La catégorie LMGT3 est la plus fournie de la 93e édition des 24 Heures du Mans avec 24 voitures engagées et neuf constructeurs de renom qui se disputeront la victoire.
Ferrari, Porsche, BMW, Corvette, McLaren, Aston Martin, Ford, Lexus et désormais Mercedes-AMG – qui fait son grand retour au Mans après 26 ans d’absence – viendront défendre leurs couleurs sur la scène la plus prestigieuse de l’Endurance.
Cette densité d’engagés s’accompagne d’un niveau de compétition rarement vu. Après seulement deux manches en championnat du monde FIA WEC, cinq marques différentes sont déjà montées sur le podium, confirmant la parité mécanique instaurée par le système BoP (Balance of Performance), mais aussi l’intensité des duels en piste.
Si les spécialistes du Grand Tourisme sont bien représentés – Richard Lietz, Klaus Bachler, Ben Keating ou encore Ben Barker –, la nouvelle vague n’est pas en reste, avec des talents émergents comme Loek Hartog, Casper Stevenson ou Finn Gehrsitz, tous désireux de briller dans l’épreuve la plus mythique du calendrier. La présence de plusieurs rookies et de pilotes venus d’horizons variés – DTM, monoplace ou Super GT – ajoute à l’imprévisibilité d’une catégorie où la moindre erreur peut coûter très cher.
Endurance24 vous propose un tour d’horizon complet des forces en présence dans cette catégorie éclectique, populaire et redoutablement compétitive.
Aston Martin (La note d’Endurance24 : ★★★½)
- Aston Martin Vantage AMR LMGT3 Evo n°10 / Racing Spirit of Léman
Derek DeBoer, Valentin Hasse-Clot, Eduardo Barrichello - Aston Martin Vantage AMR LMGT3 Evo n°27 / Heart of Racing
Ian James, Mattia Drudi, Zacharie Robichon
✅ Les plus : L’arrivée du Racing Spirit of Léman, équipe française ambitieuse, permet à Aston Martin de renouveler son engagement en LMGT3 tout en apportant une touche tricolore à la catégorie. Valentin Hasse-Clot, pilote officiel AMR et pièce maîtresse de la n°10, dispose d’une pointe de vitesse et d’une régularité précieuses. Il sera le leader naturel d’un trio qui se complète bien. Eduardo Barrichello, fils de l’ancien pilote de Formule 1, débute en Endurance, mais a pu faire preuve d’un bon état d’esprit et d’une bonne approche pour progresser rapidement, à l’instar du gentleman américain Derek DeBoer capable de belles choses en piste.
Le Heart of Racing, structure d’expérience en endurance, aligne une voiture très homogène avec Mattia Drudi, finisseur redouté en GT3 (notamment vainqueur des 24H de Spa l’an passé), Zacharie Robichon, solide dans tous les compartiments du jeu, et Ian James, gentleman avisé et présent sur toutes les grandes épreuves d’endurance. Enfin, la Vantage AMR GT3 Evo a déjà prouvé sa fiabilité cette saison en WEC et s’adapte bien aux longs relais typiques de la Sarthe.
⚠️ Les moins : L’équipage de la n°10 manque clairement d’expérience : deux rookies au Mans avec Eduardo Barrichello et Derek DeBoer, tous deux encore en phase d’adaptation, pouvant commettre quelques erreurs sur la piste.. Mattia Drudi, malgré son palmarès GT éloquent, découvrira lui aussi Le Mans. Enfin, Aston Martin reste encore légèrement en retrait par rapport aux cadors de la catégorie en rythme pur, malgré des signes encourageants comme la 6e place de la n°10 à Spa.
