| 16 juin 2024 | par

Deux rookies vainqueurs en LMP2, Perrodo aux anges : retour sur les réactions LMP2…

© MPS Agency

United Autosport a encore montré qu’elle était LA référence en LMP2 avec cette victoire décrochée en fin de course. De son côté, AF Corse s’est offert un succès en LMP2 Pro-Am, son premier dans cette catégorie. Les Italiens étaient tout heureux car c’était la cerise sur le gâteau après la victoire de Ferrari au général.

La course de United Autosports est presqu’anecdotique tellement la course a été assez tranquille. Certes, il y a eu quelques petits incidents au début, un ou deux têtes-à-queue, mais l’équipe a fait de bons choix stratégiques en mettant les pneus pluie au bon moment. Une fois que Nolan Siegel a pris la tête, Oliver Jarvis a terminé le travail. En tout cas le rookie américain était heureux « Gagner Le Mans est assez incroyable. C’est une sensation extraordinaire, surtout quand on sait à quel point la course a été difficile avec les conditions changeantes et le fait d’avoir deux débutants dans la voiture. Je pense que c’est un véritable exploit, ce qui le rend d’autant plus spécial. »

Le jeune pilote de 19 ans, concurrent au titre en Indy NXT, a pu s’appuyer sur l’expérience d’Oliver Jarvis qui compte 13 Le Mans et une période chez Audi Sport LMP1. « Oliver a été un élément essentiel de l’équipe, non seulement du point de vue de la conduite, mais aussi du coaching pour Bijoy Garg et moi, parce que nous n’étions jamais venus ici et qu’il a beaucoup d’expérience. Il a fait un travail phénoménal pas seulement à la fin, avant la course, mais toute la semaine, il a été absolument crucial pour notre développement et le succès de cette équipe. »

L’Oreca 07 n°34 d’Inter Europol Competition pilotée par Jakub Smiechowski, Vladislav Lomko et Clément Novalak, termine 2e. Belle course des trois pilotes et de l’équipe polonaise qui défendait sa victoire acquise l’an dernier. Elle devance la n°28 d’IDEC Sport qui signe là son premier podium au Mans. Job van Uitert était tout sourire. « C’est probablement l’une des courses les plus difficiles que j’ai eues ici. L’année dernière était difficile, mais cette année l’était encore plus : plus de pluie, de conditions difficiles. Vous n’avez qu’un objectif : être rapide, ne pas mettre la voiture dans les graviers, ne pas faire d’erreur. En gros, ne rien faire de mal tout en étant à la limite et rapide. C’est ce que j’ai essayé de faire et la plupart du temps, cela fonctionne bien. Je dois dire que cette fois-ci, je suis heureux et très fier de ma performance. Je pense que c’était probablement l’une de mes meilleures courses jusqu’à présent. Je n’ai commis aucune erreur en termes de gestion des risques, j’ai construit avec l’équipe, je me suis battu. Nous avions un tour de retard à un moment donné, mais j’ai fait un très bon relais de nuit, ce qui nous a permis de reprendre la tête de la course. »

© MPS Agency

Il y avait d’autres gens heureux dans le paddock du Mans en LMP2 ce dimanche, en Pro-Am précisément. A commencer par le vainqueur, François Perrodo (Oreca n°183 AF Corse). « Au début, ce n’était pas simple parce que les conditions étaient mixtes puis il a fallu gérer les Safety Cars et forcément, en Pro Am, on envoie le Bronze dans ces cas là parce que ça permet aux deux pros de se reposer et puis d’envoyer du gaz en fin de course. C’est exactement ce qui s’est passé. Je crois que j’ai rarement autant roulé au Mans. J’ai fait plus de sept heures avec un mix course et safety car. Je suis resté deux heures dans la voiture pendant les Safety, je ne voyais rien, il y avait zéro visibilité, j’avais de la buée, la ventile ne marchait pas. Je me guidais avec les feux pluie de la voiture devant et tu espères qu’ils ne se plantent pas non plus parce que si le mec se plante, tu te plantes. »

Après ces moments difficiles, il a passé le relais à Ben Barnicoat et Nicolas Varrone. Au final, le trio l’emporte. « C’est magique. C’est ma deuxième victoire au Mans après 2021 : une en GTE AM, une en LMP2 Pro AM. C’est exceptionnel, unique. C’est quand même la plus grande course du monde… »

Maintenant, François Perrodo va essayer de surfer sur la vague de succès en ELMS où il est actuellement 2e. « On va essayer. C’est comme Le Mans, le niveau est très relevé. Je pense qu’on a montré qu’on pouvait être devant quand on faisait du bon boulot, mais ça ne va pas être simple. »

© MPS Agency

Derrière la n°183, l’Oreca n°14 d’AO by TF fait aussi une belle course après s’être élancée de la pole position. « C’était une bonne course » avoue Alex Quinn, le coéquipier de PJ Hyett et Louis Delétraz. « Nous sommes restés propres, n’avons pas fait d’erreurs, ce qui était crucial. Je pense que nous sommes tous un peu déçus de ne pas avoir gagné , mais avons fait une bonne course et nous nous sommes bien comportés. Nous montons sur le podium et sommes donc très heureux. C’est la première fois que je roulais au Mans, je ne peux pas me plaindre. Je reviendrai l’année prochaine pour essayer de gagner cette fois-ci. »

Mais il y avait aussi des déçus dans le paddock du Mans dont le vainqueur de l’an dernier, Fabio Scherer, qui roulait chez Nielsen Racing (n°24, 10e). Son coéquipier, Kyffin Simpson est sorti de la piste ce dimanche matin abîmant la voiture. « C’est difficile parce que nous avions probablement la voiture la plus rapide. C’est toujours compliqué quand vous n’obtenez pas de résultat parce qu’après l’incident d’aujourd’hui, nous avons perdu beaucoup d’appuis et des kilomètres par heure en vitesse de pointe. J’étais toujours dans le rythme des meilleurs et c’est d’autant plus dur que nous avions repris la tête à mi- course. L’équipe a fait un excellent travail, la voiture était géniale. Je suis juste déçu par le résultat mais cela fait partie du jeu, c’est une course très difficile. L’état de la piste, la nuit, la pluie et tout le reste, c’était compliqué. C’était une question de survie, mais pour moi, c’est Le Mans, cela fait partie du spectacle. En tant que pilote, c’est bien parce que vous pouvez faire la plus grande différence. »

Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

Les articles similaires

Les derniers articles

Annonces

Soyez au courant des dernières actualités du monde de l'Endurance par mail !

Loading