| 20 juin 2024 | par

Felipe Nasr concentré sur l’enchaînement Le Mans / Watkins Glen

Felipe Nasr, ancien champion IMSA en DPi et pilote de Formule 1, était aux 24 Heures du Mans le week-end dernier. Il était au volant de la Porsche 963 n°4 Porsche Penske Motorsport avec Mathieu Jaminet et Nick Tandy. Il disputait ses 5e Le Mans et comme l’an dernier, il n’a pas vu l’arrivée. Il va directement enchainer avec l’IMSA où il est l’actuel leader au championnat.

Le début de semaine du pilote brésilien en Sarthe a été quelque peu compliqué, notamment ses essais qualificatifs sur lesquels il revient. « Ma semaine a bien commencé mais s’est ensuite dégradée car nous avons perdu de la vitesse, puis nous l’avons retrouvée le jeudi. La chose la plus importante était de savoir que nous avions récupéré une voiture compétitive. Nous partions de plus loin à cause des problèmes que nous avons eus en qualifications. Ce n’était donc pas idéal pour commencer, mais je ne m’en souciais pas vraiment car il s’agit de 24 heures de course. Sachant que nous avions une voiture compétitive, nous devions juste être intelligents dans nos décisions, dans notre stratégie, garder notre calme, nous assurer que nous faisions la bonne tactique avec les pneus et gérer la météo. En même temps, le plateau était très compétitif, je n’ai jamais vu cela auparavant. Il y avait beaucoup de bonnes voitures, d’équipes, de constructeurs, de pilotes. Pour nous, il s’agissait de rester dans le peloton, de garder un œil sur les leaders et continuer à avancer au fur et à mesure de la course. »

La stratégie des premières heures de course étaient donc claire et tout se passait comme espéré. « La première chose à faire était de passer les premiers tours parce qu’avec les pneus froids, rester sur la piste pouvait être très difficile pour tout le monde. Nous voulions avoir un début de course sans problème, rester calmes, et ensuite progresser régulièrement. » Alors que certains constructeurs tels qu’Alpine annonçait des relais de 13 tours, le Brésilien était lui un peu plus évasif sur ce chiffre. « Cela dépendait beaucoup. Quand c’était vert, vous pouviez probablement faire 12 ou 13 tours, mais vous pouviez toujours jouer avec la stratégie en fonction du trafic. Si vous étiez coincé dans le trafic, il était préférable de passer au stand plus tôt ou plus tard, en fonction du cycle de ravitaillements. Ensuite, avec les drapeaux jaunes, c’est sûr, on peut toujours prolonger. Certaines voitures étaient meilleures la nuit, d’autres plus à l’aise le jour. Certaines gardaient mieux la température dans les pneus, d’autres avaient plus de difficultés, mais c’est pour cela que la course était très ouverte. » 

© MPS Agency

Après un début de course prudent, la « Porsche fonctionne à merveille », mais la suite a été bien plus compliquée. « Lorsque le premier jaune est apparu en début de course, nous avons malheureusement dû faire l’arrêt carburant prévu alors que nous n’avions droit qu’à un ‘splash and dash’, ce qui nous a obligés à repasser par les stands une deuxième fois, pas de chance. Ensuite, nous avons reçu une pénalité de temps parce que nous avons freiné deux dixièmes de seconde trop tard à 250 km/h dans un FCY au milieu des virages de la Porsche. C’était une erreur. Nous avons également dû remplacer l’aileron arrière à la suite d’un contact en début de course. »

Malheureusement les choses ne sont pas améliorées pas la suite avec une pénalité pour Matthieu Jaminet suite au contact avec la Lamborghini Huracan GT3 n°85 des Iron Dames. « Il n’y a pas grand-chose qui a bien été pour la n°4 dans cette course. Lorsque la pluie a commencé, nous avons pris la bonne décision en passant aux pneus pluie. Les organisateurs de la course ont pris la bonne décision en faisant sortir la voiture de sécurité la nuit. Les conditions étaient tout simplement trop mauvaises et en plus nos essuie-glaces ne fonctionnaient pas. » Quelques heures après cette longue voiture de sécurité, la pluie a cessé mais la piste est restée piégeuse à cause de plaques humides à certains endroits et la température froide de la piste. Felipe Nasr en a été victime. Alors que l’ancien pilote de F1 effectuait son premier tour avec ses pneus neufs (et froids), la Porsche Penske n°4 lui a échappé juste avant le virage d’Indianapolis. La 963 est partie, terminant sa course dans les pneus. Le choc fut assez violent, et Felipe Nasr s’en est sorti indemne, mais pas l’auto qui doit abandonner, la seule des 963 inscrites au départ à ne pas voir le drapeau à damiers.