Résultats en WEC 2025
1812 km du Qatar : #27 (P6) ; #10 (P9)
6H d’Imola : #10 (P11) ; #27 (AB)
6H de Spa : #27 (P5) ; #10 (P6)

© MPS Agency
BMW (★★★½)
- BMW M4 LMGT3 n°31 / Team WRT
Yasser Shahin, Timur Boguslavskiy, Augusto Farfus - BMW M4 LMGT3 n°46 / Team WRT
Ahmad Al Harthy, Valentino Rossi, Kelvin van der Linde
✅ Les plus : L’équipe Team WRT, référence absolue du GT mondial, excelle par son exécution technique et stratégique, même lorsque la performance pure n’est pas au rendez-vous. Cela s’est traduit en 2024 par une victoire magistrale aux 6H d’Imola, une deuxième place au Mans avec la n°31, et d’autres podiums probants. L’équipage n°31 a été remanié autour d’Augusto Farfus, véritable homme de confiance de BMW, désormais épaulé du vainqueur sortant du Mans Yasser Shahin (ex-Manthey EMA sur Porsche), et de Timur Boguslavskiy, disputant sa première année en WEC. La n°46, toujours portée par Valentino Rossi, bénéficie du renfort de Kelvin van der Linde, l’un des meilleurs spécialistes GT3 au monde, désormais pilote officiel BMW. Ce trio a manqué de peu la victoire à Imola, preuve d’une belle cohésion et d’un rythme solide. Le choix de BMW de continuer à s’appuyer sur WRT pour la gestion du programme LMGT3 montre sa volonté d’un engagement structuré, maîtrisé et tourné vers la performance à long terme avec une version évoluée de la M4 GT3 cette année.
⚠️ Les moins : Les deux pilotes Bronze, Ahmad Al Harthy et Yasser Shahin, restent irréguliers : Al Harthy avait commis une erreur coûteuse de nuit en 2024 sous la pluie au Mans, tandis que Shahin a été impliqué dans plusieurs accrochages en début de saison 2025, notamment à Imola et Spa.
Résultats en WEC 2025
1812 km du Qatar : #31 (P3) ; #46 (P11)
6H d’Imola : #46 (P2) ; #31 (P12)
6H de Spa : #46 (P9) ; #31 (AB)

© MPS Agency
Corvette (★★★★)
- Chevrolet Corvette Z06 LMGT3.R n°13 / AWA Racing
Orey Fidani, Lars Kern, Matt Bell - Chevrolet Corvette Z06 GT3.R n°33 / TF Sport
Ben Keating, Daniel Juncadella, Jonny Edgar - Chevrolet Corvette Z06 GT3.R n°81 / TF Sport
Tom Van Rompuy, Rui Andrade, Charlie Eastwood
✅ Les plus : Ben Keating, à 53 ans, reste une légende parmi les pilotes Bronze, avec une expérience et une régularité qui font souvent la différence en LMGT3. Il est le véritable point d’ancrage de la n°33. Daniel Juncadella et Jonny Edgar forment un duo solide autour de Keating : le premier est d’une efficacité redoutable en GT, le second est le champion en titre ELMS LMP2. TF Sport, équipe de référence pour gérer l’équilibre entre professionnels et gentlemen, a déjà triomphé au Mans en GTE Am (2020, 2022) et connaît les clés du succès. La n°33 s’est imposée avec autorité aux 1812 km du Qatar, ce qui en fait une vraie prétendante à la victoire, d’autant plus en étant leader du championnat WEC. AWA Racing complète l’armada avec une voiture issue de l’IMSA, victorieuse en GTD aux 24H de Daytona grâce à l’équipage de Fidani, Bell et Kern, expérimenté et complémentaire.
⚠️ Les moins : Malgré une réputation historique en GTE, aucune Corvette n’a terminé dans le top 10 en LMGT3 au Mans l’an dernier. La n°81 n’a pas évolué dans sa composition : si la stabilité est un atout, l’équipage n’a pas encore montré de résultat étincelant cette saison, notamment au Qatar où la voiture a subi un problème technique. La fiabilité reste un sujet récurrent dans cette catégorie. La n°13, bien que performante en IMSA, reste une entité extérieure à TF Sport et devra s’adapter au contexte particulier du Mans et au format du WEC.
