À l’occasion des 6 Heures de Barcelone, septième manche d’un championnat au calendrier remanié, Michelin fait débuter une nouvelle génération de pneus « Wet » intégrant 57 % de matériaux renouvelables et recyclés, contre 45 % pour la précédente. Un saut technologique qui s’accompagne de gains en adhérence, en longévité et en résistance au blistering, sur un tracé catalan que le manufacturier annonce comme le plus exigeant de la saison pour les pneumatiques.
La nouveauté de ce week-end espagnol ne se voit pas sur la grille, mais dans les travées des stands. Michelin introduit à Barcelone une nouvelle génération de pneumatiques pluie, reconnaissables à leurs flancs bleus, dont la formulation de gomme intègre désormais 57 % de matériaux renouvelables et recyclés. La précédente génération plafonnait à 45 %.
Cette progression, qui a nécessité de profondes évolutions technologiques selon le manufacturier clermontois, ne s’est pas faite au détriment de la performance, bien au contraire. Michelin annonce une adhérence améliorée sur sol mouillé, une longévité accrue et surtout une meilleure résistance au blistering, ce phénomène de formation de cloques lié à la surchauffe qui guette les pneus pluie lorsque la trajectoire commence à s’assécher. De quoi offrir aux équipes une fenêtre d’utilisation élargie dans les conditions changeantes, et une transition plus souple vers les slicks.
Ce nouveau pneu rejoint la gamme Michelin Pilot Sport Endurance, qui équipe l’intégralité du plateau Hypercar et dont les gommes slicks contiennent pour leur part 50 % de matériaux renouvelables et recyclés.

© Julien Delfosse / DPPI
Barcelone, le plus gros défi de la saison pour les pneumatiques
Le choix du moment n’est pas anodin : le Circuit de Barcelona-Catalunya, découvert cette année par les Hypercars à la faveur d’un calendrier réaménagé, s’annonce comme le tracé le plus sévère de la saison pour les enveloppes.
Long de 4,657 km et composé de 14 virages — huit à droite, six à gauche —, le circuit catalan combine longues courbes rapides et portions techniques, sur un revêtement abrasif qui met les trains de pneus à rude épreuve, particulièrement du côté gauche. Le virage 3 et les deux dernières courbes rapides, empruntées depuis la suppression de la chicane finale en 2023, figurent parmi les passages les plus éprouvants.
Pierre Alves, manager des programmes Endurance de Michelin Motorsport, détaille les contraintes attendues : « Ici, la vitesse moyenne devrait être comparable à celle de São Paulo ou de Bahreïn. En revanche, les pneumatiques subiront des sollicitations très importantes, avec des accélérations latérales supérieures à 2 g sur environ un tiers du tour. Trois freinages particulièrement appuyés, à l’approche des virages 1, 5 et 10, viennent accentuer ces contraintes. Le Circuit de Barcelona-Catalunya présente ainsi la plus forte densité énergétique pour les pneumatiques de toute la saison. Les pneus du côté gauche seront davantage sollicités que ceux du côté droit. Nous pourrions donc voir les équipes effectuer des doubles relais avec les pneus droits, tout en remplaçant les pneus gauches après un seul relais. Ces choix dépendront également des conditions météorologiques et de la température de la piste. »
Un terrain inédit, mais pas inconnu
Si les Hypercars n’ont jamais couru à Barcelone, Michelin n’y débarque pas en terrain vierge. « Nous sommes venus à Barcelone pour le prologue de la saison 2019 quand nous équipions les LM P1, mais aussi à l’occasion des championnats European Le Mans Series et en Michelin Le Mans Cup », rappelle Pierre Alves, qui estime que cette expérience permet « de bien appréhender le tracé et ses spécificités », même si les données propres aux Hypercars diffèrent.
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