Toyota triomphe sur les terres de Ferrari pour sa 100e course en WEC !

Pour l’ouverture de la saison 2026 du Championnat du Monde d’Endurance FIA WEC, les 6 Heures d’Imola ont offert un affrontement haletant entre Ferrari et Toyota. Au terme d’une course rythmée par les stratégies et les écarts infimes, Toyota a fini par prendre le dessus et s’imposer pour sa 100e course en WEC.

Dès l’extinction des feux, les Ferrari 499P ont imposé leur loi, occupant les premières positions dès le premier tour. Mais la riposte de Toyota Gazoo Racing ne s’est pas fait attendre : grâce à un premier arrêt plus court, la Toyota GR010 Hybrid n°8 s’est rapidement replacée dans le match, avant de prendre l’ascendant lors de la deuxième salve de ravitaillements. Auteur de relais solides, Ryō Hirakawa a alors hissé son prototype en tête.

La course a ensuite basculé dans une phase stratégique intense. Profitant d’une Virtual Safety Car, la Cadillac V-Series.R n°12 et la Ferrari n°50 ont tenté un décalage en effectuant un arrêt supplémentaire, leur permettant de mener brièvement les débats après environ deux heures et demie de course. Mais leur élan a été stoppé net par des pénalités pour non-respect d’un drapeau jaune, redistribuant une nouvelle fois les cartes au profit de la Toyota n°8.

À mi-course, le duel Ferrari-Toyota a atteint son paroxysme. Les écarts se sont réduits à quelques dixièmes entre les leaders, sans qu’aucun dépassement décisif ne puisse être porté. Progressivement, la Ferrari n°51 a dû lâcher prise, incapable de trouver l’ouverture face à une Toyota parfaitement exécutée.

Derrière, la stratégie de la Toyota GR010 Hybrid n°7 a également pesé dans la balance. En prolongeant un relais en pneus médiums sur une durée exceptionnelle, l’équipage emmené par Kamui Kobayashi a réussi à s’installer en deuxième position à une heure et demie de l’arrivée, retenant notamment la Ferrari n°51. Mais ce pari a trouvé ses limites lors du dernier passage aux stands, avec un changement de pneus qui a finalement permis à la Ferrari de reprendre l’avantage.

Devant, la victoire ne faisait plus de doute. Sébastien Buemi a parfaitement contrôlé la fin de course au volant de la Toyota n°8, maintenant un écart supérieur à dix secondes jusqu’au drapeau à damier. Le Suisse, associé à Ryō Hirakawa et Brendon Hartley, offre ainsi à Toyota un succès de référence.

Ce succès revêt une importance particulière pour le constructeur japonais, qui célèbre de la meilleure des manières sa 100e course en WEC et reprend la tête du championnat, une première depuis Bahreïn 2023.

Partie en pole position, la Ferrari n°51 de Antonio Giovinazzi, Alessandro Pier Guidi et James Calado doit se contenter de la deuxième place à domicile, sans avoir pu concrétiser son avantage initial. La Toyota n°7 complète le podium au terme d’une course parfaitement maîtrisée sur le plan stratégique.

Le trio de l’Alpine A424 n°35, qui s’est décalé en stratégie dès la première Virtual Safety Car, termine au pied du podium. Charles Milesi, coéquipier de Ferdinand Habsburg et Antonio Félix da Costa, a su contenir jusqu’au bout la pression de René Rast au volant de la BMW M Hybrid V8 n°20.

Derrière, le classement reste très compact avec, dans l’ordre, la Ferrari 499P n°50, la BMW M Hybrid V8 n°15, la Cadillac V-Series.R n°38, l’Aston Martin Valkyrie n°007 et la Ferrari 499P n°83, témoignant une nouvelle fois de la densité du plateau Hypercar.

Pour ses débuts en Championnat du Monde d’Endurance FIA WEC, Genesis Magma Racing a montré des signes encourageants. La Genesis GMR-001 n°17 se classe 15e à l’arrivée, devant la Peugeot 9X8 n°93, à un tour des vainqueurs. La seconde Hypercar coréenne, la n°19, a en revanche été retardée par un problème de capteur survenu après quelques tours. Les deux voitures ont néanmoins rallié l’arrivée, validant ainsi une première sortie globalement positive.

À noter enfin une brève apparition de la pluie à une heure et demie de l’arrivée, sans conséquence majeure sur le déroulé de l’épreuve.

© FIA WEC / DPPI

LMGT3 : BMW s’impose au bout du suspense face à McLaren

La McLaren 720S LMGT3 n°10 de Garage 59, partie en pole et solidement installée en tête en fin de course, a vu ses espoirs s’envoler dans la dernière heure. Victime d’une perte de puissance, Marvin Kirchhöfer a ralenti sur la ligne droite avant de regagner les stands, contraint à l’abandon.

Un coup dur qui a complètement rebattu les cartes et ouvert la voie à la BMW M4 LMGT3 Evo n°69 du Team WRT. L’équipage composé d’Anthony McIntosh, Parker Thompson et Dan Harper s’est engouffré dans la brèche pour s’emparer de la victoire, au terme d’un duel longtemps indécis face à la McLaren.

Dans les derniers instants, la pression est venue de la Chevrolet Corvette Z06 LMGT3.R n°33 de TF Sport, emmenée par Nicky Catsburg. Mais la BMW n°69 a tenu bon jusqu’au drapeau à damier, la Corvette échouant à seulement quelques dixièmes.

Le podium est complété par la Porsche 911 GT3 R n°92 du Manthey, devant la Porsche sœur n°91 et la BMW n°32, confirmant la forte densité de la catégorie.

Du côté d’Akkodis ASP Team, le week-end a tourné au cauchemar malgré des qualifications prometteuses (2e et 3e sur la grille). La Lexus RC F LMGT3 n°78 a été retardée par un problème de ravitaillement : incapable de redémarrer correctement, la tentative du pilote a endommagé le démarreur, reléguant l’équipage en fond de classement. Quant à la Lexus n°87, elle a été contrainte à l’abandon après un souci technique entre la boîte de vitesses et la transmission.

Le classement des 6 Heures d’Imola

Florian Defet

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24