Fabio Scherer était de retour mercredi dernier en Sarthe sur les terres qui l’ont vu remporter les 24 Heures du Mans en juin dernier en LMP2 avec Inter Europol Competition. Endurance24 est allé à sa rencontre pour avoir son sentiment sur ce succès, sa blessure au pied et sur ses projets à l’horizon 2024.
Vous êtes de retour au Mans, un bon endroit pour vous. Que gardez vous à l’esprit six mois après votre victoire ?
« Beaucoup de choses, en fait. Pour un de mes sponsors, j’ai réalisé un petit film à partir des images télévisées des 24 Heures du Mans. Lorsque je les ai revues, tous mes souvenirs sont réapparus. Lorsque j’ai parlé de ce succès, j’ai eu l’impression d’être revenu six mois en arrière. C’est toujours aussi incroyable. Avant de venir à la présentation du film des 24 Heures du Mans, je me suis arrêté sur le circuit parce que je voulais y retourner, pour voir. Certes, c’est redevenu un peu plus calme mais j’ai de nouveau eu des frissons, la chair de poule car c’est toujours aussi irréel. »
Quelles images vous viennent à l’esprit ? Le podium ? La foule ? Le dernier tour ?
« Je pense qu’il y en a plusieurs. C’est sûr, l’une des images qui restera est la douleur au pied et tout le reste. Ensuite, lorsque j’ai repris la tête de la course alors que j’étais face à Kubica, tout le désordre causé par la pluie, franchir la ligne d’arrivée, conduire jusqu’au podium sous les applaudissements des gens et monter sur le podium avec tous ces spectateurs dessous. Je pense que c’est une image que je n’ n’oublierai jamais. C’était vraiment magique ! »

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Justement, cette blessure au pied, on imagine que c’était très douloureux et difficile de conduire pendant la course… (le pilote s’est fait rouler sur le pied par la Chevrolet Corvette C8.R n°33 de Corvette Racing lors d’un ravitaillement en début de course, des lésions ligamentaires et d’une fracture du pied gauche ont été diagnostiqués après l’arrivée).
« Cela m’est arrivé après le premier relais, après 50 minutes de course seulement, j’ai alors pensé que tout était fini parce que j’avais très mal. Mais avec beaucoup de glace et des traitements, j’ai pu reprendre. J’ai fait attention en modifiant ma façon de freiner, en me servant plus de ma jambe que de mon pied et ça a marché. En fait, quand j’ai sauté pour la première fois dans la voiture, l’adrénaline est montée à cause de la pluie et de tout le reste que je ne l’ai même pas vraiment sentie. Après cela, j’étais tellement concentré parce que nous avions une chance de gagner que j’ai oublié cela. C’est sûr que je l’ai senti, mais pas autant que ça. Puis, j’ai de nouveau commencé à ressentir mon pied de plus en plus, mais je me suis dit que c’était pour gagner Le Mans, alors j’ai serré les dents Je ne sais pas comment j’ai fait pour arriver au bout. Après la course, le lendemain matin, je n’étais plus capable de marcher ou de me tenir debout. C’était vraiment douloureux. Tous les médecins m’ont demandé comment il était possible de terminer la course comme ça. Je pense que c’était juste l’adrénaline parce que c’était quand même cassé en trois endroits. »
Avec ce très bon résultat au Mans, vous étiez en tête du championnat, mais vous avez finalement terminé deuxième derrière WRT. Que vous manquait-il pour avoir le titre en poche à la fin ?
« Je pense que la victoire au Mans a été extraordinaire pour l’équipe, mais qu’elle n’a pas facilité la situation. Après un tel succès, il n’est pas toujours facile de fournir les 100% nécessaires le reste de la saison. L’autre chose qui est sûre, c’est que nous sommes toujours la plus petite équipe du plateau et face à des gros, c’est compliqué. C’est encore une petite structure qui n’a pas tout ce que les grandes équipes ont au niveau du potentiel et du budget. Si on m’avait dit que j’allais terminer deuxième du championnat du monde avec cette écurie, j’aurais déjà signé avant la saison. Mais on en veut toujours plus à la fin, sinon, ce n’est pas la peine de piloter des voitures de course. C’est un très bon résultat et j’en suis très heureux. »

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Deuxième au championnat plus la victoire aux 24 Heures du Mans. Cela vous a-t-il ouvert des portes pour l’année prochaine ?
« En fait, j’espérais un peu plus. Cela rend la vie encore assez difficile parce qu’avec les Hypercar, en ce moment, ils sont à la recherche de grands noms et d’anciens pilotes de Formule 1. Je pense toujours que les jeunes devraient avoir leur chance parce qu’ils sont plus rapides que les plus vieux. Cependant, pour l’instant, ce n’est pas le cas et c’est un peu triste. Nous devons nous battre un peu plus longtemps pour ouvrir cette porte. Mais je pense que c’est une erreur de prendre les « vieux » et pas les jeunes parce que ces derniers sont certainement plus rapides et ils peuvent encore s’améliorer. Pour moi, cela n’a pas beaucoup de sens, mais c’est ainsi. »
L’année prochaine, Inter Europol Competition sera de nouveau présent en ELMS parce qu’il y aura deux voitures engagées. Serez vous intégré à l’équipe ?
« Ce n’est pas encore décidé. Je suis dans les derniers pourparlers, mais je n’ai encore rien signé. »

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