| 9 juillet 2023 | par

Claudio Berro (Isotta) : « continuer à se concentrer sur la performance et l’endurance » de la Tipo 6 LMH

© Michele Scudiero / Drew Gibson Photography

L’Isotta Fraschini Tipo 6 LMH-C a été dévoilée au grand public lors des 6 Heures de Monza, 5e manche WEC de la saison. Alors que la marque va se lancer dans des essais plus poussés au niveau performance, l’homologation de l’auto approche. Endurance24 a pu rencontrer Claudio Berro, le directeur d’Isotta Fraschini Milano Motorsport, pour faire le point sur cette nouvelle Hypercar qui viendra garnir les rangs du WEC dès l’an prochain. 

Comment le projet est-il né ?

« Il est né il y a deux ans grâce à un groupe d’investisseurs qui avait racheté la marque Isotta Fraschini. Ils voulaient en faire la promotion à travers la compétition et, dans le même temps, souhaitaient aussi faire une voiture de route, un peu style limousine. Cette activité n’a pas démarré comme il fallait, mais, par contre, la partie compétition, avec le projet Michelotto, est bien partie. De plus, Michelotto a trouvé d’autres actionnaires qui voulaient continuer sur la partie compétition et sur la voiture de route. Ils ont racheté la société à hauteur de presque 80%. Ils ont voulu créer un comité d’administration avec des personnes d’expérience et m’ont contacté avec Michelotto, que je connais depuis longtemps, pour gérer la partie compétition. En tout cas, ce board est un groupe d’amis avant d’être un groupe financier. Les actionnaires nous ont fait confiance et on a continué avec un programme défini. En octobre, on avait dit qu’on allait présenter la voiture fin février, on l’a fait, qu’en d’avril on allait rouler, on l’a fait, qu’on présenterait les voitures à Monza lors de la manche WEC, on l’a fait. On veut maintenant homologuer les voitures, on pouvait déjà le faire à Monza. Nous n’avons pas voulu parce qu’on n’est pas obligé de faire des courses, on n’a pas de sponsor, personne ne nous oblige avec des contrats en nous disant « Il faut courir ». On a décidé, en accord avec le WEC, l’ACO et la FIA, de progresser le plus possible avec la voiture jusqu’à un moment opportun pour l’homologuer et l’engager au championnat. »

Comment se sont passés les tests ?

« Les tests se sont bien passés jusqu’à aujourd’hui. Les derniers à Aragon ont été bons avec 1 500 kilomètres bouclés sans problème. La voiture a bien progressé en termes de fiabilité et de performance. On sera à la fin du mois à Vallelunga pour deux jours puis à Monza trois jours pour des tests de performance. On sera avec le Team Vector et leurs pilotes pour vérifier la performance de la voiture à ce moment-là. Après, on ira à Mugello pour un test d’Endurance puis dix jours de pause et pour finir, au mois de septembre, on va continuer à se concentrer sur la performance et l’endurance. Je pense qu’on ira à Aragon, parce que c’est un circuit où on peut rouler de nuit. A ce moment-là, on va commencer à faire des relais pour arriver à faire les premières six heures de course puis ce sera sur 24 heures. »

© Michele Scudiero / Drew Gibson Photography

L’homologation sera au mois d’octobre ?

« L’homologation sera dans la période de septembre / octobre. »

Allez-vous disputer la dernière manche de Bahreïn 2023 ou allez-vous attendre la nouvelle saison ?

« Honnêtement, on attend la décision de la FIA et de l’ACO sur les jours disponibles pour les fenêtres d’homologation parce que le problème, c’est qu’on doit aller avant à la soufflerie Sauber. Quand on sera passé en soufflerie et que la voiture sera entrée dans les cadres de vue de l’homologation, elle sera figée et sera amenée à Valleiry (Haute-Savoie) où il y a le centre de mesure de la FIA. L’auto va rester une semaine là bas et, à la fin, elle sera « congelée », on ne pourra plus rien faire, juste du set-up. Je pense que tout cela aura lieu au mois d’octobre, plus ou moins. On attend les dates de la FIA pour définir les jours. »

Claudio Berro @MPS Agency

Vous aurez combien de voitures en compétition l’année prochaine ?

« Nous avons parlé avec le WEC pour deux voitures. »

Est ce que vous avez déjà des pilotes déjà sur votre liste ou c’est encore un peu tôt ?

« C’est un peu tôt. Il faut d’abord valider la voiture au niveau de l’homologation, définir le team, c’est-à-dire une équipe qui a une option pour faire la deuxième voiture. J’ai une liste de structures qui voudraient faire la deuxième voiture. Ils sont en attente de l’option. Une fois ce point réglé, on va définir les pilotes. »

@MPS Agency

Pourquoi vous avez choisi de faire une LMH plutôt qu’une LMDh ?

« C’est une bonne question et je l’ai moi-même posée à Michelotto et aux actionnaires quand je suis arrivé après. Ils m’ont répondu : « nous souhaitions faire la voiture la plus difficile pour montrer qu’on est bien capable de construire la chose plus compliquée qui existe.»

Sur le profil des pilotes, vous cherchez plutôt des pilotes qui connaissent déjà l’Endurance ou pas forcément ?

« Pas forcément, mais les pilotes d’Endurance, c’est important. On a vu que sur les Hypercar, même des bons pilotes GT, sont vraiment à l’aise. On doit avoir des pilotes solides comme on a vu lors de la dernière édition des 24 Heures du Mans, Ferrari a bien gagné avec des super pilotes. »

© MPS Agency

Les pilotes Vector Sport seront privilégiés ou considérés ?

« Ils seront considérés par nous et par Vector, bien sûr. Après, ce sera une décision faite avec le team. Nous n’imposons pas de pilote, Vector non plus, cela sera plus un compromis. »

Pourquoi avoir choisi Vector Sport, justement, pour le support technique ?

« Honnêtement, c’est le premier team qui nous a contactés en octobre l’an passé. La voiture n’avait pas encore roulé, ils nous ont fait grandement confiance, ont cru au projet et voulaient être notre partenaire. C’était bienvenu, on a trouvé un bon accord et nous sommes contents qu’ils soient encore là à supporter tout. »

© MPS Agency

Est-ce que la BoP joue un rôle dans le fait que ce projet existe ? Ou est ce que, comme les autres constructeurs, vous vous êtes dit avec la BoP, cela va permettre d’équilibrer les chances…

« Nous faisons partie de la commission constructeur depuis longtemps. On a décidé, avec les autres constructeurs, des projets, de la BoP aussi. C’est un système de calcul très précis, très bien fait. Je trouve que ça donne vraiment la possibilité de mettre les voitures à la bonne performance. Je pense que c’est vraiment un calcul technique. »

Les articles similaires

Les derniers articles

Annonces

Soyez au courant des dernières actualités du monde de l'Endurance par mail !

Loading