| 11 mai 2023 | par

Bent Viscaal (Prema) : « L’Endurance m’a permis de voir ce qui se passait ailleurs qu’en monoplace ! »

Bent Viscaal est en Endurance depuis deux ans et s’est fait remarquer d’abord chez Algarve Pro Racing en ELMS en 2022, puis cette année en WEC avec Prema Racing. Alors qu’il a passé toute sa carrière en monoplace (Championnat FIA de F3 puis en F2), il a bifurqué l’an dernier vers les courses de prototypes, plus particulièrement de LMP2, avec bonheur. Le pilote classé Gold reste pourtant assez méconnu et c’est pourquoi Endurance24 est allé à sa rencontre pour faire plus ample connaissance…

Vous avez quitté Algarve Pro Racing pour rejoindre le WEC. Comment s’est fait l’accord avec l’équipe Prema ?

« En ELMS, l’année dernière, j’étais chez Algarve Pro Racing et nous courions les contre les autres, ce fut le premier contact. Mon intention a toujours été de participer au WEC. Bien sûr, l’année dernière a été une saison un peu étrange parce que je visais la F2, puis j’ai disputé l’ELMS à la dernière minute. Cela a été pour moi une très bonne décision parce que j’aime vraiment les courses d’endurance et cela m’a ouvert les portes vers un nouveau monde. Tout au long de l’hiver, nous avons été en contact, nous nous demandions comment les choses évoluaient entre les équipes et les pilotes. J’ai vu qu’il y avait une opportunité fantastique de rejoindre Prema Racing en Championnat du Monde d’Endurance, c’est à dire avec l’une des équipes les plus connues du sport automobile, et je l’ai saisie. »

Que pensez-vous de vos premières courses en WEC avec l’équipe (il est actuellement 6e au championnat LMP2) et vos coéquipiers (Filip Ugran et Andrea Caldarelli)  ?

« Elles ont été à la hauteur de mes attentes. Nous avons abordé les week-ends de manière très professionnelle. Toute la préparation que nous faisons avant les essais libres porte ses fruits. Certes, les résultats ne sont peut-être pas à la hauteur de nos espérances, mais beaucoup de choses, qui se sont produites pendant les courses, étaient hors de notre contrôle. Cela fait partie des courses d’endurance. J’ai vraiment fait un pas en avant par rapport à l’année dernière en ce qui me concerne. Je suis très satisfait de mes performances, de mes moyennes et de leur analyse. Il est vrai que si vous regardez les résultats, bien sûr (7e à Sebring, 5e à Portimao et 4e à Spa), nous aurions aimé être mieux mais il reste encore quatre manches, dont les doubles points du Mans. »

© MPS Agency

Justement, Le Mans arrive. Vous avez disputé cette course à une reprise (avec ARC Bratislava, 21e en LMP2). Que gardez-vous à l’esprit de cette première expérience ? Comment vous aidera-t-elle cette année ?

« Elle va beaucoup m’aider. Contrairement à n’importe quel autre week-end de course, cela commence la semaine précédente. Vous êtes là le vendredi avant la Journée Test pour le Pesage, c’est vraiment une préparation spéciale par rapport à un meeting normal. Le Mans réunit un vrai circuit et une partie de route nationale, c’est la seule fois du calendrier. Je pense que c’est le plus grand événement sportif d’Europe. Il y a tellement de choses autour de la course, une certaine magie qui rend l’événement encore plus, non pas stressant, mais excitant pour un pilote.

Je me souviens m’être réveillé à huit heures le samedi et de m’endormir le dimanche soir à neuf heures. Il ne s’agit donc pas seulement de 24 heures, mais de tout le processus qui précède. Il faut juste suivre le mouvement et pousser aussi fort que possible. Je n’oublierai jamais le mardi qui a suivi le week-end de course, quand toute l’adrénaline est redescendue. Après le déjeuner, je me suis endormi d’un coup. Le Mans est une expérience à part entière, mais ce que j’ai vécu, notamment de nuit l’an dernier, va m’aider cette année. »

En LMP2 le niveau est très élevé et il y a tellement de voitures capables de l’emporter. Quelles sont vos attentes pour Le Mans cette année 

