La Cadillac n°31 de Whelen Engineering s’offre un premier succès mérité cette saison en GTP. En LMP2, TDS Racing signe un triplé historique sur le circuit d’Indianapolis.
Sous un ciel lumineux d’automne et devant les mythiques briques de la ligne d’arrivée d’Indianapolis, Cadillac a enfin exorcisé ses démons de 2025. Après une saison parsemée de promesses non tenues, la n°31 Whelen Engineering s’est imposée avec autorité lors des six heures de la Battle on the Bricks, guidée par un trio au diapason : Jack Aitken, Earl Bamber et Frederik Vesti. Une victoire forgée dans la constance, le sang-froid… et une maîtrise stratégique sans faille.
Tout avait pourtant commencé la veille avec une surprise : la pole position arrachée in extremis après la disqualification de l’Acura n°60. Aitken n’avait besoin que de 0.041 seconde pour s’installer sur la première ligne, mais c’est surtout le déclassement de Blomqvist qui ouvrait la voie à Cadillac. Le lendemain, dès l’extinction des feux, le Britannique s’élançait comme une flèche, en tête d’un peloton GTP où les stratégies d’énergie allaient rapidement prendre le dessus sur la simple vitesse.
Une première neutralisation au bout de douze minutes donnait le ton : rien ne serait simple. Mais à chaque interruption, à chaque rebondissement, la Cadillac n°31 restait là, solide, rapide, presque imperturbable. L’équipage, l’un des rares à compter trois pilotes sur cette manche d’endurance, gérait à la perfection les relais et les contraintes énergétiques. Jusqu’à ce moment inattendu : Aitken, qui pensait en avoir fini, reprenait le volant pour un relais final aussi haletant qu’éprouvant.
Face à lui, la meute revenait. Tom Blomqvist d’abord, sur une Acura qui voulait sa revanche. Puis Ricky Taylor, revenu d’un tour de retard avec Albuquerque après une crevaison malvenue. L’Américain, dans un baroud d’honneur à la maison, parvenait à déloger Blomqvist et fondait sur Aitken. Mais le pilote britannique ne cédait rien, jusqu’au drapeau à damier. Moins d’une seconde séparait les deux Cadillac, mais tout un monde de travail acharné et de frustrations évacuées s’était glissé dans cet écart.
Pour Cadillac, ce succès ne change rien au championnat, mais il résonne comme une libération. Pour Vesti, c’est une première victoire. Pour Aitken, une revanche. Et pour Bamber, un retour au sommet. Ensemble, ils ont construit une course pleine, limpide, puissante. La première de la saison. Enfin.
LMP2 – Trois sur trois pour TDS à Indy
La tradition se poursuit, presque inévitable. Pour la troisième année consécutive, TDS Racing a quitté Indianapolis avec la victoire en LMP2. Steven Thomas, Mikkel Jensen et Hunter McElrea ont déroulé un plan sans faute, laissant les erreurs aux autres.
C’est Jensen, impérial dans le dernier relais de près de trois heures, qui a scellé le sort de la course. Il a patiemment attendu que Toby Sowery s’arrête, puis a pris la tête et ne l’a plus lâchée. Le retour d’Inter Europol dans les derniers tours n’y a rien changé : TDS était encore une fois imbattable sur le Brickyard.
GTD Pro – Ford, la force tranquille des grandes occasions
Ils n’étaient pas les plus attendus. Qualifiés en septième position, Mike Rockenfeller et Seb Priaulx ont discrètement remonté le peloton, jouant les bonnes cartes au bon moment. Une stratégie agressive, quelques dépassements bien sentis et une défense solide ont permis à la Mustang GT3 n°64 de s’imposer dans la dernière heure, après un dépassement décisif de Priaulx sur Laurin Heinrich.
Pour Ford, cette victoire s’ajoute à celles de Daytona et Detroit. Trois circuits mythiques, trois succès en 2025. Et une émotion particulière : la voiture arborait le nom d’un enfant en lutte contre le cancer, symbole d’un combat plus grand encore que celui de la piste.
GTD – Enfin le grand jour pour Inception
Trente-huit départs, six podiums, et enfin une victoire. Inception Racing a brisé la malédiction dans une course au scénario presque écrit pour eux. Une pièce de carrosserie envolée, une neutralisation opportune, une stratégie optimisée : tous les éléments se sont alignés.
Depuis la 15e place sur la grille, Frederik Schandorff a remonté un à un ses rivaux dans la Ferrari n°70, tenant tête jusqu’au bout pour offrir à Iribe, Millroy et lui-même une victoire longtemps espérée. Et avec elle, la tête du classement pour le Bob Akin Award, à égalité parfaite avec AWA. Le ticket pour Le Mans 2026 se jouera dans les dernières heures de la saison.
Le rideau tombera sur la saison 2025 lors du Petit Le Mans (10-11 octobre) à Road Atlanta, ultime manche du championnat IMSA et de l’Endurance Cup. Si Cadillac n’a plus rien à jouer au général, Porsche Penske et AO Racing auront fort à faire pour défendre leurs maigres marges. La lutte finale s’annonce stratégique, tendue… et décisive.
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