Résultats en WEC 2025
1812 km du Qatar : #33 (P1) ; #81 (AB)
6H d’Imola : #81 (P6) ; #33 (P7)
6H de Spa : #33 (P13) ; #81 (P14)

© FIA WEC / DPPI
Ferrari (★★★★½)
- Ferrari 296 LMGT3 n°21 /Vista AF Corse
François Hériau, Simon Mann, Alessio Rovera - Ferrari 296 LMGT3 n°54 / Vista AF Corse
Thomas Flohr, Francesco Castellacci, Davide Rigon - Ferrari 296 LMGT3 n°57 / Kessel Racing
Takeshi Kimura, Daniel Serra, Casper Stevenson - Ferrari 296 LMGT3 n°150 / Richard Mille AF Corse
Custodio Toledo, Lilou Wadoux, Riccardo Agostini - Ferrari 296 LMGT3 n°193 / Ziggo Sport Tempesta
Chris Froggatt, Eddie Cheever III, Jonathan Hui
✅ Les plus : Avec cinq 296 LMGT3 au départ, Ferrari est la marque la plus représentée dans la catégorie. Un engagement massif orchestré en grande partie par AF Corse, la structure de référence de la firme de Maranello, qui maîtrise les codes et les exigences de l’endurance sur le bout des doigts. Les Vista AF Corse n°21 et 54 ont d’ailleurs démontré leur compétitivité en signant un double podium à Spa, ultime répétition avant Le Mans, preuve de leur forme ascendante. La n°21 monte clairement en puissance cette saison. Alessio Rovera, pilier du programme GT Ferrari, y apporte vitesse et constance. À ses côtés, François Hériau, déjà auteur d’un top 6 au Mans en 2024, continue sa progression, tandis que Simon Mann apporte sa régularité. De son côté, la n°54 mise sur la stabilité d’un trio inchangé depuis trois saisons, avec l’expérience de Thomas Flohr et Francesco Castellacci encadrée par le redoutable Davide Rigon, l’un des pilotes les plus véloces de la catégorie.
Lilou Wadoux, de retour après une parenthèse japonaise en Super GT et quelques piges en IMSA, a récemment remporté les 4 Heures du Castellet en ELMS avec Custodio Toledo et Riccardo Agostini. Une dynamique encourageante pour la n°150, inscrite sous la bannière Richard Mille AF Corse. Quant à la n°57 de Kessel Racing, elle s’appuie sur la science du relais de Daniel Serra, référence GT mondiale, pour encadrer Kimura et Stevenson. Enfin, la n°193 alignée par Ziggo Sport Tempesta, bien que nouvelle dans l’univers ACO, arrive avec de solides références acquises en GT World Challenge Europe.
⚠️ Les moins : La force de frappe numérique de Ferrari cache tout de même certaines fragilités. Plusieurs équipages, notamment sur les n°150 et 193, comptent deux rookies chacun (Toledo – Agostini ; Froggatt – Hui), ce qui risque de peser dans la constance des relais sur 24 heures. La n°57 devra éviter les erreurs de ses pilotes les moins expérimentés, Kimura et Stevenson. Ziggo Sport Tempesta découvre tout du monde ACO : la BoP, la gestion du trafic dans la Sarthe, les relais de nuit, ou encore les arrêts réglementés très spécifiques. Cela nécessitera une adaptation rapide pour espérer jouer un rôle plus qu’honorable. Enfin, si Ferrari a souvent brillé au Mans, sa dernière victoire en GT remonte à 2021, avec un doublé GTE Pro / GTE Am. Il est donc temps pour les 296 LMGT3 de transformer leur régularité en succès sur le terrain sarthois.
Résultats en WEC 2025
1812 km du Qatar : #21 (P5) ; #54 (P8)
6H d’Imola : #54 (P5) ; #21 (AB)
6H de Spa : #21 (P1) ; #54 (P3)

© MPS Agency
Ford (★★★½)
- Ford Mustang LMGT3 n°77 / Proton Competition
Bernardo Sousa, Ben Tuck, Benjamin Barker - Ford Mustang LMGT3 n°88 / Proton Competition
Stefano Gattuso, Giammarco Levorato, Dennis Olsen
✅ Les plus : Après un retour remarqué en 2024, Ford continue de construire son programme LMGT3 autour de la nouvelle Mustang GT3 développée par Multimatic, dont la vitesse de pointe est un atout solide. L’équipe est managée sur le terrain par Proton Competition, structure à l’expérience reconnue dans le paddock ACO. La n°88, emmenée par Dennis Olsen, a réalisé une performance remarquée l’an passé en montant sur le podium du Mans après un relais mémorable sous la pluie. Le Norvégien, également vainqueur à Daytona en janvier 2025, reste le chef de file incontesté de l’armada Ford.
