| 7 septembre 2026 | par

Toyota, la victoire envolée à 11 minutes de l’arrivée

© Andrea Lorenzina / DPPI

Alors que la Toyota n°7 semblait filer vers une victoire qui aurait dû lui permettre de creuser l’écart au championnat, un problème hydraulique inédit en a décidé autrement à Austin. Nyck de Vries et David Floury décryptent ce dénouement cruel, au terme d’une course pourtant globalement maîtrisée par le clan japonais.

Partis respectivement 7e et 9e sur la grille, les deux TR010 Hybrid ont rapidement intégré le top 6, avant d’opter pour des stratégies d’essence différenciées, évoluant toutes deux dans le top 3 durant les deux premières heures. La première neutralisation, intervenue à mi-course, a resserré les écarts : à la relance, de Vries s’est illustré par trois dépassements audacieux dans le premier virage pour se hisser en tête, avant de céder le volant à Kamui Kobayashi, qui a conservé la position sous la pression des deux Alpine.

La n°8 s’est également positionnée comme sérieuse candidate au podium, Ryō Hirakawa évoluant en 3e position à 90 minutes du drapeau à damier, avant qu’un drive-through pour excès de vitesse dans la voie des stands ne le fasse chuter en 7e place. Une Virtual Safety Car, déclenchée juste après, a aggravé la situation : pendant que ses rivaux s’arrêtaient à moindre coût sous la neutralisation, la n°8 dégringolait au 14e rang.

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© Andrea Lorenzina / DPPI

Une panne « jamais rencontrée auparavant »

À la relance suivante, à 45 minutes du terme, de Vries, revenu au volant, a enchaîné les meilleurs tours pour creuser l’écart en tête — jusqu’à ce qu’un problème hydraulique le contraigne à l’abandon, à 11 minutes seulement de l’arrivée.

« Nous avons perdu la pression hydraulique », résume David Floury, qui assure n’avoir « jamais rencontré ce problème auparavant » sur la TR010 Hybrid. De Vries confirme l’absence totale d’alerte : « C’est venu assez soudainement. Au tour précédent, j’ai commencé à entendre et à sentir des choses un peu étranges, mais je n’y ai pas trop prêté attention sur le moment. Puis, en sortant du virage 9, j’ai perdu la direction assistée et une alarme hydraulique s’est déclenchée. On perd alors la direction assistée, les passages de vitesse, et c’était terminé. Il n’y avait rien à faire. »

Le Néerlandais tient malgré tout à souligner le travail d’ensemble réalisé par l’équipe : « On était là quand ça comptait, on a fait les bons mouvements au bon moment, et on s’était mis en position de marquer de bons points pour le championnat. Mais malheureusement, ce n’était pas écrit. C’est dommage pour tout le monde de manquer cette opportunité, mais c’est un sport dangereux, où ce genre de choses peut arriver. C’est la course : parfois la pièce tombe du bon côté, parfois non. Très déçu et malheureux, mais il faut l’accepter et avancer. »

La n°8 sauve les meubles 

Après sa chute au 14e rang, la n°8 semblait promise à une course anonyme. C’est finalement Sébastien Buemi, au volant pour le dernier relais, qui a inversé la tendance avec une série de dépassements pour ramener la voiture jusqu’à la 6e place.

« On avait le rythme, mais ce n’était pas notre jour, » a reconnu Hirakawa. « Malheureusement, quand je suis monté dans la voiture pour mon relais, il y a eu un problème système qui nous a fait perdre du temps pour repartir, provoquant ensuite cet excès de vitesse dans la voie des stands — la Toyota ayant été flashée à 63,76 km/h, pour une limite fixée à 60 km/h —, qui nous a valu le drive-through. Je suis vraiment désolé pour ce qui est arrivé à la n°7. Ce n’était pas notre course, mais il va falloir travailler dur pour ne plus revivre ça. La prochaine course, c’est Fuji, où on veut retrouver le podium. »

Toyota, la victoire envolée à 11 minutes de l'arrivée

© Julien Delfosse / DPPI

Toyota conserve la tête, sans marge de sécurité

« On s’est battus dur ici, mais c’est dommage, parce qu’on avait l’opportunité de marquer de bons points avec les deux voitures. En fin de compte, on repart avec peu de choses, » résume David Floury.

Ce résultat en demi-teinte n’empêche pas Toyota de conserver la tête du championnat constructeurs, avec désormais neuf points d’avance sur BMW à trois manches du terme. Côté pilotes, le trio de la Toyota n°7 ne marque aucun point, tout comme celui de la BMW n°20, ce qui permet aux pilotes de la Toyota n°8 de revenir à 11 unités.

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

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