Depuis début 2025, Bernhard Demmer est à la tête du programme Hypercar de BMW M Team WRT. En tant que responsable de projet, il orchestre une structure complexe où se mêlent exigences d’un constructeur premium et savoir-faire opérationnel d’une équipe de course aguerrie. Il détaille pour Endurance24 les contours de sa mission et l’ambition du projet.
Demmer n’arrive pas en terrain inconnu. Avant de rejoindre BMW, il a passé plusieurs années chez Porsche Motorsport, où il a d’abord évolué comme directeur d’exploitation en GT, notamment avec Manthey Racing en FIA WEC. Il y a contribué aux succès des 911 RSR officielles engagées en GTE-Pro. En 2022, il bascule sur le programme Porsche Penske Motorsport pour accompagner le retour de la marque dans la catégorie reine. Il y occupe alors le poste de directeur général du programme WEC, en charge de la structure européenne basée à Mannheim, en lien avec les centres de Weissach et Mooresville.
« WRT a plus d’un projet – GT3, Fun Cup, production – mais le LMDh avec BMW est clairement devenu un des axes principaux. Je suis en charge de ce programme dans son ensemble, aussi bien sur le plan commercial – budgets, contrats – que sur le terrain : technique, logistique, ingénierie », pose-t-il d’entrée.
Son arrivée s’est faite sans transition : « J’ai littéralement commencé la veille de notre départ pour le Qatar. Mais je suis assez familier avec les structures d’équipes usine, ce qui m’a permis d’intégrer assez vite les process quotidiens. Apprendre à connaître BMW et WRT prend plus de temps, mais je progresse étape par étape. C’est déjà bien mieux maintenant qu’à Doha ».

© BMW
« WRT, je les connais depuis longtemps. On a été adversaires sur plusieurs projets. Et Vincent, je le connais depuis l’époque Audi. Cette collaboration avec BMW est un très bon alignement. WRT a dominé en GT, monter en Hypercar est la suite logique, mais le niveau d’exigence est extrême ».
Malgré un passage de quelques mois dans le projet Audi F1, via Sauber, entre son départ de Porsche et son arrivée chez WRT, l’Allemand reste attaché à l’endurance : « Je préfère de loin l’endurance. C’est bien plus exigeant, pas uniquement en termes de durée, mais aussi en précision et en diversité des facteurs à gérer. En F1, le niveau d’ingénierie est exceptionnel, les meilleurs pilotes sont là, mais c’est très écrit. Ici, rien n’est jamais acquis. Le climat, la nuit, les classes multiples, les imprévus… tout entre en ligne de compte. C’est plus excitant ».
Et pour gagner dans une telle catégorie ? « Nous avons tout ce qu’il faut : la voiture, les pilotes, les moyens. Mais il faut tout assembler parfaitement. Le niveau est tel qu’il faut être irréprochable. À Doha, une pénalité nous a coûté cher. Les étapes qui restent sont les plus petites, mais aussi les plus dures. Il faut de l’excellence, partout, tout le temps. L’objectif, c’est d’assurer une exécution propre – ce qui nous a fait défaut au Qatar – et d’être dans la course au podium, comme là-bas ».
Enfin, il insiste sur l’état d’esprit à cultiver dans une structure qui mêle culture d’entreprise allemande et vivacité belge : « L’était d’esprit, c’est d’être concentré, vif, précis. La structure BMW est très protocolaire, solide, rigoureuse. Mais sur le terrain, il faut savoir réagir vite. On travaille à diffuser cette mentalité à tous les niveaux. On n’y est pas encore, mais on avance dans la bonne direction ».
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