| 16 août 2023 | par

António Félix da Costa (Jota) : « Après Le Mans, je me suis dit que j’apprenais toujours à 31 ans ! »

© MPS Agency

António Félix da Costa est impliqué dans un nouveau programme cette année en WEC. Après avoir brillé en LMP2, il est monté d’un cran en Hypercar au volant de la Porsche 963 n°38 alignée par Hertz Team Jota. Après des 6 Heures de Spa correctes, Le Mans a été plus dur. Endurance24 est allé voir le pilote portugais pour faire le point sur ses grands débuts dans la catégorie reine…

António Félix da Costa a rongé son frein en début d’année en attendant sa nouvelle Hypercar. Il a d’abord assisté aux 1000 Miles de Sebring dans le camp Jota avant de disputer les 6 Heures de Portimao, sa manche à domicile. Puis, la Porsche 963 est arrivée pour son plus grand plaisir, auto et catégorie qu’il a fallu apprivoiser. « C’était génial de la découvrir à Spa. Honnêtement, les deux ou trois premières heures au Mans, quand nous sommes partis du fond de la grille, puis cette remontée dans le peloton, c’était juste génial. Je pouvais même voir le leader, j’ai pris beaucoup de plaisir au volant. En LMP2, vous oubliez les autres classes, mais vous voyez toujours des voitures plus rapides qui vous dépassent. Ne vous méprenez pas, j’ai adoré rouler en LMP2 avec toutes ces bagarres en piste, mais je pense que c’était le moment idéal pour passer en Hypercar. L’année dernière, avec deux ou trois autos dans cette catégorie, ce n’était pas la classe dans laquelle je voulais être, mais maintenant, avec tous les constructeurs impliqués et tous ces pilotes extraordinaires, c’est un sentiment spécial d’être dans cette catégorie. »

Avec Will Stevens et Yifei Ye, le Portugais a vécu des 24 Heures du Mans compliquées. « Ce fut un peu difficile, voire frustrant, pour nous car nous avions une voiture qui pouvait être rapide. Mais, pour cela, nous avons dû pousser très, très fort et prendre beaucoup de risques, pas seulement chez Jota, mais tout le monde chez Porsche. Nous avons été nombreux à commettre des erreurs, ce qui n’est évidemment pas acceptable et ne correspond pas au niveau attendu. Evidemment, cela a coûté, à la plupart des Porsche, un bon résultat en course. C’est frustrant parce que la voiture devait être poussée très fort, mais elle avait le potentiel pour être rapide, Evidemment, nous regrettons un peu l’approche, mais nous retenons beaucoup de choses positives parce que nous avons vu que nous pouvions être compétitifs. »

António Félix da Costa (Jota) :

© Marc Fleury

Même avec six participations au compteur, António Félix da Costa apprend toujours des 24 Heures du Mans, une épreuve des plus compliquées. « Le Mans n’est pas une course que vous pouvez gagner dans les quatre ou cinq premières heures, mais vous pouvez certainement la perdre. La Peugeot 9X8 n’était probablement pas la voiture la plus compétitive, mais après 10 heures de course, ils étaient en tête et avaient l’air en forme. Cela montre à nouveau qu’au Mans il ne faut pas faire d’erreurs et garder la voiture propre. Même la Ferrari qui a gagné s’est retrouvée dans les graviers pendant deux ou trois minutes. Notre approche n’était pas correcte, la mienne non plus d’ailleurs. En me couchant après la course, je me suis dit qu’à 31 ans, j’apprenais encore beaucoup chaque jour. »

En plus de l’erreur de Yifei Ye en début de course qui a coûté beaucoup de temps, le Portugais est aussi allé de sa (grosse) faute à Indianapolis, un événement qui le marque encore maintenant ! « Cette sortie de piste au Mans m’a fait très mal parce que j’étais fier de dire qu’en huit ans d’endurance, je n’avais jamais compromis une course, jamais crevé un pneu, jamais rien égratigné sur une voiture de course. Cette fois-ci, je l’ai fait. Certes, la course était déjà compromise, mais ce n’est pas une excuse. Il ne faut jamais, au grand jamais, avoir un accident. Je suis donc déçu de moi-même. Mais, encore une fois, à mon âge, j’apprends encore beaucoup, c’est ce qui me rend heureux et au final, cela fera de moi un meilleur pilote d’endurance. »

© MPS Agency

L’après 24 Heures du Mans n’a pas été bien meilleur pour la Porsche 963 n°38 avec une 9e place en Hypercar lors des 6 Heures de Monza WEC. « Nous avons commencé la course sur une bonne note avec des décisions stratégiques intelligentes et avons même gardé la tête pendant un moment. Ensuite, nous avons rencontré des problèmes de logiciel et avons dû faire un arrêt supplémentaire pour changer le volant et tout redémarrer. Cela nous a coûté un tour et une pénalité supplémentaire parce que le limiteur de vitesse ne fonctionnait plus correctement. Nous avons tout de même profité de l’occasion pour faire beaucoup des tours et apprendre à mieux connaître la Porsche 963 en pneus course. »

© MPS Agency

En retrait depuis le début de la saison, surtout face aux ogres japonais et italien, la Porsche 963 doit progresser pour retrouver les meilleurs et le sommet des feuilles de classement. « Il faut  améliorer la voiture avec ce que nous avons actuellement même si je pense que pour lutter contre Ferrari et Toyota, nous avons besoin d’un peu d’aide au niveau du règlement. C’est nouveau pour tout le monde, les équipes essaient de placer la barre correctement, et la BOP est là pour ça, pour que tout le monde soit aussi proche que possible. Nous faisons donc confiance au processus, à la FIA et à l’ACO, nous les laissons faire leur travail. Cela va prendre un peu de temps, mais ce n’est pas grave. Ensuite, en tant qu’équipe, nous essayons de rendre la voiture un peu plus facile à conduire et pour obtenir de meilleurs temps au tour. Pour l’instant, comme je l’ai dit, nous devons pousser très fort mais vous ne pouvez pas piloter comme ça pendant 24 heures. »

Il reste encore deux courses avant de clore le chapitre WEC 2023 à Fuji et Bahreïn. Les objectifs de l’équipe Hertz Team Jota seront très simples comme António Félix da Costa l’explique : « apprendre, tout simplement, apprendre beaucoup. Nous n’avons ni le temps ni les pièces nécessaires pour faire des essais en ce moment. Ces week-ends nous permettent d’apprendre ce qui fonctionne ou pas, d’acquérir des connaissances sur la voiture. Nous devons juste connaître cette voiture rapidement et arriver mieux peut-être à Bahreïn, et être définitivement prêts pour l’année prochaine afin d’être à un niveau très compétitif sur toutes les pistes. »

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