Première manche de l’année, épreuve hors normes par sa durée et son intensité, le double tour d’horloge floridien marque un nouveau chapitre pour plusieurs acteurs de la série. Pour Michelin aussi, qui introduit en catégorie GTP des nouveaux pneus fabriqués à base de matériaux renouvelables et recyclés.
rédigé par Didier LAURENT
Pour beaucoup Daytona est synonyme de nouveau départ. Des pilotes à intégrer, des équipages à stabiliser, des méthodes de travail à affiner… La première course agit comme un révélateur immédiat du degré de préparation des équipes. Certaines structures abordent même l’épreuve avec un programme entièrement nouveau, ce qui ne laisse aucune place à l’approximation.
En GTP, catégorie reine où onze voitures sont attendues sur la grille de départ, l’évolution la plus notable concerne BMW. Les deux prototypes bavarois sont désormais exploités par le team WRT, en remplacement de RLL. Si l’équipe belge ne découvre pas l’univers de l’endurance elle est déjà engagée en championnat du monde FIA WEC, l’IMSA impose une approche bien différente. Ici, le calendrier est plus dense, les circuits souvent plus anciens et plus bosselés, et la saison ne s’articule pas, en tous cas pour les pilotes, autour d’un seul objectif comme peuvent l’être les 24 Heures du Mans.

© Courtesy of IMSA
Autre nouveauté de taille : l’arrivée d’Aston Martin à Daytona. Absentes en 2025, les Valkyrie V12 ont toutefois déjà accumulé des kilomètres lors des essais collectifs de novembre dernier, et du Roar. La course reste néanmoins une grande première. « L’objectif est clair : rallier l’arrivée », confie Ross Gunn, pilote lucide face à des concurrents qui abordent leur quatrième participation. Dans ces conditions, la lutte pour le podium apparaît encore lointaine pour ces rookies… qui n’en sont pas tout à fait.
Un climat aussi exigeant que la piste
À Daytona, la météo joue un rôle central. Les températures élevées en journée (jusqu’à plus de 30 degrés au sol) contrastent fortement avec la fraîcheur nocturne, parfois proche de zéro. Ces écarts mettent à rude épreuve les organismes, les mécaniques… et les pneumatiques. La capacité d’un pneu à maintenir un niveau de performance constant, à monter rapidement en température et à rester stable sur de longs relais devient alors un élément clé de la stratégie.
Particularité de cette course de 24 heures : deux types de gommes (contre un seul sur les autres courses, et deux sur les épreuves du WEC, qui accueillent les mêmes voitures et leurs pneus) peuvent être utilisés afin de s’adapter aux variations thermiques. Lorsque l’asphalte dépasse les 30 °C, la gestion de l’usure est primordiale. À l’inverse, la nuit impose un mélange plus tendre afin de préserver l’adhérence. En 2026, les équipes disposent d’une nouvelle gamme développée par Michelin, marquant également une avancée sur le plan environnemental.
Une nouvelle génération de pneus en GTP
En catégorie GTP, Michelin introduit une toute nouvelle génération de pneus, immédiatement reconnaissable à une bande de roulement dotée de motifs visibles… mais éphémères. Ces dessins disparaissent après les premiers tours, laissant place à l’essentiel : un mélange intégrant 50 % de matériaux biosourcés et recyclés. Une étape importante vers un sport automobile plus durable, sans compromis sur la performance.

Ces pneus ont également été conçus pour offrir une mise en régime plus rapide, un point crucial pour l’ensemble des pilotes, car en IMSA comme en WEC les couvertures chauffantes sont interdites. Chaque départ ou relance s’effectue donc sur pneus froids, rendant ce paramètre déterminant, notamment dans les premières minutes du relais.
Continuité et optimisation en GT
Du côté des catégories GT, l’évolution est plus mesurée. Michelin a opté pour une amélioration ciblée de son Pilot Sport Pro GT H1+, sans rupture technologique. « Deux axes ont guidé cette évolution »,explique Jeff Fischer, référent technique Michelin Motorsport pour le championnat IMSA. « D’une part, l’ajustement du talon sur les différentes jantes GT. D’autre part, une modification du profil de la bande de roulement afin d’améliorer la résistance thermique sur les circuits les plus exigeants. »
Aucun changement de composé ni de carcasse : l’objectif est clair, renforcer la robustesse et la constance des performances car en Endurance c’est souvent la régularité qui prime.

© Courtesy of IMSA
La fiabilité comme juge de paix
Enfin, Daytona reste un juge de paix implacable en matière de fiabilité. Engager la saison sur une course de 24 heures, même après le Roar, soumet immédiatement l’ensemble des acteurs à des contraintes extrêmes. Kilométrage, stabilité de performance, résistance aux variations thermiques et aux longues heures de roulage nocturne : chaque composant est mis à l’épreuve dès la première manche. C’est donc ce joyeux mélange entre préparation, faits de course, expérience et, il faut bien le dire, un peu de chance, qui rendra magique la 64ème édition des 24 Heures de Daytona, dont le départ sera donné à 13h40 (19h40 en France) samedi.
Un baptême du feu qui servira de référence avant les 12 Heures de Sebring, en mars, puis l’ouverture du Championnat du monde d’endurance avec les 1812 km du Qatar, une semaine plus tard.
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