| 2 juin 2025 | par

Nicolas Minassian (IDEC Sport) : « Jamais je n’aurais pensé avoir André (Lotterer) dans mon équipe »

IDEC Sport fête cette année ses dix ans d’existence. Et pour sa neuvième participation aux 24 Heures du Mans, l’écurie basée à Signes aligne deux Oreca 07. Un engagement solide, porté par une vision claire : viser haut, sans fanfaronner.

L’équipe varoise reste sur un podium (3e place) décroché en 2024 dans la catégorie LMP2. De quoi nourrir des ambitions légitimes. Mais Nicolas Minassian, team principal, préfère la discrétion aux grands discours : « Le Mans, je la connais. J’y suis allé 17 fois en tant que pilote, et 8 ou 9 fois comme manager. Bien sûr que j’ai envie de la gagner ; je ne suis d’ailleurs pas passé loin en tant que pilote (2e en 2008 avec Peugeot. Ndlr). Mais dire qu’on part pour gagner serait prétentieux. Ce que je veux, c’est qu’on fasse notre course sans rien se reprocher : préparation, pilotage, exécution. Si chacun fait son boulot à fond, on pourra être fiers. Le résultat viendra peut-être… ou pas. C’est Le Mans. Mais la fierté d’avoir bien travaillé, elle reste. »

Sur la n°28, Paul Lafargue, pilier de l’écurie qui porte le nom du grand groupe industriel familial dont il est issu, partage le volant avec le régulier Job van Uitert et le prometteur Mexicain Sebastian Alvarez, nouveau venu chez IDEC Sport. « Paul, du haut de ses huit participations, et Job (six participations) ont de l’expérience. Alvarez, on le suit depuis plus d’un an. Il a montré à Daytona, aux côtés de Bourdais, qu’il avait de la pointe de vitesse et de la régularité. C’était le bon moment pour lui donner sa chance. »

Nicolas Minassian (IDEC Sport) : « Jamais je n’aurais pensé avoir André (Lotterer) dans mon équipe »

© Paola Depalmas

Une n°18 en pleine dynamique… et un clin d’œil au passé

L’autre voiture, la n°18 aux couleurs de Genesis Magma Racing, arrive avec le plein de confiance. En ELMS, Mathys Jaubert et Jamie Chadwick ont remporté les deux premières courses de la saison en LMP2. Même si Daniel Juncadella, leur coéquipier sur la scène européenne, est retenu chez TF Sport en LMGT3 au Mans, la dynamique est intacte.

« Mathys a impressionné dès la première course. Cyril (Abiteboul, team principal de Genesis Magma Racing. Ndlr) et son équipe lui ont donné une opportunité et il la sait des deux mains. Jamie progresse, elle commence à nous montrer de très belles choses. Et Daniel, même s’il n’est pas là cette semaine, reste un pilier du projet. »

Nicolas Minassian (IDEC Sport) : « Jamais je n’aurais pensé avoir André (Lotterer) dans mon équipe »

© Paola Depalmas

Mais la pièce maîtresse de cette n°18, c’est André Lotterer. Le triple vainqueur du Mans fait son retour dans la Sarthe en parallèle du développement de la Genesis GMR-001 Hypercar, et retrouve un vieil adversaire… devenu patron.

« Jamais je n’aurais imaginé l’avoir un jour dans mon équipe, » confie Minassian. « On s’est affrontés au Mans, lui débutait chez Audi, moi j’étais chez Peugeot. Et même en tant que pilote, tu as toujours une forme d’admiration pour un gars comme lui. Ce qu’il a fait au Japon, année après année, en Formula Nippon puis Super Formula, en restant aussi compétitif… C’est un mec impressionnant. Et humainement, c’est quelqu’un qui sait fédérer, faire corps avec une équipe. Il est parfaitement fait pour l’endurance.»

Lotterer, de son côté, partage le même enthousiasme : « Quand j’ai reçu l’appel, j’ai dit oui tout de suite. IDEC Sport, c’est une belle surprise. Très pro, très humain. Et travailler avec Nicolas, que j’ai connu sur la piste, c’est une jolie boucle. Il a construit cette équipe à son image. J’ai hâte de vivre cette édition avec eux. »

Méthode, cohésion… et pression assumée

Deux voitures, deux philosophies complémentaires, mais un cap commun. « On est heureux d’avoir grandi, mais maintenant il faut que les résultats suivent, » conclut Minassian. « Quand tu atteins ce niveau, il faut faire le boulot derrière. »

Après un podium en 2024, IDEC Sport avance avec calme et ambition. Pas de promesse tapageuse. Juste l’envie de bien faire. Et de peut-être écrire une nouvelle page dans une décennie déjà bien remplie. 

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club
À propos de l'auteur, Florian Defet

Les articles similaires

Les derniers articles

En vidéo : Reshad de Gerus comme vous ne l’avez jamais vu

En vidéo : Reshad de Gerus comme vous ne l’avez jamais vu

L'ère du numérique a du bon : elle permet l'abondance de contenus vidéo aussi soignés que rafraîchissants. En voici un bel exemple. Grâce aux images d'Arthur Chopin et Laurent Marin Dubuard, Reshad de Gerus se dévoile sous un visage inédit à l'occasion des 24 Heures...

Richard Verschoor : « Je veux être une vraie force pour McLaren »

Richard Verschoor : « Je veux être une vraie force pour McLaren »

Nouveau venu dans le monde de l'endurance cette saison, Richard Verschoor découvre le LMP2 au volant de l'Oreca n°30 du Duqueine Team, qu'il partage avec Doriane Pin et Giorgio Roda. Le Néerlandais, qui prépare en parallèle l'arrivée de McLaren en Hypercar en 2027,...

Valentin Hasse-Clot au cœur du nouveau projet Car Blanche et YRB Racing

Valentin Hasse-Clot au cœur du nouveau projet Car Blanche et YRB Racing

Quelques semaines après la naissance officielle de YRB Racing et Car Blanche, Valentin Hasse-Clot s’est confié à Endurance24 sur les coulisses de ce nouveau projet dont il est désormais l’un des principaux acteurs : le français revient sur la création de cette nouvelle structure, son avenir en IMSA, ses ambitions en GTD Pro et les objectifs fixés pour cette nouvelle aventure.

Annonces

Soyez au courant des dernières actualités du monde de l'Endurance par mail !

Loading