| 5 juin 2026 | par

Cadillac « devrait être dans le coup » au Mans selon Bourdais

© MPS Agency

Pole position l’an dernier, première ligne verrouillée, mais une course qui avait rapidement échappé au clan américain. Douze mois plus tard, Cadillac revient aux 24 Heures du Mans avec une V-Series.R revue et corrigée. Pour Sébastien Bourdais, tous les ingrédients semblent réunis pour jouer aux avant-postes.

Le souvenir est encore frais. En 2025, Cadillac Hertz Team JOTA avait créé la sensation en monopolisant la première ligne des 24 Heures du Mans grâce à Alex Lynn et Earl Bamber. Une démonstration sur un tour qui n’avait cependant pas résisté à l’épreuve des 24 heures, les Cadillac manquant notamment de vitesse de pointe face à leurs rivales.

Un an plus tard, le constat est clair : Cadillac a travaillé sur ses points faibles. « On est là pour gagner », affirme d’emblée Sébastien Bourdais lors du Pesage. « On a une voiture que maintenant on connaît bien, c’est la deuxième année pour l’équipe. On devrait avoir les armes pour se battre. Et si ça veut sourire, on devrait être là. »

L’hiver a notamment été mis à profit pour exploiter les possibilités offertes par la réhomologation des Hypercars. General Motors et Dallara ont travaillé sur plusieurs évolutions aérodynamiques destinées à améliorer l’efficacité de la Cadillac V-Series.R dans les conditions spécifiques du Mans. L’objectif était de corriger l’un des principaux points faibles observés en 2025 : un déficit de vitesse de pointe qui compliquait les dépassements et la défense en course.

« L’équipe a beaucoup bossé, GM, Dallara et tout le monde ont vraiment essayé, avec les réhomologations, de réajuster l’aéro de la voiture pour qu’on se retrouve plus performants dans les conditions de course, qu’on ait clairement plus de V Max et qu’on soit un peu plus en ligne avec ce qui se fait chez les autres. Comme tout le monde a réhomologué, c’est difficile d’avoir la lecture globale certaine, mais je pense qu’on devrait être dans le coup, » explique le Manceau. « On a vu que la voiture était très performante l’année dernière sur un tour, mais ce n’est pas comme ça que tu gagnes Le Mans si tu te fais doubler en ligne droite et que tu ne peux pas doubler. »

Cadillac

© FIA WEC / DPPi

Le Mans, premier véritable révélateur

Reste désormais à savoir si les modifications apportées ont permis à Cadillac de franchir le cap attendu. Une réponse que l’équipe ne découvrira réellement qu’en piste.

« C’est la première fois vraiment où tu mets la voiture sérieusement au-dessus de 300 km/h. C’est la première fois où tu vas savoir où tu en es au niveau aéro, au niveau traînée et à quel point ça va te coûter face aux Porsche et aux autres.

Je pense qu’on a fait le boulot. Après, où tu te situes par rapport à la concurrence, c’est difficile à dire. Mais il y a eu énormément de travail. À partir de là, quand tu sais que tout le monde a retourné tous les cailloux et qu’il n’y a rien eu de laissé au hasard, tu peux te sentir bien par rapport à l’effort qui a été fait. »

Le contexte est également différent pour Cadillac Hertz Team JOTA, qui dispute sa deuxième saison avec le prototype américain. Une continuité technique et opérationnelle qui pourrait faire la différence dans une épreuve où l’exécution est souvent aussi importante que la performance pure.

Cadillac

© FIA WEC / DPPI

Les pneus Michelin, l’autre inconnue

Comme l’ensemble du plateau Hypercar, Cadillac devra également composer avec la nouvelle gamme Michelin introduite cette saison.

« Les fenêtres d’utilisation ont changé. Le warm-up est clairement un petit peu meilleur donc globalement ça va dans la bonne direction. Mais ce n’est pas non plus un changement extraordinaire qui met tout le monde à se gratter la tête. »

Si Cadillac semble confiante, le coéquipier d’Earl Bamber et Jack Aitken refuse toutefois de sous-estimer la concurrence. « Ferrari a gagné trois fois de suite, donc si tu ne les mets pas favoris… Je ne pense pas qu’ils aient oublié les recettes qui ont marché les trois premières années. » Mais c’est surtout Toyota qui attire son attention. « Très franchement, je pense que Toyota fait partie des favoris. Quand tu regardes les deux premières courses et que tu vois qu’ils sont capables de faire à peu près le même chrono sur trois relais, du premier au dernier tour, ça me laisse un peu perplexe. »

Sur le papier, la bataille sans plus ouverte que les autres années en raison des différentes nouveautés sur les voitures et des nouveaux pneus Michelin. De quoi nous tenir en haleine jusqu’au week-end prochain…

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

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