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La FIA et l’ACO officialisent un accord pour le FIA WEC jusqu’en 2037

Quelques semaines après que les deux instances ont dû démentir des rumeurs de rupture autour de l’avenir du championnat, un accord de dix ans vient d’être signé pour prolonger le Championnat du monde d’endurance jusqu’en 2037.

Une rupture évitée de justesse

L’annonce tranche avec le climat des dernières semaines. Plusieurs médias spécialisés avaient fait état, courant septembre, de tensions entre la FIA et l’Automobile Club de l’Ouest autour du renouvellement des accords qui organisent leur partenariat — désignant Le Mans Endurance Management, filiale de l’ACO, comme organisateur du championnat, et intégrant les 24 Heures du Mans au calendrier mondial. Certains évoquaient même la possibilité que la FIA ouvre à appel d’offres la promotion du championnat, ce qui aurait mécaniquement exclu Le Mans de la compétition mondiale. Le 18 septembre, la FIA et l’ACO avaient dû publiquement démentir toute idée de rupture, en confirmant que l’accord en vigueur courait au moins jusqu’à fin 2027.

Douze jours plus tard, c’est un tout autre message qu’envoient les deux instances : un accord étendu sur dix ans, de fin 2027 à fin 2037, scellant une collaboration qui remonte à plus de 120 ans et assurant l’avenir du championnat pour la décennie à venir.

Gouvernance resserrée et visibilité accrue pour la FIA

Le nouvel accord renforce le contrôle réglementaire de la FIA sur le championnat : l’ensemble des règlements devra être approuvé par la Commission Endurance de la FIA puis par le Conseil mondial du sport automobile. La procédure d’homologation est elle aussi rationalisée, la FIA et l’ACO supervisant désormais conjointement l’homologation de toutes les voitures engagées en Hypercar. En contrepartie de cet ancrage institutionnel, la marque FIA bénéficiera d’une visibilité renforcée sur les éléments clés du championnat — parc fermé, podium, voitures de sécurité — ainsi que dans les retransmissions.

Un championnat en plein essor

Cette prolongation intervient alors que le FIA WEC affiche une santé insolente. La fréquentation sur les circuits a progressé de plus de 8 % depuis le début de l’année 2026, et le championnat séduit un public de plus en plus jeune : 44 % des spectateurs ont 34 ans ou moins, et 40 % assistaient à un événement du WEC pour la première fois. Huit constructeurs se disputent actuellement la catégorie reine Hypercar, et le plateau compte désormais 14 marques au total depuis l’introduction de la catégorie LMGT3 en 2024. Deux poids lourds supplémentaires, Ford et McLaren, rejoindront la Hypercar dès 2027.

L’accord pose également des jalons techniques pour l’avenir : un cadre pour le développement de groupes motopropulseurs à hydrogène, et une harmonisation plus poussée des Hypercars appelées à courir à la fois en FIA WEC et en IMSA à partir de 2030, avec l’objectif affiché de mieux maîtriser les coûts pour les constructeurs engagés dans les deux championnats.

Les dirigeants unanimes

Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, n’a pas mâché ses mots pour qualifier l’accord : « Il ne s’agit pas seulement d’un accord, mais d’une avancée cruciale pour le sport automobile, qui garantira l’avenir du Championnat du monde d’endurance de la FIA pour les années à venir. C’est un accord conçu pour l’avenir, un « accord du siècle », qui renforce la collaboration entre la FIA et l’ACO, une relation qui remonte à plus de 120 ans, et qui ouvre la voie à une décennie de croissance record pour le championnat. » Une formule qu’il avait déjà employée cet été pour l’accord similaire conclu avec les Championnats du monde et d’Europe des rallyes, et qui s’inscrit ici dans ce que la FIA présente comme son quatrième accord à long terme de ce type depuis juillet 2025. »

Pierre Fillon, président de l’ACO, a de son côté insisté sur la continuité plutôt que sur la rupture évitée : « Ce partenariat repose sur la confiance, une ambition partagée et un engagement commun pour le développement des courses d’endurance. Ensemble, la FIA et l’ACO ont posé des bases solides qui permettront au championnat de continuer à prospérer et à se développer à l’international. »

Florian Defet

Journaliste et rédacteur en chef d'Endurance24 Directeur de la publication du magazine Drivers Club