| 8 juin 2025 | par

Ferrari « plus à l’aise dans tous les domaines » avant d’aborder les 24 Heures du Mans

© Arthur Chopin

Forte de deux victoires consécutives et d’un début de saison parfait en WEC, Ferrari revient au Mans sans bouleverser sa méthode. L’expérience et la gestion restent les maîtres-mots.

Tenant du titre deux années de suite dans la Sarthe, Ferrari arrive au Mans avec une dynamique particulièrement favorable. Trois courses, trois victoires en WEC cette saison. Mais pas question de changer une méthode qui a fait ses preuves. « Absolument pas », répond Batti Prigliasco, team manager de Ferrari – AF Corse. « L’année dernière et l’année précédente, notre approche a fonctionné. On connaît bien la voiture, les gens, la piste. Il n’y avait aucune raison de tout remettre en question. »

Ferrari n’a donc pas programmé de test d’endurance spécifique à l’approche du Mans, comme c’était encore le cas lors de la première année du projet. « La voiture est fiable, performante, on l’a montré. Nous avons seulement fait un petit test aérodynamique pour valider les pièces de rechange. L’objectif maintenant, c’est de garder la performance, mais surtout la concentration des équipes. »

Cette stabilité se retrouve aussi du côté des pilotes. Antonio Fuoco, vainqueur en 2024 avec Miguel Molina et Nicklas Nielsen, aborde sa troisième participation avec la 499P sans nervosité particulière. « Honnêtement, je ne ressens pas de pression. Chaque édition apporte une pression différente. Mais on a l’expérience pour la gérer. »

Pour lui, les progrès réalisés sont visibles depuis l’ouverture de la saison. « En tant qu’équipe, on se sent vraiment bien. On contrôle plus de choses, on est plus relax. L’expérience avec la voiture joue beaucoup. En 2023, on découvrait tout. Là, on est plus préparés, plus à l’aise dans tous les domaines. »

Ferrari

© Arthur Chopin

Au cœur des préoccupations techniques : la gestion des pneumatiques. « C’est ce qu’on a vraiment travaillé cette année, avec l’aéro », insiste Prigliasco. « Ce n’est pas une question de voiture, mais de comment on utilise les pneus : la température, la pression, la façon de freiner pour ne pas les user trop vite. Le double relais devient crucial, et aujourd’hui, tout le monde essaie de ne changer que deux pneus sur quatre pour gagner du temps. »

Antonio Fuoco confirme l’importance de cette finesse d’exploitation en course : « Quand tu es dans le trafic, les pneus avant peuvent monter très vite en température. Si tu pousses trop à ce moment-là, tu les détruis. Il faut savoir gérer ça intelligemment. »

Même s’ils sont les favoris désignés, les Italiens se méfient d’une opposition de plus en plus large. « Avant, on pouvait identifier deux ou trois rivaux. Aujourd’hui, ils sont cinq ou six à pouvoir gagner », résume Prigliasco. « Toyota, Porsche, Cadillac, Alpine, BMW… Tout le monde est proche. Le niveau est tellement élevé que ça se joue sur des détails. »

Fuoco s’attend également à une compétition serrée : « On verra plus clair après la Journée Test, mais on sait que Toyota et Porsche seront là, et BMW aussi. Chaque année, l’écart se resserre. »

La nouvelle formule de l’Hyperpole, avec deux pilotes par voiture, ne change pas fondamentalement la philosophie de l’équipe. « Ce qui compte, c’est la course », affirme Prigliasco. « Si l’Hyperpole vient, tant mieux. Sinon, ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est d’avoir une voiture fiable sur 24 heures. »

Même en cas de victoire potentielle d’une voiture cliente, comme la n°83 d’AF Corse, soutenue par Ferrari, la politique est claire : « Si la 83 doit gagner, elle gagnera. Même si une voiture officielle est derrière. Ce serait un beau problème. On ne leur enlèvera pas une victoire méritée. »

L’objectif d’un triplé est bien présent, mais l’approche reste mesurée. « C’est un rêve magnifique, oui », conclut Prigliasco. « Mais Le Mans ne pardonne rien. Il faut rester humble, tout peut basculer sur un détail. »

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

Les articles similaires

Les derniers articles

Monza : Dernière sortie pour Malthe Jakobsen au volant de la Peugeot 9X8

Monza : Dernière sortie pour Malthe Jakobsen au volant de la Peugeot 9X8

Le Team Peugeot TotalEnergies boucle sa saison dimanche 8 novembre sur un tracé qui lui doit beaucoup : c’est à Monza que la 9X8 a débuté en WEC en 2022, et à Monza qu’elle a signé son premier podium un an plus tard. Ce sera aussi la dernière course de Malthe Jakobsen...

L’affiche des 24 Heures du Mans 2027 se passe de voiture

L’affiche des 24 Heures du Mans 2027 se passe de voiture

L’Automobile Club de l’Ouest a dévoilé l’affiche officielle de la 95e édition des 24 Heures du Mans, à la veille de l’ouverture de la billetterie. Conçue comme une pochette d’album, elle place un pilote anonyme au centre de la composition et laisse la voiture hors...

Le Castellet ouvre l’Asian Le Mans Series avec 46 voitures

Le Castellet ouvre l’Asian Le Mans Series avec 46 voitures

Délocalisée en Europe, l’Asian Le Mans Series lance sa saison 2026/2027 les 14 et 15 novembre au Castellet avec 46 voitures réparties en trois catégories, dont deux Ferrari 499P qui signeront la première apparition de la catégorie Hypercar dans le championnat. Les...

Annonces

Soyez au courant des dernières actualités du monde de l'Endurance par mail !

Loading