| 7 janvier 2023 | par

Bobby Rahal : « Les GTP sont des voitures de course sophistiquées qui vont être rapides »

© 2022 Richard Dole / LAT Images

Du haut de son bureau surplombant l’atelier Rahal Letterman Lanigan Racing, Bobby Rahal est fier de ses nouvelles et vastes installations dans la banlieue nord d’Indianapolis. Ces dernières abritent l’équipe d’IndyCar ainsi que le BMW M Team RLL qui alignera deux BMW M Hybrid V8 en GTP (Grand Touring Prototype) en IMSA 2023. La première manche (les 24 Heures de Daytona) aura lieu dans quelques semaines.

Ce passage à la catégorie reine représente le point culminant d’une relation entre BMW et Bobby Rahal de 15 ans. Les résultats parlent d’eux-mêmes : 29 poles, 21 victoires et près de 100 podiums en IMSA. « Nous avons signé un accord à long terme avec BMW l’année dernière, et maintenant nous pouvons faire ce que je voulais faire depuis un certain nombre d’années, c’est-à-dire courir pour des victoires au général, et pas seulement des victoires de catégorie » affirme Bobby Rahal. « Les GTP sont des voitures de course sophistiquées qui vont être rapides, elles ont un look intéressant, et sont toutes un peu différentes. Les courses vont être assez intenses, les fans vont les adorer car elles sont belles et elles ont un bon son. Je pense que l’IMSA est sur le point de s’embarquer dans une période très, très excitante. »

Bobby Rahal :

© BMW

Bien qu’il soit surtout connu pour ses succès en tant que pilote de monoplace (trois championnats CART et les 500 miles d’Indianapolis en 1986), il ne faut surtout pas oublier que Bobby Rahal est aussi passé par l’Endurance. Il compte entre autres une victoire aux 12 Heures de Sebring 1987 (Porsche 962 Bayside Disposal Racing avec Jochen Mass). « Gagner Sebring en 1987 a été très important pour moi. C’est un lieu chargé de souvenirs lorsque j’étais adolescent, mon père courait là-bas. Je faisais parti de son équipe tout en regardant les Porsche 917, les  Ferrari512, les Matra et les Ford GT40. C’était une époque formidable pour moi. J’y ai gagné avec la 962, l’une de mes voitures préférées, très confortable à conduire. Vous pouviez la piloter à fond pendant un long moment. J’aimais vraiment les courses d’endurance. »

Après un gros accident à Sebring avec une March 85, le propriétaire de sa voiture en IndyCar, Jim Trueman, et le directeur de l’équipe, Steve Horne, l’ont de plus en plus découragé de continuer en parallèle en Endurance. Bobby Rahal a refusé l’opportunité de piloter pour Jaguar en IMSA en 1988, lorsque la XJR-9 a brisé la série de 11 ans de victoires Porsche aux 24 Heures de Daytona. « En 1989, j’ai décidé de me concentrer sur l’Indy Car, et quand je regarde en arrière, je pense que c’était une erreur. Après avoir dit oui à Jaguar, j’ai dû dire non, une décision difficile à prendre. »

Le retour de Rahal aux voitures de sport ne se fera qu’en 2008 à travers Rahal Letterman Lanigan et BMW. À cette époque, il était déjà propriétaire d’une équipe IndyCar depuis plus de 15 ans, mais le nouveau partenariat avec le constructeur allemand tombe à point nommé, car RLL perd un sponsor clé en IndyCar à la fin de l’année 2008, ce qui a mis en péril l’existence de l’équipe. « Nous nous sommes rencontrés pour la première fois en 2007, et la raison pour laquelle je me suis adressé à BMW était que nous étions déjà en contact avec l’IndyCar. Je pensais qu’il était important que nous ayons plus d’un programme en cours. Lorsque nous avons perdu le sponsoring en IndyCar, si nous n’avions pas eu le programme BMW, nous aurions probablement fermé. Avoir les deux programmes est très important, et il est tout aussi important d’avoir une relation de partenariat avec une entreprise comme BMW qui a une grande tradition dans le sport automobile. Et peut-être que ce sera notre ticket pour aller aux 24 Heures du Mans, aussi. Nous verrons bien. »

Bobby Rahal :

© 2022 Michael L. Levitt / LAT Images

Comme tant d’autres, Bobby Rahal est enthousiasmé par la nouvelle classe GTP, qui est ouverte aux prototypes construits selon les spécifications LMDh de l’IMSA, ainsi que pour la classe Hypercar qui court au Mans et en WEC. « Je pense que ça va être génial, il y a déjà beaucoup d’intérêt. L’IMSA va être incroyable quand on pense au nombre de constructeurs impliqués, dans toutes les différentes catégories. Je ne pense pas qu’il y ait une autre série qui puisse revendiquer un tel nombre de constructeurs. Jim France s’est vraiment engagé en endurance au fil des ans et a continué à la construire, et maintenant, avec une voiture qui peut courir non seulement ici mais aussi à l’échelle internationale – et vice-versa avec des gens qui viennent d’Europe pour courir comme ils le faisaient dans les années 60 et 70 – c’est tout simplement fantastique. Il ne fait aucun doute qu’il y aura des hauts et des bas cette année avec ces nouvelles voitures et ces nouveaux systèmes » conclut Rahal. « Mais vous avez Porsche avec Penske, Cadillac avec Ganassi et Action Express, BMW avec nous, et Honda/Acura avec Wayne Taylor et Mike Shank. Lamborghini arrive en 2024. Vous avez Dallara contre ORECA contre Multimatic (contre Ligier en 2024). Ce sont les efforts de marques, des équipes d’usine. Avoir cette connexion et cette relation entre la série et les constructeurs va être fantastique pourl’ IMSA en termes de promotion et de marketing. »

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

Les articles similaires

Les derniers articles

Doublé des BMW du Team WRT aux Michelin 24 Heures de Dubaï 2026

Doublé des BMW du Team WRT aux Michelin 24 Heures de Dubaï 2026

Après les éditions 2022, 2023 et 2025, le Team WRT rajoute une nouvelle victoire aux 24 Heures de Dubaï à son étagère à trophées. Le team de Vincent Vosse réalise un magnifique doublé avec la victoire pour la BMW M4 GT3 n°669 pilotée par Jordan Pepper, Kelvin van der...

Annonces

Soyez au courant des dernières actualités du monde de l'Endurance par mail !

Loading