Le châssis Mustang GT3 semble désormais bien compris par l’équipe technique, en témoignent le podium à Spa 2025 et le double Top 5 signé l’an passé au Mans. De son côté, Ben Barker, vétéran GT très à l’aise dans la Sarthe, apporte sa constance et son expérience à la n°77. Ben Tuck, pilote titulaire cette année en WEC, complète un trio cohérent. Ce mélange d’expérience et de jeunesse permet à Ford d’espérer encore mieux qu’en 2024, d’autant que la voiture a montré de réelles qualités d’endurance.
⚠️ Les moins : Mais le programme reste jeune et perfectible. La Mustang GT3 n’a pas encore la maturité d’une Porsche ou d’une Ferrari sur les 24 heures du Mans. L’exécution en course devra donc être irréprochable pour convertir le potentiel en victoire et la fiabilité devra être au rendez-vous. Côté équipage, la n°88 embarque deux rookies, Giammarco Levorato et Stefano Gattuso. Le premier a montré de belles choses mais manque encore d’expérience dans une telle épreuve. La n°77 est également confiée à Bernardo Sousa, pilote Bronze, qui fait ses débuts au Mans dans un contexte particulièrement relevé. À cela s’ajoute une concurrence en LMGT3 plus rude que jamais. Face à Porsche, Ferrari ou Corvette, la moindre erreur pourrait se payer au prix fort.
Résultats en WEC 2025
1812 km du Qatar : #88 (P10) ; #77 (AB)
6H d’Imola : #77 (P10) ; #88 (P16)
6H de Spa : #88 (P2) ; #77 (P4)

Lexus (★★★½)
- Lexus RC F LMGT3 n°78 / AKKODIS ASP Team
Arnold Robin, Jack Hawksworth, Finn Gehrsitz - Lexus RC F LMGT3 n°87 / AKKODIS ASP Team
Petru Umbrarescu, José María López, Clemens Schmid
✅ Les plus : Après des débuts discrets en 2024, la Lexus RC F LMGT3 poursuit sa montée en puissance sous la houlette d’Akkodis-ASP Team, structure bien connue pour sa rigueur et son efficacité dans les championnats GT européens. Bien que la RC F soit le modèle le plus ancien du plateau, l’hiver a permis de peaufiner son set-up et d’améliorer son comportement général en course longue, avec des progrès visibles dès le Qatar.
La n°78 affiche la plus belle dynamique du clan japonais. Elle s’est offert un podium à Imola grâce aux relais solides de Finn Gehrsitz et Arnold Robin (qui étaient accompagnés par Esteban Masson), avant de signer une pole position à Spa-Francorchamps – preuve que la voiture peut être performante sur un tour comme sur un double relais. L’arrivée de Jack Hawksworth, remplaçant de luxe de Ben Barnicoat, renforce le trio. Hawksworth connaît la voiture sur le bout des doigts et avait déjà été appelé en renfort au Mans en 2024. De son côté, la n°87 débute sa saison avec un Top 5 prometteur au Qatar. José María López, de retour en LMGT3 après ses années Hypercar chez Toyota, encadre le gentleman driver Petru Umbrarescu et Clemens Schmid, pilote expérimenté et constant. Cet équipage pourrait surprendre par sa régularité.
⚠️ Les moins : Mais malgré les progrès, la Lexus RC F GT3 reste confrontée à certaines limites structurelles. Conçue en 2015, la voiture accuse le poids des années face à des concurrentes bien plus modernes. La n°87 devra faire preuve d’une régularité absolue pour tenir le rythme face à des trios plus affûtés. Le niveau de compétition en LMGT3 est tel que la moindre baisse de régime se paiera cash. Akkodis-ASP devra miser sur l’exécution stratégique et la stabilité pour aller chercher un bon résultat dans la Sarthe.
Résultats en WEC 2025
1812 km du Qatar : #78 (P4) ; #87 (AB)
6H d’Imola : #78 (P3) ; #87 (P4)
6H de Spa : #78 (P8) ; #87 (AB)

© DPPI
McLaren (★★★★)
- McLaren 720S LMGT3 Evo n°59 / United Autosports
James Cottingham, Grégoire Saucy, Sébastien Baud - McLaren 720S LMGT3 Evo n°95 / United Autosports
Darren Leung, Sean Gelael, Marino Sato
✅ Les plus : McLaren revient au Mans avec une ambition affirmée, dans une année symbolique marquant le 30e anniversaire de la victoire historique de la F1 GTR en 1995. L’engagement de la 720S GT3 Evo est mené par United Autosports, structure à la réputation bien établie dans le paddock ACO. Cette collaboration donne de solides garanties techniques et opérationnelles.
