Deux mois après nos révélations sur l’intérêt du géant chinois Geely pour la reprise du programme Hypercar d’Alpine, le climat a bien changé. Ce qui ressemblait à une piste sérieuse en juillet s’est mué en attente, puis en incertitude. À l’occasion de la reprise du FIA WEC à Austin, les signaux glanés par Endurance24 ne sont guère encourageants, alors qu’une échéance interne pour valider une continuité en 2027 approche à grands pas.
Un été qui devait tout changer
Lorsque nous révélions l’intérêt de Geely au début du mois de juillet, l’enthousiasme était de mise. Les échos consécutifs à la venue en France d’émissaires du groupe, fin juin, sur les deux sites stratégiques du programme, à Viry-Châtillon comme à Bourges où est basée la structure de Philippe Sinault, force vive opérationnelle du projet, étaient alors positifs.
Confiant, le patron de Signatech nous avait alors déclaré : « Il y a quelqu’un qui a pris le temps de regarder précisément qui on était, ce qu’on faisait, que ce soit à Viry ou à Bourges. Ça me fait dire qu’on travaille sérieusement sur des perspectives. Le fait qu’on discute, qu’il y ait des rendez-vous et des échanges réguliers, ça crée forcément de la confiance. La bonne chose, c’est qu’il y a des perspectives qui se dessinent. Maintenant, il n’y a aucune certitude. […] J’espère sincèrement qu’on aura des choses à dire courant de l’été, avant sa fin. »

© Alpine / DPPI
Avec le recul, ces « perspectives » évoquées par Philippe Sinault renvoyaient vraisemblablement à une échéance bien concrète : la signature attendue d’un protocole quelques semaines plus tard. Un protocole qui, selon nos informations, n’aurait finalement pas été signé et ce, en débit d’une nouvelle rencontre réalisée. Dans le même temps, alors qu’il était encore question de formaliser cet intérêt, des propositions de contrat devaient être adressées aux pilotes durant l’été. Là encore, rien ne s’est concrétisé, les négociations n’ayant jamais dépassé le stade de l’intention.
Des prochains jours décisifs
De ce que l’on comprend de cette situation pour le moins complexe, le programme Hypercar s’inscrit dans des discussions bien plus vastes, qui relèveraient avant tout de sujets industriels entre les deux groupes. La reprise du programme construit autour de l’A424 n’en serait qu’une composante parmi ces négociations d’ampleur, dans lesquelles Renault Group est à la manœuvre face à ses homologues chinois. Et pour cause, sur le plan capitalistique, Alpine Racing, qui avait dans un premier temps acquis 49 % du Groupe Signature, détiendrait désormais la totalité, synonyme de contrôle total sur la structure.
L’enthousiasme du début d’été a donc laissé place à une attente et à une incertitude grandissantes. C’est dans ce contexte que nous avons pris la direction des États-Unis, nos questions sur le sujet en poche. Mais au moment de l’entretien avec Philippe Sinault, organisé bien en amont, il nous a été demandé de les mettre de côté : aucune prise de parole ne serait accordée sur le dossier.
On conviendra que si les nouvelles avaient été bonnes, même sans être encore finalisées, le discours aurait sans doute été préparé et les visages moins fermés. Ce n’était clairement pas l’état d’esprit observé dans le paddock texan. En interne, chacun s’interroge sur la suite sans être aujourd’hui en mesure d’y répondre. Une chose semble toutefois se préciser : la date limite aurait été fixée à la mi-septembre. Autant dire que les prochains jours seront décisifs pour l’avenir du programme bâti autour de l’A424.
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