| 10 février 2024 | par

Charles Milesi : « Important de se mesurer aux autres constructeurs pour savoir où on en est ! »

© Alpine / DPPI

Deux Alpine A424 seront alignées en WEC cette année dans la catégorie Hypercar par Alpine Endurance Team. La n°36 sera confiée aux « tauliers » de l’équipe, Nicolas Lapierre et Matthieu Vaxiviere, associés à Mick Schumacher. Quant à la seconde voiture, la n°35, elle sera confiée à un trio tout aussi prometteur, formé par Ferdinand Habsburg, Paul-Loup Chatin et Charles Milesi.

Rapidement intégré au programme, Charles Milesi a joué un rôle prépondérant dans le développement de la voiture ; il avait d’ailleurs participé au déverminage de l’auto en août 2023. Après plusieurs mois de développement, le jeune pilote originaire de Chaumont est donc en mesure d’émettre un avis précis et révélateur à propos de la LMDh tricolore.

« L’A424 est très bien née. Dès les premiers tests au Castellet l’année dernière, on sentait qu’il y avait un gros potentiel. Maintenant, je pense qu’il faut arriver à débloquer encore plus de potentiel. Il faut la faire rouler en course contre les voitures des autres constructeurs pour savoir à peu près où on en est. C’est toujours difficile de savoir et arriver à améliorer tous nos softwares, mais c’est vraiment la clé de cette catégorie. A l’heure actuelle, on a quand même une fiabilité plutôt pas mal, même s’il y a eu deux ou trois soucis, forcément, ce qui est logique. »

© Alpine / DPPI

Après plusieurs saisons passées en LMP2  en WEC, mais aussi en ELMS, Charles Milesi a découvert le pilotage de ce type de voiture, une Hypercar, le pinnacle de l’endurance.

« Sur les premiers tours de roues que j’ai faits avec la voiture, c’était plutôt bien. C’est différent de la LMP2 sur certains points, c’est un peu plus lourd, il y a plus de puissance et beaucoup de softwares (logiciels) ont commencé à arriver. Des problèmes sont apparus et d’autres ont disparu. On va dire qu’on essaie toujours un peu de se chercher en tant que pilote, mais plus on roule dans la voiture, plus on sent à l’aise. Encore d’aujourd’hui, on galère un peu avec la chauffe des pneus, mais je pense que c’est pareil pour tout le monde. Je suis encore en train d’emmagasiner de l’expérience avec tout ça et je pense qu’après quelques courses, on arrivera à quelque chose de plutôt pas mal. »

Les choses sérieuses approchent à grands pas avec le Prologue au Qatar les 24 et 25 février, puis la course de 1812 km (10 heures) le samedi 2 mars sur le même tracé. Il est toujours compliqué en Europe durant l’hiver de trouver des conditions similaires à celles du Qatar, mais le tricolore ne s’en inquiète pas en vue de la première épreuve de la saison.

« Le tout premier test qu’on a fait au Castellet, la voiture a roulé, il faisait 40 degrés et 50 degrés de température de piste même si c’était juste un déverminage et le premier roulage de la voiture.  Cet hiver, avec les températures qu’on a eues, c’était un peu compliqué de se rapprocher de ce que l’on va trouver au Qatar. C’est pour ça qu’on a essayé d’aller rouler Portimão et Barcelone, même si on n’arrivera jamais à se rapprocher exactement de ce qu’on aura. Barcelone est un circuit qui se rapproche le plus du Qatar en terme de configuration avec beaucoup de virages à droite, de virages rapides.

© Alpine / DPPI

On sait qu’au Qatar, on utilisera beaucoup les pneus gauches surtout. C’était surtout essayer de travailler de ce côté-là pour l’aborder de la bonne façon et comprendre comment beaucoup de choses pourraient fonctionner. Mais on sait très bien que le Qatar sera relativement différent des circuits européens. On aura le prologue avant ça pour nous aider et après il faudra qu’on essaie de trouver notre rythme dans cette première semaine, mais ça viendra naturellement. On sait que cela ne sera pas forcément facile, mais on l’aborde de la bonne façon je pense. »

Dans le camp Alpine Endurance Team, on ne se met pas la pression pour ce premier rendez-vous, surtout avec une voiture neuve.

« On est humble, on sait que ça ne sera pas facile. On a huit constructeurs en face de nous,  ils ne sont pas venus là pour chômer, mais nous non plus. Il va juste falloir qu’on soit bien et qu’on pousse vraiment au maximum de notre côté car eux le feront. »

La particularité de l’équipage dans lequel se trouve Charles Milesi réside dans le fait que les trois pilotes n’ont connu, quasiment, que le LMP2 en WEC ou en ELMS. Mais ce « détail » n’affole nullement le pilote de 22 ans, champion FIA WEC et vainqueur des 24 Heures du Mans en 2021, en LMP2, avec un certain…Ferdinand Habsburg. `

« C’est vrai, on a tous évolué pendant quelques années en LMP2, mais pour ma part aussi en Super Formula, des voitures avec beaucoup d’aéro. On a un équipage qui a beaucoup d’expérience en endurance et qui connaît maintenant tous très bien les 24 Heures du Mans.

On va essayer de se pousser les uns les autres et essayer d’arriver au Mans bien préparé

La LMP2 est une voiture très différente de l’Hypercar, on va dire que c’est une voiture beaucoup plus terre à terre au niveau pilotage. Avec l’A424, il y a beaucoup plus de technique, de choses sur le volant qu’il faut comprendre et qui peuvent nous servir d’outil en tant que pilote. C’est plus là-dessus qu’il faut qu’on progresse, mais on est tous les trois sur le même niveau. C’est pour ça qu’on va essayer de se pousser les uns les autres et essayer d’arriver au Mans bien préparé. »

Propos recueillis par Florian Defet.

Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

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