La n°59 a frôlé l’exploit dès l’ouverture de la saison WEC au Qatar, en décrochant la deuxième place à seulement cinq dixièmes de la victoire. Ce trio formé par James Cottingham, Grégoire Saucy et Sébastien Baud représente un bon mélange entre endurance classique et jeunes talents en devenir.
Du côté de la n°95, l’équipage est de haute volée avec Sean Gelael, expérimenté en prototype et GT, Marino Sato, rapide et agressif. Tous deux, aux côtés de Darren Leung, peuvent faire parler leur régularité et leur science du relais pour emmener la McLaren dans le bon wagon. L’annonce d’un programme Hypercar pour 2027 vient également renforcer la dynamique sportive du constructeur, déterminé à poser les jalons d’un avenir ambitieux.
La voiture a démontré son potentiel, notamment dans les longues phases de relais où sa constance a surpris, mais aussi en décrochant la pole position des 24 heures du Mans 2024 avec l’équipe Inception Racing.
⚠️ Les moins : Mais tout n’est pas encore en place. La fiabilité reste un point majeur. L’an dernier, les deux McLaren avaient abandonné après 19 heures de course à cause de casses de transmission, un double échec cruel et frustrant. En 2025, les manches d’Imola et de Spa ont viré au cauchemar avec des accrochages, des pénalités, des excès de vitesse sous VSC et des incidents dans le trafic. Des erreurs qui traduisent un manque de sérénité ou de rigueur dans les moments clés.
Malgré ses excellents antécédents en LMP2, United Autosports peine encore à transposer cette expertise au LMGT3, un environnement plus sensible aux moindres variations de rythme ou aux imperfections stratégiques. La voiture est performante, mais fragile. Pour transformer le potentiel en podium, McLaren devra cette fois aller au bout, sans fautes, sans avaries et sans pénalités.
Résultats en WEC 2025
1812 km du Qatar : #59 (P2) ; #95 (P7)
6H d’Imola : #95 (P9) ; #59 (P14)
6H de Spa : #59 (P15) ; #95 (AB)

© McLaren
Mercedes-AMG (★★)
- Mercedes-AMG LMGT3 n°60 / Iron Lynx
Andrew Gilbert, Fran Rueda et Lorcan Hanafin - Mercedes-AMG LMGT3 n°61 / Iron Lynx
Martin Berry, Lin Hodenius, Maxime Martin - Mercedes-AMG LMGT3 n°63 / Iron Lynx
Stephen Grove, Brenton Grove, Luca Stolz
✅ Les plus : Le retour de Mercedes au Mans, 26 ans après sa dernière apparition officielle en compétition, est un événement en soi. Marquée par l’accident spectaculaire de Peter Dumbreck en 1999, la marque à l’étoile retrouve enfin la Sarthe avec un engagement historique et symbolique. Les trois Mercedes-AMG GT3 Evo engagées arboreront une livrée “Silver Arrow” rendant hommage aux légendaires Flèches d’Argent, clin d’œil appuyé au doublé des Sauber C9 en 1989. Ce retour s’est construit sur une opportunité – le retrait temporaire de Lamborghini – que Mercedes a su saisir en s’appuyant sur Iron Lynx, une structure rodée aux exigences du WEC et de l’ACO.
La n°61 bénéficie du leadership de Maxime Martin, vainqueur au Mans en GTE Pro en 2020, qui épaulera deux rookies motivés, Martin Berry – déjà auteur d’une pole en ELMS – et Lin Hodenius. Enfin, la n°63 s’appuie sur la célèbre structure familiale Grove Racing, avec Stephen et Brenton Grove entourés par l’expérimenté Luca Stolz, pilote officiel AMG.
⚠️ Les moins : Mais si l’engagement est prestigieux, les résultats peinent encore à suivre. Aucun top 10 n’est venu récompenser les trois voitures lors des trois premières manches du WEC 2025. Le programme, officialisé tardivement, s’est mis en place en urgence et souffre encore d’un manque d’automatisme, de développement spécifique et de compréhension des subtilités du règlement ACO.
