| 6 septembre 2026 | par

« Elle était pour nous » : L’occasion manquée d’Alpine en Hyperpole

© Frederic Le Floc'h / DPPI

Malgré des Alpine A424 visiblement compétitives, capables du meilleur temps dans les trois secteurs de l’Hyperpole, ni Victor Martins ni Charles Milesi n’ont réussi à transformer cet essai en pole position lors des qualifications du Lone Star Le Mans, sur le Circuit des Amériques. Un rendez-vous manqué que les deux pilotes n’ont pas caché à l’issue de la séance.

Sur le papier, la marque française avait les armes pour s’emparer de la première place de la grille. Victor Martins a signé le meilleur temps dans chacun des trois secteurs de l’Hyperpole, pour un tour théorique en 1:52.130 — un chrono qui aurait devancé la pole d’Antonio Giovinazzi, réalisée en 1:52.445. Mais entre la théorie et la réalité du chronomètre, l’écart s’est creusé : Martins n’a finalement signé que le 6e temps (1:52.886, + 0,441 s), tandis que Milesi, sur la voiture sœur, s’est classé 3e, à seulement trois centièmes de la pole.

Victor Martins, la pole envolée sur des détails

Auteur du meilleur temps des qualifications initiales, Victor Martins peine à cacher sa frustration après une Hyperpole manquée. « Très bonne qualif au début, je termine deuxième après un très bon tour. La voiture marchait très bien, j’étais très content de moi. Mais en Hyperpole, pas du tout content, je ne fais pas une bonne séance. Sur mon premier tour, je me suis fait gêner par une Ferrari. Je relâche, alors que si j’avais simplement terminé le tour, je faisais la pole. J’ai donc relâché au mauvais moment, et pareil sur mon dernier tour : j’ai enchaîné trois pushs d’affilée, les pneus n’étaient plus là. Je suis très déçu, parce qu’on aurait dû faire la pole. Sans l’enlever à quiconque, elle était pour nous. »

Le Français confirme avoir eu les données en main pour viser la première place : « Les trois secteurs étaient violets. Si je mettais tout ensemble, ou même simplement en finissant mes deux tours sans relâcher, je la faisais. Donc je suis un peu frustré. »

« Elle était pour nous » : L'occasion manquée d'Alpine en Hyperpole

© Charly López / DPPI

Charles Milesi, troisième malgré une erreur dans le dernier secteur

Sur la voiture sœur n°35, Charles Milesi reconnaît lui aussi une séance imparfaite. « Ce n’était pas la meilleure qualif que j’ai faite, ni en qualif ni en Hyperpole. Je n’étais pas très à l’aise avec la voiture, avec un peu plus de survirage que prévu. Par rapport à hier en essais libres, c’était un peu moins bien. Mais c’est déjà bien d’arriver à peu près à mettre le tour ensemble. »

« On loupe la pole de pas grand-chose car je fais une erreur dans le dernier secteur. Si on prend la globalité, ce n’est pas si mal de se retrouver troisième, à trois centièmes de la pole. C’est une bonne position de départ pour demain. C’est sûr qu’on aurait bien aimé mettre les deux voitures en première et deuxième position, parce que je pense qu’on en avait la possibilité. Mais on a déjà vu que les voitures qui partaient en tête n’allaient pas forcément gagner le lendemain. C’est bien pour toute l’équipe, et pour nous en tant que pilotes, de pouvoir s’élancer devant et signer une pole. Mais je pense que ce sera vite oublié demain, en fonction de la façon dont se passera le départ — ça peut aussi bien se passer que mal se passer. »

Pneus et consommation, les inconnues de la course

Les deux pilotes s’accordent sur les incertitudes qui pèseront sur la course de dimanche. « On a essayé le Hard sur notre voiture, mais c’est kif-kif avec le Medium, ça va surtout se jouer sur la dégradation », résume Martins, qui espère transformer les progrès de la voiture en top 5. Milesi pointe une seconde variable à surveiller : « Sur la stratégie, avec les pneus et la consommation d’essence, je pense qu’il y aura quelques sujets à jouer de ce côté-là. »

À noter que ce potentiel affiché par Alpine n’échappe pas non plus à ses rivaux, qui voient également le clan français capable de performer dimanche si l’exécution est cette fois à la hauteur du rythme affiché, point sur lequel l’écurie française a pu pécher par le passé cette saison.

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

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