Ferrari est enfin de retour dans la catégorie reine de l’Endurance, 50 ans après sa dernière apparition. La Ferrari 499P a été conçue et développée afin de permettre à la firme au Cheval Cabré de triompher en Championnat du Monde d’Endurance de la FIA sans tarder.
L’Hypercar italienne va disputer sa toute première course, les 1000 Miles de Sebring, ce vendredi 17 mars, sur un tracé qui a vu la firme de Maranello s’imposer à 12 reprises au classement général.
Antonello Coletta, le patron des Activités Sportives GT de Ferrari, nous a fait part de ses impressions et de ses objectifs après les premiers essais réalisés en Floride.
« La période de préparation est finalement terminée et nous sommes prêts pour la course, demain, » nous confie le Romain avant d’ajouter : « Nous sommes très heureux d’être ici et le rêve devient réalité. Nous espérons que le résultat sera à la hauteur du travail que nous avons accompli depuis le jour où nous avons pris la décision de faire ce retour dans la catégorie reine. »

© Nico Deumille
Que retenez-vous du Prologue et des premiers essais ?
« Le Prologue est une séance d’essais durant laquelle il est très compliqué d’évaluer le niveau de chaque voiture. Tous les constructeurs et tous les compétiteurs ont pour objectif de passer en revue le plus d’éléments possibles, nous les premiers. Nous avons connu un accident qui a engendré quelques problèmes, mais la cohésion de l’équipe était incroyable, le professionnalisme des mécaniciens a été parfait. La voiture a d’ailleurs fonctionné sans rencontrer le moindre problème durant les essais libres. Nous aurons une photographie plus claire de la situation après les qualifications et durant la course. »
Suite à l’accident, vous avez pris l’initiative de changer le châssis de la n°51 par mesure de précaution. Pourquoi ?
« Après l’accident, nous avons démonté la voiture pour estimer l’ampleur des dégâts. La fiabilité est déjà un gros point d’interrogation alors si vous avez déjà un doute sur le châssis, qui plus est pour la première course, ce n’est pas une situation sereine. Au début, nous avions décidé de ne pas changer le châssis. Mais après réflexion, nous nous sommes demandé pourquoi ne pas le changer et donc nous l’avons fait. Certes, cela représentait beaucoup plus de travail, mais c’était moins risqué. Nous aurons tout le temps de voir à l’usine si le châssis est en parfait état ou non. Le châssis qui a été monté est issu d’une ancienne voiture qui avait déjà roulé en essais. »

© MPS Agency
Au regard des essais, pensez-vous être là où vous l’imaginiez ?
« C’est compliqué. Nous espérons toujours être les mieux placés au classement (sourire). Nous avons beaucoup de respect pour tous les concurrents qui sont ici depuis très longtemps et pour les autres qui sont également importants et très compétents. Nous sommes ici pour gagner, mais c’est la première course et la fiabilité est le sujet majeur. Si la voiture est fiable, nous arriverons peut-être à atteindre le podium. Cependant, aujourd’hui, au moment où on se parle, nous ne connaissons pas le réel niveau de tout le monde. »
La voiture a l’air performante et régulière jusque-là. Qu’en pensez-vous ?
« De notre point de vue, c’est normal de penser que la voiture que nous avons construite est la meilleure. Pour le moment, la voiture a l’air très rapide et très régulière, mais ce n’est que le début du week-end. Nos concurrents ont fait beaucoup plus d’essais que nous et ont une connaissance bien plus importante de leur voiture. Chaque jour nous permet de découvrir différentes choses. Nous avons encore besoin d’un peu de temps, mais ce n’est pas une raison pour ne pas aller chercher le meilleur résultat possible. »

© MPS Agency
Depuis le premier déverminage en juillet dernier, vous avez enchaîné les séances d’essais jusqu’à une semaine du Prologue, avec trois jours à Portimão. Vous avez mis toutes les chances de votre côté pour arriver dans les meilleures conditions ?
« Nous avons réalisé tout cela en un temps extrêmement restreint. Je dois dire que l’équipe a travaillé d’une manière incroyable et c’est une chose très importante à signaler. C’est une nouvelle écurie en proto et elle a réalisé beaucoup de choses, beaucoup tests que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, une semaine sur deux. C’est quelque chose d’incroyable, mais dans tous les cas, c’est bien moins que les autres. Nous devons être réalistes sur la situation que nous connaissons depuis déjà quelque temps. Nous ne cherchons aucune excuse, c’est seulement la réalité. »
Les deux équipages allient jeunesse avec Antonio Fuoco, Nicklas Nielsen et Antonio Giovinazzi, et expérience avec Alessandro Pier Guidi, James Calado et Miguel Molina. Huit pilotes ont participé au développement, le choix n’était pas trop cornélien ?
« Nous avons confirmé les deux équipages de l’année passée, à savoir Pier Guidi/Calado et Molina/Fuoco. Ce sont exactement les mêmes. Nous avons fait les essais avec tous les pilotes, mais nous avons pris la décision, non sans mal, car honnêtement, tous les pilotes ont bien travaillé et avaient la même vitesse. Nous sommes très chanceux d’avoir un bon effectif de pilotes, mais le choix s’est porté sur Antonio (Giovinazzi) et Nicklas (Nielsen). Nous avons l’impression d’avoir fait le meilleur choix possible en termes de régularité, de vélocité et d’expérience. Durant la première saison, nous avons besoin de voir beaucoup de choses. Pas seulement la vitesse, mais surtout la capacité à travailler ensemble pour développer la voiture course après course. C’est très important pour moi que les pilotes qui ne sont pas titulaires continuent d’être impliqués. Nous sommes une grande famille et je crois que la relation entre tous les pilotes Ferrari est très bonne et c’est un aspect primordial pour nous. »
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