«  C’est vraiment difficile à dire. Bien sûr, on se bat toujours pour le podium. Mais Le Mans est vraiment une course d’endurance. Les six ou huit heures en WEC sont plus des courses de sprint en comparaison, un peu comme en monoplace où tout est étroitement lié. Je pense que l’approche doit être un peu différente des courses ELMS et WEC habituelles. Nous nous battons toujours pour le podium et je pense que nous avons un package et un équipage très compétitif. Alors pourquoi pas ? »

Le Mans 2022 © MPS Agency

Vous avez couru pour Algarve Pro Racing l’année dernière et maintenant pour Prema Racing. Quelles sont les principales différences entre les deux équipes ? Pas seulement le championnat…

« Bien sûr, le championnat (rires). Une équipe italienne travaillera différemment d’une équipe anglaise tout comme une allemande d’une écurie néerlandaise. Je veux dire par là que la plus grande différence réside dans l’approche culturelle. Dix minutes en Italie, c’est différent de 10 minutes au Royaume-Uni. En étant dans le sport automobile depuis quatre ou cinq ans, on s’y habitue. J’ai vraiment aimé Algarve Pro Racing, les gens qui étaient là m’ont donné l’opportunité de rouler en ELMS, je suis très reconnaissant. C’est la même chose pour Prema qui m’offre la chance de disputer le WEC. Par contre, cette dernière a plus d’expérience en monoplace qu’APR, qui est uniquement basée sur l’endurance. Prema mélangent ses connaissances en monoplace et celles d’Endurance et je pense que c’est la plus grande différence entre elles. »

Algarve Pro Racing en 2022 © MPS Agency

Vous êtes en LMP2, mais vous avez certainement un œil sur la catégorie reine ?

« Oui, bien sûr, une fois que vous êtes en LMP 2, c’est la même chose qu’en F2. L’étape logique est de regarder vers la F1 et en Endurance, vers l’Hypercar. Comme je l’ai dit, je suis assez satisfait de mes performances cette année. Je vais continuer à me concentrer sur cela et je verrai où cela va me mener. »

Parce qu’avec un programme Lamborghini, par exemple, cela pourrait être plus facile étant déjà chez Prema…

« Il y a des choses qui se passent en coulisses, mais il est trop tôt dans la saison, je ne peux rien dire ! »

Vous avez eu une longue carrière en monoplace. Avez-vous des regrets de ne plus y être ou êtes-vous très heureux de la direction que vous avez prise ?

« Quand j’étais enfant, je regardais la F1, je me souviens de 2009, Brawn Grand Prix, Jenson Button, la victoire au championnat. Vous pensez donc aux voitures de course, à la monoplace. C’est l’expérience la plus pure que l’on puisse avoir dans une voiture de course, avec le vent souffle dans votre visage, vous voyez les roues, etc…. En tant qu’enfant et jeune pilote, vous vous concentrez toujours sur ces disciplines, c’est logique car c’est aussi ce qui attire le plus de monde. Et puis une fois que vous n’y êtes plus, l’ELMS a été une bénédiction pour moi, cela m’a permis de voir ce qui se passe ailleurs qu’en monoplace. Comme je l’ai mentionné, cela m’a ouvert les yeux sur le monde de l’endurance, que j’aime vraiment. La façon de courir n’est pas très différente parce que c’est plutôt une course de sprint, à part les courses de 24 heures. Il y a aussi tout l’aspect tactique qui se cache derrière Quand j’avais huit ans, j’ai essayé de regarder les 24 heures du Mans en entier parce que c’était en direct à la télévision. Je pense qu’à l’époque, il ne s’agissait que des 24 heures du Mans, le WEC n’existait pas encore, mais j’avais aimé. Je suis donc très heureux d’être en endurance aujourd’hui et je ne regrette rien. En fait, je dirais même que c’est une très bonne étape de ma carrière. »

© MPS Agency

 

Passionné de sport automobile et plus particulièrement d'Endurance, j'assiste aux 24 Heures du Mans depuis 1980 et suis accrédité depuis 2008. Je me rends régulièrement sur les plus beaux circuits européens et mondiaux. J'ai écrit pour de nombreux médias sport auto et collabore depuis quelques mois avec Endurance24
À propos de l'auteur, David Bristol

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