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Toyota s’impose de justesse aux 6 Heures de Fuji, Alpine perd dans les stands

Ryo Hirakawa a offert à Toyota Racing la victoire à domicile des 6 Heures de Fuji, résistant jusqu’au drapeau à damier à un retour canon de Victor Martins sur l’Alpine n°36. Un final à suspense qui a suivi un dernier tiers de course totalement chamboulé par l’accident spectaculaire de Finn Gehrsitz, neutralisant la course pendant plus de 38 minutes.

Parties en tête de la grille de départ, les deux Alpine A424 ont tenu leur rang pendant une grande partie de l’épreuve, avec deux stratégies distinctes. La n°36 était emmenée au départ par Jules Gounon, qui a maintenu la tête de course face à la voiture sœur n°35 de Ferdinand Habsburg.

Dès le premier arrêt aux stands, Gounon a cédé le volant à son coéquipier Victor Martins jusqu’à la mi-course, tandis qu’Habsburg poursuivait sur le même train de pneumatiques. C’est à partir de la troisième vague d’arrêts que la n°35 a commencé à prendre l’ascendant en termes de rythme, portée par une stratégie pneumatique plus favorable, quand la n°36 optait pour une approche plus conservatrice en vue de la fin de course.

Le début de la deuxième heure de course a été marqué par un accrochage entre Nyck de Vries dans la Toyota TR010 Hybrid n°8 et Ferdinand Habsburg dans l’Alpine A424 n°35. Le pilote Hollandais s’est positionné à l’intérieur du dernier virage, mais Ferdinand Habsburg ne l’a visiblement pas vu. La direction de course n’a finalement pas ouvert d’enquête sur cet incident de course.

Un accident spectaculaire relance tout

À 57 minutes de l’arrivée, alors que les deux Alpine abordaient la dernière heure en tête, la voiture de sécurité a une nouvelle fois regroupé le plateau à la suite de l’accident le plus marquant de l’épreuve.

La bataille entre la McLaren 720S LMGT3 Evo n°58/Garage 59 (Alexander West, Finn Gehrsitz, Benjamin Goethe) et l’Aston Martin Vantage AMR LMGT3 n°27/Heart of Racing (Ian James, Zacharie Robichon, Mattia Drudi) a viré au carnage pour Finn Gehrsitz après une touchette aux lourdes conséquences dans la ligne droite des stands. L’Allemand a violemment percuté le rail de sécurité de plein fouet, terminant sa course dans le bac à gravier du virage 1. Le pilote est ressorti indemne de l’accident.

C’est la dernière salve d’arrêts, provoquée par la neutralisation, qui a redistribué toutes les cartes. Alors que les deux Alpine abordaient cette phase avec un doublé provisoire, tous les protagonistes se sont arrêtés dans la foulée.

Sur une stratégie différente depuis le début de la course, la Toyota TR010 Hybrid n°8 de Ryo Hirakawa est ressortie en tête en passant le moins de temps possible dans la voie des stands. Même scénario pour la BMW M Hybrid V8 n°15 de Dries Vanthoor (partagée avec Kevin Magnussen et Raffaele Marciello), ressortie deuxième, reléguant l’Alpine A424 n°35 — désormais aux mains de Charles Milesi — à la troisième place.

Une relance à haut risque

Le temps de procéder aux réparations du rail de sécurité, il aura fallu attendre plus de 38 minutes pour relancer la course, avec seulement 20 minutes encore à disputer. Contraint de relancer dans le trafic, Ryo Hirakawa a dû composer avec la prudence de rigueur, mais le Japonais a tenu son rang face à Dries Vanthoor, malgré des conditions de piste humides. Derrière, les deux Alpine ont inversé leurs positions : Charles Milesi a laissé passer Victor Martins, désormais troisième et lancé à la poursuite de la BMW à moins de quinze minutes du drapeau à damier.

© Andrea Lorenzina / DPPI

Hirakawa résiste, Martins signe la meilleure remontée

À 10 minutes de l’arrivée, Victor Martins s’est débarrassé de la BMW pour se lancer à la chasse de la Toyota n°8, alors à 2,5 secondes devant. Le Français est revenu dans les échappements du Japonais et les deux hommes se sont livré une bataille tour après tour jusqu’aux derniers instants. Ryo Hirakawa est parvenu à résister jusqu’à la ligne pour offrir à Toyota Racing la victoire à domicile, aux côtés de ses coéquipiers Sébastien Buemi et Brendon Hartley, avec seulement 0,591 seconde d’avance sur l’Alpine n°36.

Derrière le duo de tête, Dries Vanthoor a complété le podium sur la BMW n°15 (+ 6,415 s), qu’il partage avec Raffaele Marciello et Kevin Magnussen, devant l’Alpine n°35 de Charles Milesi et Ferdinand Habsburg (+ 7,699 s) et la Cadillac V-Series.R n°38/Hertz Team Jota de Jack Aitken, Earl Bamber et Sébastien Bourdais (+ 8,142 s).

La Peugeot 9X8 n°94 de Malthe Jakobsen, Loïc Duval et Théo Pourchaire a pris la sixième place, en égalisant son meilleur résultat de la saison, devant la seconde Cadillac n°12 de Will Stevens et Norman Nato et la seconde Toyota n°7 de Kamui Kobayashi, Mike Conway et Nyck de Vries, perdant du terrain suite à la pénalité infligée à Kamui Kobayashi pour excès de vitesse sous Full course yellow.

