| 4 août 2023 | par

Antonio Giovinazzi (Ferrari) : « Je n’ai pas encore réalisé que j’ai gagné Le Mans ! »

© Nico Deumille

L’ancien pilote de Formule 1 est désormais pleinement concentré sur l’Endurance après une parenthèse peu concluante en Formule E. Sa carrière trouve un nouvel élan dans cette discipline qui a le vent en poupe et cela a commencé de la plus belle des manières avec une victoire aux 24 Heures du Mans avec Ferrari. 

Antonio Giovinazzi n’avait avant juin disputé qu’une seule fois les 24 Heures du Mans. En 2018, il avait roulé en GTE Pro au sein d’AF Corse sur l’une des deux Ferrari 488 GTE Evo en compagnie de Toni Vilander et Pipo Derani. Cinq ans plus tard, pour sa deuxième apparition, il remporte la plus grande course d’endurance au monde, dans la catégorie reine. « Je n’ai pas encore réalisé ce qui m’est arrivé au Mans. Quand je suis arrivé à Monza, j’ai vu ce mur, celui de notre hospitalité avec mon nom dessus. Je sais que cela restera à jamais gravé maintenant à côté d’autres noms importants et prestigieux. C’est quelque chose dont je suis très fier et je suis très reconnaissant envers mon équipe et mes coéquipiers car on ne gagne pas les 24 Heures du Mans tout seul. Tout doit donc être parfait, la stratégie, les arrêts au stand. La course a été très longue, bien entendu 24 heures, mais cette année, c’était intense. La lutte a été très dure jusqu’à une heure de la fin car nous étions devant mais avec quelques secondes sur la Toyota. La semaine a aussi été longue avec la Journée Test, le Pesage, la parade, les réunions, les qualifications, les essais. J’étais vraiment usé mentalement, mais pour une bonne raison, parce que ce sentiment était l’un des meilleurs de ma vie. Je suis donc reconnaissant que cela me soit arrivé. »

Quand on lui demande une image ou un moment précis de ses 24 Heures du Mans, l’Italien en choisit deux. « C’est lorsque qu’avec James, nous attendions dans la pitlane que la voiture arrive. Nous étions là, tous les deux seuls sur cette ligne droite avec les Tifosis, les supporters. C’était un moment spécial que je n’oublierai jamais. Je pense aussi au podium. Au Mans comme à Monza, les deux podiums sont très hauts et surplombent la foule. C’est vraiment génial, incroyable de voir tous ces gens en dessous, cette marée humaine, cela restera mon plus beau podium. En plus, le faire avec Ferrari, un constructeur italien, c’était tout simplement fou. »

© MPS Agency

Antonio Giovinazzi compte 62 Grands Prix à son compteur pour le compte de Sauber et surtout Alfa Romeo. Il est donc bien placé pour pouvoir comparer les deux disciplines, l’endurance et la Formule 1. « D’une part, on est proche, d’une autre, on est très loin. Il est certain que la 499P se pilote de la même manière qu’une F1. C’est sûr, c’est plus lourd, avec moins de puissance. Mais en fin de compte, la conduite reste la même, mais en même temps, c’est un type de course différent. Tout d’abord, vous partagez la voiture avec deux autres pilotes. À chaque tour, il y a du trafic, il faut doubler cinq ou six fois par tour à chaque fois. On ne s’ennuie donc jamais. J’aime beaucoup cette sensation que je n’avais jamais ressentie auparavant : lorsque mes coéquipiers sont dans la voiture, j’ai l’impression d’être aussi dans la voiture avec eux. C’est une bonne expérience, un bon sentiment. Et il y a une équipe de jeunes personnes qui travaillent bien ensemble, alors oui, c’est une belle expérience. »

A l’âge de 29 ans, Antonio Giovinazzi semble donner un nouvel élan à sa carrière, avec ce triomphe aux 24 Heures du Mans, et en WEC. On le sent plein d’excitation, de plaisir et d’enthousiasme. « C’est exact. Tout d’abord, lorsque vous arrivez sur la piste et que vous savez que vous avez une voiture pour gagner, l’approche du week-end est différente (rire). La F1, c’est bien, mais vous savez que vous avez une voiture pour être onzième ou quelque chose comme cela et votre unique but est de marquer des points. Je sais qu’en arrivant en WEC, chaque week-end, j’ai une voiture pour remporter une course et cela fait du bien.»

 Après les 24 Heures du Mans, la voiture lauréate a paradé avec ses pilotes (et ceux de la n°50) dans les rues de Maranello, ainsi qu’à l’usine pour communier avec tous les employés de la marque. Un moment particulier dans toute vie de pilote. « Tout d’abord, Maranello est notre maison et, pour nous, c’était aussi l’occasion de célébrer avec les gens qui y sont, pas seulement ceux de la partie sportive, mais aussi ceux qui construisent les voitures de route. C’était quelque chose de spécial et de génial à célébrer, de voir leur passion, de voir comment les gens nous suivent et nous connaissent. Cela faisait longtemps qu’une voiture n’avait pas paradé à Maranello. C’était donc cool de voir beaucoup de monde, tous ces tifosis en rouge. C’était une belle journée après Le Mans, c’est certain, pour nous, pour les fans. 

© Ferrari

A Monza, la cote de popularité de la branche Hypercar de Ferrari a bondi. Il y avait beaucoup de spectateurs faisant la queue devant l’hospitalité des Rouges tout au long de la journée pour avoir un autographe et/ou un selfie. Qui plus est, au lendemain d’une victoire en Sarthe. « La meilleure façon d’arriver à Monza était celle-ci, après avoir gagné Le Mans. C’est bon pour le sport, bon pour le championnat que nous ayons eu autant de monde à Monza avec 65 000 personnes sur le meeting. Je suis venu ici l’année dernière pour le WEC, le dimanche, mais il n’y avait pas autant de monde que lors du week-end de Monza 2023. Le dimanche, c’était sympa de voir ces files d’attente, la piste pleine, de voir les gens dans les tribunes surtout pour vous soutenir parce que la plupart des gens étaient en rouge. »

Maintenant que la plus grande course du calendrier est tombée dans l’escarcelle de Ferrari, les pilotes et le staff ne rêvent que d’une chose : les titres Constructeurs et Pilotes WEC 2023. « Oui, surtout après Le Mans, nous sommes revenus dans la lutte avec des gros points. Nous devons donc nous concentrer maintenant pour mettre plus de pression sur Toyota. Nous ne devons pas oublier qu’ils ont toujours la meilleure voiture, la meilleure équipe. Nous avons gagné Le Mans, c’est vrai, mais ils ont plus d’expérience que nous. Alors mettons leur la pression et essayons au moins de poursuivre cette lutte jusqu’à Bahreïn avec une course de 8 heures. C’est là que tout peut se jouer. »

© MPS Agency

Alors qu’il ne reste que deux courses à disputer en WEC, il est encore trop tôt pour le transalpin de penser à 2024. « Quand vous êtes en lutte pour le championnat, vous devez penser à cette année et ensuite, quand tout sera terminé, alors là oui, vous pouvez penser à l’année prochaine. Mais aujourd’hui, nous nous concentrons uniquement sur le titre WEC avec Ferrari. »

© MPS Agency

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