| 24 avril 2024 | par

Olivier Panis sans détour (partie 1) : « On a essayé de nous racheter, on a eu des propositions ! »

© MPS Agency

Olivier Panis et Panis Racing ont vécu une intersaison des plus agitées. L’ancien pilote de F1 est revenu pour Endurance24 sur tous les bouleversements qui ont secoué son équipe et n’a éludé aucune question : l’arrêt de Tech1, l’association avec Marc VDS, le support technique de TDS Racing, les deux derniers mois, le choix des pilotes…

Pourquoi Panis Racing n’est plus soutenu par Tech1 ? 

« Simon et Sarah ont décidé d’arrêter en début d’année pour des raisons budgétaires, ils ont acté, avec regret, le fait de ne pas repartir comme on le faisait par le passé. On était associé à plusieurs, ils ont tous les deux quand même investi de l’argent personnel pendant des années, je ne peux que respecter leur décision. Tout ce qu’il s’est passé avec Simon et Sarah, je ne l’oublierai jamais parce que ce sont des gens extraordinaires qui se sont donné corps et âme pour le team. Cependant, parfois, il y a des choix à faire et ils ont fait le leur. Même moi, j’ai hésité à un moment donné en me disant : « on a fait huit ans ensemble, on a pris tellement de plaisir, maintenant, on passe à autre chose. » J’en suis arrivé à me poser la question de continuer ou pas. J’en ai parlé avec Stéphane Dilouya (son associé). Mais quand on a la chance d’avoir sa place en ELMS, potentiellement de disputer les 24 Heures du Mans…. C’est quand même dur de quitter un championnat de ce niveau comme ça avec l’opportunité d’être au Mans chaque année. Il y a donc eu une vraie réflexion. »

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Ensuite, vous parlez de miracle…

« Exactement et il s’appelle Marc Van der Straeten, Marc VDS, avec qui j’ai des relations très amicales depuis longtemps. Il est partenaire d’Aurélien (Panis, son fils. Ndlr) depuis des années, il roule chez Boutsen VDS en GT World Challenge Europe en GT3 avec une Mercedes-AMG GT3 Evo. Un week-end, on discutait et il m’a demandé où j’en étais avec l’équipe. Je lui ai expliqué la situation et il m’a répondu : « Tu ne vas pas laisser tomber, tu as la place en ELMS, tu es accepté au Mans. Moi, mon rêve est de revenir aux 24 Heures (sa dernière participation remonte à 2010 avec une Ford GT). Je te file un coup de main, je fonce avec toi ! »

Vous teniez aussi à garder toute votre équipe…

« Au fond de moi, je voulais garder l’équipe qu’on avait construite avec Simon et Sarah, c’est-à-dire Florent Gouin, le directeur technique, Jérôme, l’ingénieur, les mécaniciens qui désiraient rester. Ce qu’on a fait avec Tech1 avec les moyens que nous avions parfois, ça tenait du miracle, franchement. Tous ensemble, on avait créé une équipe très forte, soudée, solide, très famille, qui se battait avec les armes qui étaient les nôtres. Je suis parti du principe que, si je restais, je voulais conserver les gens avec qui je travaille depuis sept ans. On a essayé de nous racheter, on a eu des propositions, mais cela ne nous a pas fait « kiffer ». On a aussi discuté avec deux autres équipes autres que TDS Racing.

© Twenty one creation

Avec Xavier (Combet, le patron de TDS Racing), on parlait souvent ensemble depuis pas mal de temps de choses et d’autres, de pilotes, de la LMP2, d’avenir… A un moment donné, je lui ai expliqué mes problématiques. Il m’a répondu « Si tu veux, on peut s’asseoir, j’ai tout, la voiture, mais pas le staff. » J’en ai parlé avec Stéphane Dilouya (son associé), même avec Simon et Sarah, parce qu’il fallait trouver la solution pour garder les personnes et faire vite. J’ai pris ma voiture pour Montpellier. On s’est assis avec Xavier, on est tout de suite tombé d’accord sur l’état d’esprit, la façon de vouloir faire les choses, gagner, performer. Je suis reparti en disant que ce serait OK si je valide avec Stéphane, avec Marc VDS, Quand je les ai tous réunis, ils m’ont répondu banco. »

Ca a été un vrai casse tête ensuite…

« Oui, on a eu à peine deux mois. J’ai passé jour et nuit à essayer de trouver des solutions, des partenaires, régler les problèmes du passé. Il fallait remettre tout en ordre, ça a été un travail de longue haleine, mais ça s’est bien passé honnêtement. Après, j’avais ma base, Manuel Maldonado, mes partenaires. Je souhaitais trouver un équilibre financier pour faire une saison sans aucun souci, voulant démarrer en me disant que j’avais le budget pour ne plus entendre parler d’argent le reste de la saison. C’était une priorité parce que j’ai vu comment Simon, Sarah ont « galéré », tous les efforts qu’ils ont faits. Ils disaient : « on va trouver, on va essayer pour avoir une équipe qui gagne ». Et, en fin de compte, ils remettaient toujours de l’argent chaque année. Je suis arrivé à réunir toutes ces choses là avec Stéphane, plein de monde.

On savait que TDS avait une voiture en ELMS mais qu’elle n’était pas prise au Mans en Pro-Am. De notre côté, on était accepté au Mans et voulait une équipe pour gagner en ELMS. On s’est donc vite entendu. Je trouve que c’est une super cohabitation avec TDS, des gens fantastiques, très carrés, très professionnels. Tech 1, techniquement, c’était des monstres. On a écrit une histoire avec eux, après, c’est un choix perso, je le comprends, ça ne remet rien en cause mon amitié pour Simon et Sarah. Là, c’est une nouvelle aventure avec Jacques (Morello) et Xavier.»

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A suivre…

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