| 21 avril 2025 | par

Alpine abat sa carte maîtresse à Imola

© MPS Agency

Grâce à une stratégie audacieuse parfaitement exécutée et un trio de pilotes solide, l’Alpine A424 n°36 s’est offert un podium de prestige aux 6 Heures d’Imola. Une performance construite sur une stratégie audacieuse et une exécution millimétrée.

Parties 6e et 8e sur la grille, les deux Alpine A424 avaient affiché un bon niveau de performance en qualifications, puis en Hyperpole. Mais sur un tracé aussi étroit et piégeux qu’Imola, où les dépassements sont rares, le vrai enjeu se jouait ailleurs : dans la gestion des pneus, du carburant et de la fameuse “track position”. C’est là que la n°36 s’est distinguée.

« On en est à calculer les secondes au pit-stop pour ressortir l’un devant l’autre, écourter… On gagne deux secondes ici ou là. C’est vraiment un sprint à l’état pur, » résume Philippe Sinault. Le Team Principal d’Alpine Endurance Team souligne à quel point chaque détail comptait ce week-end : « Si tu m’avais dit qu’on ferait podium après les trois premiers relais, je n’y aurais pas cru. Mais c’est tellement serré que le moindre faux pas se paie cash. »

Le tournant stratégique est venu peu avant la mi-course, lorsque l’équipe décide de chausser les pneus Soft sur la n°36, avec Jules Gounon au volant. À ce moment-là, toutes les autres Hypercar roulent en Medium, plus polyvalents. Un choix risqué ? Oui, mais mûrement réfléchi.

Alpine joue la carte maîtresse à Imola

© MPS Agency

« On a mis les soft très tôt avec moi, pour deux raisons », détaille Jules Gounon. « D’abord pour contrer les mediums avec des tours de sortie rapides, ensuite parce qu’à Imola, la position en piste est capitale. Malheureusement, un Full Course Yellow est tombé juste après mon arrêt, donc je n’ai pas vraiment profité du potentiel du pneu au début, mais on a réussi à garder notre place dans le groupe de tête. C’était une décision clé. »

Au même moment, l’incertitude météorologique régnait avec un ciel chargé pouvant potentiellement laisser s’échapper une averse. « Quand je boxe, il y avait quelques gouttes. On hésitait entre medium et soft, et j’ai poussé pour qu’on mette les softs. S’il pleuvait, on aurait eu un avantage. Finalement, ça s’est bien goupillé. »

Le coup parfait dans le money time

C’est dans le dernier tiers de la course que la stratégie Alpine a pleinement pris tout son sens. Avec la baisse des températures et la piste restant sèche, l’équipe décide de faire deux relais raccourcis, carburant léger et pneus Soft pour Mick Schumacher. Un plan exécuté à la perfection.

« On a été très agressifs. Plutôt que de faire un dernier plein, on a divisé en deux relais moyens pour permettre à Mick de pousser fort tout le temps, sans dégrader les pneus. Il était en Soft, quand d’autres restaient en Medium, et ça a payé, » se réjouit Sinault. « Quand il avait des tours clairs, il roulait en 1:33, et à ce rythme-là, tu reprends 5 ou 6 secondes. C’est ce qui nous met devant la BMW et la Ferrari n°83 à la fin. »`

Alpine abat sa carte maîtresse à Imola

© Alpine / DPPI

Pour Gounon, ce podium a une saveur particulière : « C’est mon premier en Hypercar, et franchement, ça fait plaisir. L’année dernière, on avait peur des Softs, on ne voulait jamais les mettre. Là, on a changé de philosophie. On a bossé dur cet hiver, l’arrivée de Fred (Makowiecki) et de Nico (Lapierre) a beaucoup aidé techniquement. Et aujourd’hui, je me retrouve avec de Vries derrière moi, qui ne passe pas. C’est gratifiant. »

La n°35 freinée par les aléas et une stratégie différente

De l’autre côté du garage, la n°35 a connu une course bien plus difficile, conclue à la 13e place. En cause, une stratégie différente et quelques erreurs de pilotage.

« C’est un résultat décevant, » concède Ferdinand Habsburg avant d’ajouter : « Mais on peut se rassurer en voyant que le rythme était tout aussi bon. Tout s’est joué sur des erreurs ou l’absence d’erreurs, et malheureusement, même si nous étions très proches de la voiture sœur à deux heures de la fin, quelques problèmes de communication et des divergences dans les décisions nous ont coûté cher en termes de position finale. »

Alpine abat sa carte maîtresse à Imola

© MPS Agency

Après la deuxième intervention de la voiture de sécurité, un arrêt prolongé a encore davantage compromis les espoirs de la n°35. Un souci électrique a empêché les feux arrière de fonctionner correctement, nécessitant le remplacement complet du bloc arrière.

« On n’était pas sur les mêmes gommes ni sur les mêmes timings de ravitaillement et de gestion d’énergie, » précise Habsburg. « C’est une part importante du jeu. Nous avons beaucoup d’éléments à analyser, mais l’équipe est très optimiste, et c’est cet état d’esprit qu’on veut utiliser comme tremplin pour Spa et Le Mans. »

Malgré cela, Habsburg reste optimiste : « Le résultat global est bon pour l’équipe, le package s’améliore, et il y a encore beaucoup de choses à perfectionner, ce qui est encourageant pour Le Mans. »

Avant cela, les Bleus ont rendez-vous le 10 mai prochain pour les 6 Heures de Spa-Francorchamps.

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24
À propos de l'auteur, Florian Defet

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