurrencer Porsche, Ferrari, Toyota, Cadillac etc. »

Ferdinand Habsburg en Toyota Racing NZ 2026 / © Matthew Hansen

Tout juste dix ans après ses débuts en Formule Renault 1.6 NEC, le voilà pilote d’usine en Hypercar.

« Après de nombreux sacrifices et efforts, il est temps pour moi de savourer mes réalisations avec ma famille, mes amis et ceux qui m’ont soutenu, tout en mettant à profit ce que j’ai appris. Même si vous n’êtes pas un pilote d’usine, vous donnez toujours le meilleur de vous-même.

Je suis infiniment reconnaissant envers Alpine, Philippe Sinault de Signatech et Bruno Famin

Aujourd’hui, les choses sont un peu différentes, je me retrouve à porter une combinaison de course pour une interview, une nouveauté pour moi. Je suis constamment poursuivi par quelques personnes d’Alpine et je me retrouve toujours au mauvais endroit (sourire). Cependant, quand il s’agit de conduire, mon objectif est de surpasser tout le monde. Je suis déterminé à soutenir mes coéquipiers de tout mon cœur. Je suis infiniment reconnaissant envers Alpine, Philippe Sinault de Signatech et Bruno Famin pour leur bienveillance et pour m’avoir intégré si rapidement. C’est une expérience vraiment incroyable. »

© Alpine / DPPI

Pour le début de saison, et plus particulièrement pour la première épreuve de 10 heures au Qatar, Ferdinand Habsburg mise avant tout sur la fiabilité.

« Je suis confiant dans notre capacité à terminer toutes les courses avec une fiabilité solide, ce qui est notre objectif principal. Dans le contexte du WEC et de l’Hypercar, nous sommes très limités par la BoP dans ce que nous pouvons faire. Cependant, nous savons que si nous terminons toutes les courses, collectons toutes les données et grandissons en tant qu’équipe et pilotes, cela nous donnera une chance de peut-être de jouer aux avant-postes dans la seconde moitié de saison. »

Il envisage des objectifs plus ambitieux pour la saison suivante…

« En 2025, nous serons là avec une année d’expérience à notre actif et capables de rivaliser avec les meilleurs. Nous comprendrons mieux notre BoP car elle changera la voiture quand nous la recevrons et nous comprendrons mieux les uns les autres. C’est un projet à long terme, pas une merveille d’un an. Donc pour nous, l’objectif est de terminer toutes les courses. Je suis confiant que nous serons capables de le faire. Et si nous décrochons un podium ? Vous êtes invités à venir chez moi après, je vais organiser une fête mémorable. Quoi qu’il en soit, je resterai très satisfait de notre position finale et resterai concentré. »

© Alpine / DPPI

De nombreux aspects sont totalement nouveaux, non seulement pour les pilotes, mais aussi pour l’équipe. Le fait de commencer à Lusail, qui accueillera le WEC pour la toute première fois, représente un défi de taille.

« Il y a du travail, c’est un euphémisme ! Je ne connais pas du tout le circuit. Je n’y suis jamais allé, l’équipe et mes coéquipiers non plus. La BoP sera également une nouveauté. En sport automobile, l’objectif est de réduire autant que possible les inconnues. Ainsi, nous nous lançons, à la manière de Wim Hof, dans des eaux glacées. Mais nous allons respirer à travers cela et garder à l’esprit notre priorité, qui est de compléter chaque tour de la meilleure manière possible.

Mes ingénieurs veilleront à ce que je reste concentré à la table de travail

Et même si lundi, mardi et mercredi, j’aurai envie d’aller à la plage, mes ingénieurs veilleront à ce que je reste concentré à la table de travail. (sourire) »

© Alpine / DPPI

À une semaine et demie du Prologue, il n’est pas question de baisser la garde…

« Je serai dans le simulateur la semaine prochaine (interview réalisée le mercredi 7 février). Deux jours dédiés à la préparation, à l’apprentissage du circuit, à l’optimisation de la voiture autant que possible. C’est un territoire inexploré, mais vous savez quoi ? Au final, j’ai déjà fait face à de nombreuses premières fois dans ma vie. Et parfois, les choses se passent bien.

Nous n’avons pas besoin d’être plus motivés ou plus excités

C’est la première course du WEC avec une nouvelle Hypercar. C’est une avancée majeure pour nous tous. Et le plus réjouissant, c’est qu’il n’y a pas de manque de motivation. Nous n’avons pas besoin d’être plus motivés ou plus excités à ce sujet. Nous sommes à fond et maintenant, il s’agit simplement de faire tourner les roues et d’apaiser un peu les nerfs. Nous sommes tous sur le qui-vive. C’est un grand moment pour nous et nous en profitons pleinement. Il n’y a pas de meilleur endroit où être en ce moment. »

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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