L’Aston Martin Valkyrie n°009 d’Alex Ribeiras et Marco Sorensen et la Ferrari 499P AF Corse n°51 d’Antonio Giovinazzi, Alessandro Pier Guidi, James Calado complètent le top 10. La dernière neutralisation, et une pénalité drive througt pour avoir coupé la ligne blanche à l’entrée des stands pour Tom Gamble, aura eu raison des espoirs d’Aston Martin THOR Team de décrocher leur premier podium en Hypercar, après avoir occupé le tiercé de tête au milieu des Alpine une bonne partie de la course.

La meilleure des Genesis GMR-001 se classe onzième, avec la n°19 de Mathieu Jaminet, Paul-Loup Chatin et Daniel Juncadella, alors que la voiture soeur, la n°17 de Pipo Derani, mathys Jaubert et Andre Lotterer termine 15e, après un pari raté sur les pneus pluie sous une bruine dans les derniers tours.

© Fabrizio Boldoni / DPPI

Deux abandons en Hypercar

Deux abandons sont à signaler dans la catégorie Hypercar, avec la Peugeot 9X8 n°93 qui a du s’arrêter à son box alors que Paul Di Resta était à son volant après une panne de boite de vitesses.

Le deuxième abandon concerne la Ferrari 499P n°50 de Nicklas Nielsen, Antonio Fuoco et Miguel Molina, victorieux lors de la dernière manche à Austin. L’Espagnol s’est arrêté en bord de piste au dernier virage, à 1h45 de l’arrivée, après avoir connu un problème mécanique. Quelques minutes plus tôt, la voiture avait perdu trois minutes lors de son ravitaillement en raison d’une panne de vérin pneumatique.

Toyota prend le large au championnat

Avec cette dixième victoire au 6 Heures de Fuji depuis 2012, Toyota Racing prend le large au championnat, avec 169 points, soit 23 points d’avance sur BMW et 54 sur Ferrari.

Du coté des pilotes, c’est toujours avantage au clan nippon, avec la tête du classement pour les vainqueurs du jour, Ryo Hirakawa, Brendon Hartley et Sebastien Buemi, avec 89 points, 10 points d’avance sur l’équipage de la voiture soeur, composé de Nick De Vries, Kamui Kobayashi et Mike Conway. René Rast et Robin Frijns suivent en troisième place à 14 points de retard.

© Antonin Vincent / DPPI

LMGT3 : la BMW n°32 déjoue la bataille du podium

La course LMGT3 a débuté par un accrochage impliquant notamment la Ford Mustang LMGT3 EVO n°88 du team Proton Competition et la Mercedes-AMG LMGT3 EVO n°61 – Iron Lynx, qui ont dû toutes les deux abandonner.

La Corvette Z06 LMGT3.R n°34 du Racing Team Turkey by TF, la Lexus RC F LMGT3 n°87 d’Akkodis ASP et la Porsche 911 LMGT3 R n°92 du team The Bend Manthey, elles aussi impliquées dans l’accrochage, sont revenues en piste. La Porsche a perdu six tours dans l’aventure après être partie en tête-à-queue avec les roues arrières bloquées dans les graviers, et avoir perdu sa carrosserie arrière en entrant aux stands.

La BMW n°32 du Team WRT avait été une prétendante tout au long de la course grâce aux solides relais de Leung et Gelael, pilotes classés Bronze FIA, mais ne semblait pas en mesure de gagner jusqu’à l’accident tardif impliquant la McLaren de Gehrsitz qui a bouleversé la course.

La lutte a fait rage à la relance pour le podium de la catégorie LMGT3, avec un duel roues contre roues, roues dans roues même, d’abord Charlie Eastwood dans la Corvette Z06 LMGT3.R n°34 du Racing Team Turkey by TF et la voiture soeur, la Corvette Z06 LMGT3.R n°33/TF Sport, de Nicky Catsburg, puis c’est Marvin Kirchhöfer au volant de la McLaren 720S LMGT3 Evo n°10/Garage 59, qui est venu se mêler à la lutte.

© Andrea Lorenzina / DPPI

C’est finalement Augusto Farfus, équipé de pneus neufs, qui est venu s’inviter à la fête, hissant la BMW M4 LMGT3 Evo n°32/Team WRT — partagée avec Darren Leung et Sean Gelael — jusqu’à la victoire de catégorie. Elle devance l’Aston Martin n°27/Heart of Racing de Mattia Drudi, Ian James et Zacharie Robichon — pourtant mêlée à l’accrochage à l’origine du crash de Finn Gehrsitz — et la Corvette n°34/Racing Team Turkey by TF de Charlie Eastwood, Peter Dempsey et Salih Yoluç, qui complète le podium.

Le quinté de tête de la catégorie LMGT3 est complété par la Ferrari 296 GT3 Evo n°54 de Vista AF Corse, pilotée par Francesco Castellacci, Thomas Flohr et Davide Rigon, quatrième à l’arrivée grâce à un très bon dernier relais de ce dernier, devant la Corvette n°33/TF Sport de Nicky Catsburg, Ben Keating et Jonny Edgar, qui a néanmoins accentué son avance au classement, avec 24 points d’avance sur l’équipage de l’Aston Martin n°27.

Classement des 6 Heures de Fuji :

Florian Defet

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club