Après avoir grimpé les échelons au sein de la Ferrari Driver Academy jusqu’à atteindre la Formule 2 en 2017 et 2018, Antonio Fuoco semblait avoir une carrière prometteuse en monoplace. Quelques années plus tard, l’Italien est en lice pour être titulaire sur une des deux Ferrari 499P, dans la catégorie reine de l’Endurance.
En attendant, le pilote va conclure sa première saison en Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, en LMGTE Pro, aux 8 Heures de Bahreïn, sur la Ferrari 488 GTE Evo n°52, après avoir notamment terminé sur le podium des 24 Heures du Mans 2022.
Comme tous ses camarades de l’effectif Competizioni GT, Antonio Fuoco fait partie intégrante du développement de l’Hypercar en vue de la saison 2023. Nous avons pu échanger avec le Transalpin ce week-end à Imola, à l’occasion des Ferrari Finali Mondiali.
Que pensez-vous de vos essais en LMH ?
« Nous faisons vraiment du bon boulot. C’est agréable de constater tous les efforts consacrés à cette auto. Je dirais même que du point de vue des pilotes, c’est impressionnant de voir toute cette passion et ces efforts mis dans ce projet. Ce retour en Endurance est quelque chose de spécial pour la marque car elle revient officiellement après 50 ans d’absence dans les plus grandes courses et dans la catégorie reine. Nous faisons du bon travail, mais la pression est élevée. Nous avons fait beaucoup de tests, cela avance bien, le travail accompli est impressionnant et nous améliorions la voiture à chacune de nos sorties, mais nous sommes conscients qu’il nous reste du travail à faire. Nous sommes dans la bonne direction et nous poussons pour être fin prêts. Je suis plutôt confiant, nous serons prêts pour la première course de la saison. Cependant, il ne faut pas oublier que les premiers tours de roue de l’auto ne remontent qu’à quatre mois… »

© Ferrari
Combien de jours de test avez-vous fait personnellement avec la LMH ?
« Je ne peux pas vous dire combien de jours, mais nous en avons fait déjà un certain nombre. Nous avons fait beaucoup de kilomètres ce qui pour nous est important. C’est de l’Endurance donc nous nous sommes focalisés sur la maniabilité de l’auto tout comme son endurance et son moteur. Nous sommes allés sur différents circuits aussi pour faire nos essais. »
Depuis 2019, vous êtes pilote d’essais de la Scuderia Ferrari en Formule 1, que ce soit dans le simulateur ou en piste. Quelle est la différence entre la F1 et la LMH ?
« Ce sont des concepts différents. La F1 a plus d’appuis aérodynamiques que la LMH. Les pneus ne sont pas les mêmes non plus et donc leur pilotage diffère. Le concept de l’hybride est assez similaire donc je peux prendre certains points que j’ai développés en pilotant la F1 et m’en servir avec la LMH. Piloter ce prototype est vraiment quelque chose d’agréable surtout en termes d’équilibre et de maniabilité. Mais tout ce que j’ai pu apprendre avec la monoplace m’aide bien en vue de la LMH. J’essaie d’apporter toute mon expérience glanée sur le simulateur F1 ou avec la F1 sur circuit. »

© Ferrari
Et par rapport à ce que vous connaissez à bord de la Ferrari 488 GTE/GT3 ?
« En termes de position de conduite, c’est bien différent d’une GT. Vous êtes bien plus bas, bien plus près du sol. La visibilité n’est donc pas la même que dans la 488 GTE qui a un pare-brise plus grand. Le cockpit est aussi très différent, il est plus petit. Mais il y a de la place et on voit bien ce qui se passe autour de nous. Toutes les choses qui se trouvent sur le volant, entre autres pour le système hybride, sont aussi nouvelles. Il y a plus de « cartes moteur » aussi à changer pendant nos tours ou pendant la course. C’est différent en termes de concept, la LMH est plus tournée vers le haut niveau de performance. »
Huit pilotes pour six baquets disponibles, comment cela se passe en interne entre vous ?
« Certes, nous sommes huit pilotes dans ce projet, mais nous sommes tous amis, il y a une super ambiance entre nous, au sein du team, au sein du programme. Nous voulons atteindre nos objectifs, nous poussons donc tous pour être prêts pour la première course. Ce n’est pas nous qui prenons la décision de qui va rouler, donc en attendant, nous faisons de notre mieux quand nous sommes dans la voiture. Le développement est vraiment très important car cela va conditionner tout le reste en 2023. Une chose est certaine : celui qui pilotera cette Hypercar en compétition sera chanceux…»
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