L’analyse exclusive d’un ingénieur pour comprendre la hiérarchie à Imola

Quelques heures avant le départ des 6 Heures d’Imola, la hiérarchie semble établie… mais reste loin d’être figée. Si Ferrari 499P n°51 s’élancera en pole position grâce à Antonio Giovinazzi, la lecture des qualifications et des longs relais laisse entrevoir une course bien plus disputée.

Dans ce contexte, Endurance24 inaugure un format inédit en ce début de saison 2026, en donnant la parole à un ingénieur afin d’éclairer les forces en présence. Une grille extrêmement serrée, des stratégies variées et des données parfois difficiles à interpréter rendent en effet l’analyse plus complexe que jamais.

Ferrari en tête, mais sous pression immédiate

La grille Hypercar confirme la domination aperçue depuis le début du week-end, avec un trio de tête extrêmement resserré. La n°51 devance la Toyota GR010 Hybrid n°8 de seulement 11 millièmes, tandis que la Ferrari n°50 complète le top 3 à 0,040 s.

Derrière, la Peugeot 9X8 n°94 et la Cadillac V-Series.R n°12 s’installent en embuscade, dans un écart inférieur à trois dixièmes. Une densité qui se confirme jusqu’au top 10, avec moins de sept dixièmes entre la pole et la BMW n°15 .

Un plateau extrêmement compact… et difficile à lire.

D’après l’analyse de notre ingénieur, les enseignements des essais libres, et notamment de la FP2, sont plus révélateurs que la seule grille de départ : « La FP2 est probablement la séance la plus représentative en termes de long run. On voit que les Ferrari ont un rythme très constant et soutenu, avec une dégradation bien maîtrisée. Derrière, BMW et Toyota sont solides, Alpine est aussi dans le match, et Cadillac reste proche. Globalement, tout le monde est assez regroupé, même si Ferrari garde un léger avantage. »

Une vision qui confirme l’impression d’un plateau homogène, avec une BoP qui semble bien meilleure pour cette entame de championnat, avec plusieurs constructeurs peuvent viser les avant-postes sur la durée.

Classement selon les 50% meilleurs tours moyen en FP2 / HH Software

Peugeot et Aston Martin, les inconnues du peloton

Certaines équipes pourraient jouer un rôle clé en course, à commencer par Peugeot, dont la n°94 s’élancera en deuxième ligne : « Les Peugeot ont probablement caché leur jeu. On le voit dans les vitesses de pointe : elles étaient très rapides sur certains chronos, mais ont ensuite relâché. Ça laisse penser qu’elles étaient en gestion. Il faut s’attendre à les voir remonter. »

Un constat renforcé par les données de vitesse de pointe, notamment avant le T2, où les Peugeot 9X8 et les Aston Martin Valkyrie se sont montrées particulièrement rapides.

Sur un circuit comme Imola, où dépasser reste extrêmement complexe, cet avantage pourrait s’avérer déterminant. « Elles seront très difficiles à dépasser. Même si elles partent plus loin, elles peuvent remonter, comme on l’a vu à Bahreïn ou Fuji. »

© FIA WEC / DPPI

Dépassements compliqués, stratégie décisive

Le tracé de l’Autodromo Enzo e Dino Ferrari ne laisse que peu d’opportunités, notamment entre le virage 20 et le virage 1, virages 4 et 5 ou encore virages 7 et 9.

Dans ce contexte, la stratégie pourrait être le principal levier pour gagner des positions, d’autant que la BoP semble avoir resserré les écarts en ce début de saison. Autre élément à surveiller : la Genesis GMR-001, en retrait ce week-end, mais dont le potentiel pourrait s’exprimer une fois les équilibres affinés.

La pluie, facteur X de la course

Les conditions météo pourraient enfin bouleverser la hiérarchie. De la pluie est attendue en début d’après-midi, entre 14h et 16h, avec une intensité encore incertaine.

Un scénario qui pourrait redistribuer les cartes, et notamment jouer en faveur des Peugeot, souvent à l’aise dans ces conditions.

Si Ferrari part en favorite logique au vu des performances affichées, l’ensemble des indicateurs pointe vers une course bien plus indécise. Entre stratégies, trafic, météo et écarts réduits, les 6 Heures d’Imola pourraient rapidement échapper à toute logique établie.

Rendez-vous à 13h pour le départ.

La grille de départ des 6 Heures d’Imola

Florian Defet

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24