Christopher Mies était tout sourire ce matin au Pesage de la 92e édition des 24 Heures du Mans. Le pilote allemand va en effet disputer ses premières 24 Heures du Mans pour le compte de Ford. Mieux encore, il arrive d’Allemagne où il a remporté le week-end dernier l’une des courses les plus difficiles au monde, les 24 Heures du Nurbürgring. Endurance24 a pu le rencontrer ce matin au Mans alors qu’il était l’un des tout premier pilote à passer aux vérifications.
Après plus de 14 heures sous régime de drapeau rouge et cinq tours derrière la voiture de sécurité, les 24 Heures du Nurbürgring ont été « bizarre ». Vainqueur avec Frank Stippler, Ricardo Feller et Dennis Marschal sur l’Audi R8 LMS GT3 du team Scherer Sport PHX, Christopher Mies a confirmé cette « drôle’ d’impression.
» Comme vous l’avez dit, ce fut une édition bizarre. Je me suis réveillé très frais le dimanche matin, ai pris mon petit-déjeuner à l’hôtel. C’était très inhabituel, mais au final, une victoire reste une victoire. Je me suis senti que c’était un peu différent de mes deux autres victoires au Nurbürgring, mais après la fête du dimanche soir, le lundi s’est déroulé exactement de la même manière. En fin de compte, je suis heureux d’avoir gagné et d’avoir pu clore le chapitre Audi de cette façon. De plus, j’ai choisi cette équipe exprès. J’avais deux ou trois autres offres pour faire cette course avec un autre constructeur et j’ai choisi de passer un accord avec l’équipe parce que c’est celle avec laquelle j’ai commencé ma carrière en 2009. Pour moi, il était logique d’avoir la chance de piloter pour eux une fois de plus, dans une voiture que je connais par cœur et d’essayer de gagner une épreuve que j’ai déjà gagnée. Mais même si je n’avais pas gagné, j’aurais apprécié cette course au maximum… »

Le triple vainqueur de l’épreuve de l’Eifel clôt donc définitivement le chapitre Audi pour continuer celui ouvert en début d’année avec Ford. Il a découvert une auto qui lui plaît énormément, la Mustang GT3 avec laquelle il roule en IMSA. « C’est très différent de ce que j’ai pu piloter auparavant. C’est une auto avec un moteur avant, l’Audi avait un moteur central. Il faut simplement changer de style de conduite, mais parfois, j’utilise encore la technique Audi pour conduire cette voiture et cela ne fonctionne pas. Je dois me rappeler qu’il faut changer de style de conduite. En fin de compte, toutes les voitures sont difficiles à conduire à la limite. J’ai juste l’impression que nous pouvons pousser plus avec la Ford sans avoir peur de la perdre, ce qui est l’avantage avec ce moteur avant. Évidemment, la voiture, le bruit, les vibrations, une voiture typiquement américaine, c’est génial. Quand je me suis retrouvé dans la voiture la première fois, mes doigts se sont engourdis à cause des vibrations. »
Christopher Mies est un pilote très expérimenté des courses d’Endurance, que ce soit Daytona, Nurbürgring et Spa. Cependant, il n’a jamais disputé les 24 Heures du Mans. « Je ne pensais pas que j’allais être un rookie à 35 ans. J’ai toujours regardé cette course car normalement, c’était un week-end libre, sans autre course. J’ai regardé tous les essais, les qualifications, la course. Je suis resté éveillé toute la nuit pour suivre donc je pense que je connais bien la course, même si je ne suis jamais venu ici. C’est vraiment cool d’y être, de voir cet endroit avec tous les fans, de faire cette photo de groupe au Pesage. J’adore ça, c’est une atmosphère agréable. »

Paola Depalmas / Proton Competition
Le programme Ford Mustang GT3 est nouveau. Les débuts ont été quelque peu difficiles en IMSA et en WEC pour ce qui est des résultats. Les attentes pour ces 24 Heures du Mans sont donc toute relative. « Les gens commencent à l’oublier, et nous aussi, mais c’est une nouvelle voiture. Nous n’apportons pas simplement un package Evo à une GT3 déjà existante, nous ne passons pas d’une voiture à une autre non plus. Elle est neuve et Ford n’a jamais fait de GT3 auparavant. Nous en sommes au même point que Mercedes, Audi et consorts en 2009, lorsqu’ils ont commencé en GT3. Tout est nouveau, nous avons une courbe d’apprentissage rapide. En fait, je suis heureux que la voiture soit aussi compétitive qu’elle l’est actuellement car nous l’améliorons sans cesse. Je m’attendais à ce que nous soyons beaucoup plus loin en termes de rythme, mais cela montre à quel point tout le monde a fait du bon travail à l’usine. La base de la voiture est vraiment bonne et il ne reste plus qu’à la peaufiner. »

© MPS Agency
Merci à Paola Depalmas pour les photos…
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