| 6 avril 2025 | par

Daniel Juncadella : « Cette expérience en LMP2 est cohérente avec mon objectif d’aller en Hypercar »

© IDEC SPORT / Paola DEPALMAS

Pilote officiel Corvette en WEC, Daniel Juncadella découvre pour la première fois de sa carrière la catégorie LMP2. À l’occasion des 4 Heures de Barcelone, manche d’ouverture de l’ELMS, Endurance24 a rencontré le Barcelonais, troisième homme de l’Oreca 07 n°18 d’IDEC Sport, soutenue par Genesis Magma Racing, aux côtés de Mathys Jaubert et Jamie Chadwick. 

Tout s’est joué très vite. À peine quelques jours avant la manche d’ouverture du WEC au Qatar, fin février, Daniel Juncadella reçoit un appel. IDEC Sport, via Genesis Magma Racing, lui propose de rejoindre son équipage en LMP2 pour la saison ELMS. « C’est arrivé après la décision de Logan Sargeant. L’équipe m’a contacté pour savoir si j’étais dispo. J’ai eu une bonne discussion avec Nicolas Minassian, il voulait probablement me tester… et tout s’est fait très rapidement. C’était une super opportunité. Et heureusement, Corvette m’a autorisé à courir dans une autre catégorie. »


Une étape attendue sur la route de l’Hypercar

À 34 ans, malgré une carrière bien remplie – F3 Europe, DTM, GT World Challenge, IMSA, WEC –, Juncadella n’avait encore jamais goûté à l’univers des prototypes. « C’est clairement un défi difficile, mais je me sentais prêt. Je suis un pilote, je dois m’adapter. Bon, si tu m’appelles pour faire du rallye, je dirai non, mais là, c’est un challenge que j’attendais. » Il l’admet volontiers : il lui manquait cette corde à son arc pour compléter son profil.« Mon objectif, ce n’est un secret pour personne : je veux être en Hypercar. Parfois, j’ai eu le sentiment que l’absence d’expérience en LMP2 me manquait pour me présenter aux constructeurs Hypercar. Maintenant, je vais l’avoir. Il ne faut pas oublier non plus que je viens du monoplace, et quelque part, ça se pilote de manière assez similaire.»

Daniel Juncadella :

© Nico Deumille

Son adaptation s’est faite en accéléré. Une seule journée d’essais avant d’attaquer la semaine à Barcelone, et pourtant, le feeling est là. « Il m’a fallu un peu de temps pour m’adapter, pour apprendre et comprendre tous les systèmes. Mais chaque jour, j’en découvre davantage et je progresse. Les trois séances d’essais se sont bien passées. Je me suis senti confiant, et je pense que demain, en course, je pourrai montrer ce que je sais faire. »

Le défi est d’autant plus relevé que la catégorie LMP2 en ELMS n’a jamais été aussi compétitive. « Le niveau est super élevé. Il y a beaucoup de très bons pilotes, certains viennent même de l’Hypercar. Il y a deux ans, il y avait sept voitures en Pro, maintenant on en compte plus de treize. Ça montre à quel point l’intérêt pour cette catégorie grandit. »


Trois programmes, une seule ambition

L’ELMS n’est qu’un des trois programmes qui remplissent l’agenda 2025 de Juncadella. À son engagement avec IDEC Sport s’ajoute celui en WEC avec TF Sport, où il évolue en LMGT3 sur la Corvette Z06 LMGT3.R n°33. La saison a démarré de la meilleure des manières avec une victoire aux 1812 kilomètres du Qatar.

A l’arrivée des 1812 km du Qatar © MPS Agency

En parallèle, l’Espagnol occupe également le poste de pilote de simulateur chez Aston Martin F1. Un emploi du temps chargé, parfois difficile à coordonner : « Quand j’ai rejoint Aston Martin F1 pour le simulateur, je ne devais pas faire l’ELMS. Ce programme est arrivé à la dernière minute, donc j’ai dû adapter mon calendrier. Ce week-end, j’étais censé être au simulateur pour le Grand Prix du Japon. Mais chez Aston Martin, ils sont très compréhensifs et soutiennent ma carrière. Ils savent que ces opportunités sont importantes pour mon avenir en course. Je serai présent pour la prochaine course à Bahreïn, en soutien. Il y a encore beaucoup à faire là-bas. »

Ce rôle en F1, même à distance, reste formateur. « L’objectif est d’améliorer le simulateur. Il est nouveau, et je n’ai pas encore passé énormément de temps dessus, mais je vais y être plus régulièrement. On doit fournir un outil fiable pour les ingénieurs et les pilotes, surtout en F1 où les essais sont limités. »

L’horizon 2026 reste incertain, mais l’ambition est claire. Son contrat avec Corvette arrive à échéance à la fin de l’année. Et s’il se montre reconnaissant envers la marque américaine, son regard se tourne vers l’Hypercar. « J’adore Corvette, j’adore General Motors, tout se passe très bien et je veux continuer avec eux en GT. Je ne me vois pas ailleurs. Mais ce n’est pas un secret : je suis à un moment de ma carrière où j’aimerais avoir une chance en Hypercar. C’est la catégorie reine, je veux y être. Si l’opportunité se présente, je la saisirai. Cette expérience en LMP2 est cohérente avec cet objectif. Rien n’est encore clair pour l’an prochain, mais tout le monde sait que je veux y être un jour. On travaille dans ce sens. »

© IDEC SPORT / Paola DEPALMAS

Pour cela, il compte sur cette première saison en LMP2 comme tremplin pour prétendre à un baquet dans la catégorie reine. « À l’heure actuelle, j’appartiens à une autre marque. Même si ce programme est soutenu par Genesis Magma Racing, ça reste un engagement LMP2 à part entière. Je découvre l’équipe, les gens, et eux me découvrent aussi. C’est une forme de test pour moi. Rien n’est acté, mais si tout se passe bien, l’intérêt sera là. Et c’est aussi la première marque à avoir montré de l’intérêt pour moi, donc je m’en souviendrai quand il faudra faire des choix. Mais je veux aussi garder mes options ouvertes. Ce n’est que le début de saison, on est en avril, donc c’est encore tôt. »

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

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