Dix ans après ses débuts en sport automobile en Mitjet, en 2013, Adrien Chila a été couronné champion de la catégorie LMP3 de l’European Le Mans Series, le week-end dernier à Portimão.
Ce gentleman driver, propriétaire et dirigeant d’une société de transport éponyme, a parfaitement rempli son rôle en tant que troisième pilote, aux côtés de Marcos Siebert et Alejandro Garcia, au volant de la Ligier JS P320 n°17 de COOL Racing. Adrien Chila s’est entretenu avec Endurance24 pour partager son expérience.
Quel bilan tirez-vous de cette saison marquée par le titre ?
« C’est une très belle saison qui a très bien démarré. On a marqué tous les points à Barcelone et ça nous a lancés pour la saison. Ensuite, on n’a fait que dérouler. On a parfois été chanceux. Parfois, on a eu des ingénieurs, on a eu la bonne idée, la bonne stratégie, mais ça n’enlève en rien que nous avons été tous les trois, Marcos, Alex et moi, on a été très réguliers, on a essayé de gérer nos courses smart pour mener le championnat, parce que c’était vraiment notre but ultime. Le remporter sur cinq courses, avec quatre podiums, dont trois victoires, c’est fantastique. L’équipe est incroyable. Elle a été parfaite tout au long de la saison. Elle nous aide, elle nous appuie, ne serait-ce que Nicolas Lapierre, avec son expérience de pilote, il a toujours le petit mot pour nous relancer quand on a un petit coup de moins bien. Et puis, toute l’expérience et le travail minutieux de l’équipe. »

© Nico Deumille
Il s’agissait également de votre première année avec COOL Racing ?
« Oui, effectivement, mais l’osmose était déjà bien entamée car l’ingénieur de course est mon ingénieur de 2019 lorsqu’on a eu des succès avec Nicolas Schatz en Michelin Le Mans Cup. On a toujours gardé contact parce qu’on a eu un côté humain qui nous a, un petit peu lié. Il m’a beaucoup aidé à m’intégrer, mais le reste de l’équipe est très sympathique. Moi, j’aime les choses assez rigides et je me sens bien dans un système rigide. Et là, tout est prévu à l’avance, donc moi, je me sens comme un poisson dans l’eau. »
Y compris avec vos coéquipiers ?
« OuI. Avec Marcos, on se connaissait l’année dernière chez Eurointernational. On a gardé contact suite à ça puisqu’on n’a pas pu terminer la saison. On est resté en contact et c’est Marcos qui s’occupait un peu du programme d’Alex Garcia. Et puis, ils m’ont choisi comme Bronze. On a ensuite testé ensemble, parce que j’avais envie de venir chez COOL. Et le mariage s’est ainsi fait. »

© Jules Beaumont
Le rôle du pilote Bronze est d’autant plus important dans cette catégorie. Vous semblez avoir parfaitement joué cette carte ?
« Oui, j’ai vraiment fait de mon mieux. J’ai géré les courses du mieux que je pouvais. Parfois, je n’étais pas le plus rapide, mais sur toutes les courses, j’ai été dans le haut du tableau des Bronze. J’ai vraiment essayé de faire des courses intelligentes, de ramener la voiture sans l’abîmer. De toute façon, le secret, c’est ça, c’est de finir les courses et être dans les points. On voit très bien qu’il se passe tellement de choses chez nos concurrents, des petites bêtises, que ce soient les Silver, les Bronze. Il faut garder la tête basse et se concentrer sur ce qu’on a à faire. »
Avec ce titre en poche qui a permis d’offrir une invitation aux 24 Heures du Mans à l’équipe, quelle est la suite pour vous, en 2024 ?
« Alors, moi, malheureusement, ce ne sera pas le programme LMP2 pour Le Mans, faute de budget, ça, c’est certain. Mais je ne sais pas. On discute, possiblement refaire une saison avec COOL Racing en ELMS. Malheureusement, en termes de budget, c’est ce qu’il y a de mieux qui se présente à moi, compte tenu de ce que je suis capable de financer. »
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