La voiture n°60 a vu son équipage être complètement modifié à quelques jours de la Journée Test, suite au forfait de Claudio Schiavoni. Andrew Gilbert, Fran Rueda et Lorcan Hanafin ont ainsi été appelés en renfort et feront tous les trois leurs débuts au Mans, comme Martin Berry et Lin Hodenius sur la n°61, ainsi que Stephen et Brenton Grove sur la n°63.
Enfin, Mercedes-AMG a clairement annoncé qu’il ne s’agissait pas d’un programme stratégique à long terme, mais d’une présence opportuniste. Un positionnement qui limite les ambitions et pose la question de l’investissement réel de la marque pour franchir un cap face aux références du plateau
Résultats en WEC 2025
1812 km du Qatar : #60 (NC) ; #61 (AB)
6H d’Imola : #61 (P13) ; #60 (P15)
6H de Spa : #61 (P11) ; #60 (P12)

© Mercedes
Porsche (★★★★½)
- Porsche 911 GT3 R n°85 / Iron Dames
Michelle Gatting, Rahel Frey, Célia Martin - Porsche 911 GT3 R n°90 / Manthey
Antares Au, Loek Hartog, Klaus Bachler - Porsche 911 GT3 R n°92 / Manthey 1st Phorm
Richard Lietz, Riccardo Pera, Ryan Hardwick
✅ Les plus : Dans la catégorie LMGT3, Porsche fait figure de favorite naturelle. Forte d’une longue histoire d’excellence au Mans et d’une maîtrise indéniable du format GT, la marque allemande dispose de tous les atouts : fiabilité, vitesse, expérience et structures de référence. Le Team Manthey, quintuple vainqueur de classe GT dans la Sarthe, reste l’arme absolue de Porsche, et la n°92 engagée par Manthey 1st Phorm en est la parfaite illustration. La n°92 réunit un trio redoutable. Richard Lietz, vétéran du GT, est une encyclopédie roulante du Mans (18 participations au Mans). Il est épaulé par Riccardo Pera, l’un des plus rapides du plateau, et Ryan Hardwick, auteur de relais solides cette saison, notamment à Imola où le trio s’est imposé sur le fil. Cette voiture a remporté la catégorie en 2024 (dans une configuration légèrement différente), et reste l’une des principales prétendantes à la victoire cette année encore.
L’autre force de frappe de Porsche réside dans l’équipage 100 % féminin des Iron Dames (#85), qui reste l’un des plus populaires et inspirants du paddock. Michelle Gatting et Rahel Frey y encadrent Célia Martin, rookie motivée qui découvrira Le Mans avec l’envie de marquer les esprits. La constance des Iron Dames en WEC et leur capacité à éviter les erreurs leur permettent souvent de finir dans le bon groupe. Enfin, la n°90 complète l’armada avec un équipage certes moins expérimenté, mais bien encadré. Klaus Bachler, champion du monde LMGT3 en titre, est un excellent meneur capable de signer d’excellents relais. Loek Hartog, jeune et véloce, fait partie de la nouvelle génération de pilotes Porsche, tandis qu’Antares Au a remporté l’Asian Le Mans Series en LMGT3, preuve de sa rigueur.
⚠️ Les moins : Mais dominer en apparence n’exonère pas de risques. L’étiquette de favori, surtout au Mans, est toujours un poids. Porsche l’a bien appris au fil des années : une petite erreur, une neutralisation mal gérée ou un problème technique et toute une course peut basculer. La n°92, bien que solide, devra composer avec une nouvelle dynamique après le départ de Morris Schuring et Yasser Shahin. Le trio actuel devra rapidement retrouver des automatismes pour espérer défendre la victoire décroché en 2024.
Du côté de la n°90, le manque d’expérience d’Antares Au et de Loek Hartog sur 24 heures, dans des conditions aussi spécifiques que celles du Mans, pose la question de leur régularité sur la durée. Face à la densité de la concurrence, tout temps perdu peut être difficile à rattraper.
Résultats en WEC 2025
1812 km du Qatar : #92 (P12) ; #85 (P13)
6H d’Imola : #92 (P1) ; #85 (P8)
6H de Spa : #92 (P7) ; #85 (P10)

© MPS Agency
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