© MPS Agency

Depuis, le Brésilien a tourné la page est retourné aux Etats Unis. Iil a pris l’avion lundi matin et « Ensuite direction New York, deux jours de repos et je pars à Watkins Glen » pour y disputer les 6 Heures de Watkins Glen, 3e manche Endurance de l’IMSA. Il retrouve un championnat où il brille depuis le début de la saison comme il l’explique. « Cela se passe incroyablement bien. Nous avons commencé par gagner les 24 Heures de Daytona, un rêve devenu réalité. Remporter cette épreuve là-bas à Daytona tout en représentant Porsche et Penske Motorsport, voir Roger Penske si heureux sur le podium a été l’un des meilleurs moments de ce projet. Gagner pour Porsche a toujours eu un goût particulier. Inscrire son nom dans l’histoire et au palmarès de cette course a été très spécial pour moi en tant que pilote, car je suis lié à ce projet depuis le premier jour. J’ai vu toutes les phases de développement de la voiture et cette course a donc signifié beaucoup pour nous en tant qu’équipe. Nous avions déjà obtenu plusieurs podiums en cours de route. Nous sommes actuellement en tête du championnat (70 points devant le duo Cadillac Renger van der Zande et Sébastien Bourdais) et sommes en bonne forme. Nous voulons continuer ainsi. Nous avons de bonnes chances, mais on prend une course à la fois, on doit continuer à travailler dur pour y arriver… »

Ce chemin menant au (potentiel) titre va commencer dès ce week-end avec les 6 Heures de Watkins Glen. Après une course de 24 heures et toute la semaine mancelle qui s’est écoulée avant, il faut vite récupérer. « Il faut gérer ce genre de contraintes (fatigue, décalage, …) très souvent. Bien manger, bien dormir, s’hydrater, s’assurer d’avoir assez d’énergie dans le réservoir, c’est super important parce que je sais à quel point une semaine de 24 heures comme celle du Mans est éprouvante. C’est stressant, exigeant physiquement, mais c’est pour cela que nous sommes là. Je travaille tous les jours pour cela, en gérant ces détails et je me sens prêt à partir, à courir ici au Mans et enchainer dimanche à Watkins Glen.»

Daytona 2024 @IMSA WeatherTech SportsCar Championship

Après le Glen, il faudra ensuite enchaîner avec pas mal de courses IMSA cet été. « Il nous reste quatre courses à disputer dans le cadre du championnat IMSA, il y a quelques courses d’endurance de moyenne et longue durée sur le chemin (Indianapolis et Petit Le Mans). La grille GTP est aussi très compétitive, le championnat est très ouvert, les cinq premiers sont encore en lice pour le titre, alors nous devons jouer intelligemment. Il nous faut marquer autant de points que possible à chaque course et nous assurer d’arriver à Road Atlanta en bonne forme. J’espère que d’ici là, nous pourrons creuser l’écart. Mais en IMSA, c’est ce que j’aime avec ce championnat, rien n’est décidé avant la toute dernière course et je suis sûr qu’il en sera de nouveau ainsi. Nous allons donc continuer à travailler car, même si nous sommes en tête du championnat, nous pouvons encore faire beaucoup de choses. Les circuits à venir sont ceux que nous aimons et nous y avons eu de bons résultats l’année dernière, donc nous avons une bonne référence. »

Il sera alors temps de disputer Petit Le Mans, la finale de l’IMSA, une course toujours folle. « C’est l’une des meilleures épreuves de la saison. Petit Le Mans offre un grand spectacle pour le championnat. C’est toujours un grand défi d’y aller parce que cette épreuve se déroule en partie de nuit. C’est un circuit très serré pour les voitures GTP, ce qui veut dire que cet endroit offre toujours un bon spectacle. »

@IMSA

Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

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