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L’Automobile Club de l’Ouest et la Fédération Internationale de l’Automobile ont dévoilé ce jeudi, durant le week-end des 1812 kilomètres du Qatar, la nouvelle méthodologie de la Balance de Performance (BoP).
La BoP repose sur trois aspects : les paramètres d’homologation, l’équivalence des plateformes et la compensation des constructeurs. Elle vise à équilibrer le niveau entre les différents constructeurs au sein d’une même fenêtre de performance, désormais alimentée par une combinaison de données de l’année précédente, de données de simulation et de données issues de chaque course.
« Nous espérons qu’il y aura des voitures à l’intérieur de la fenêtre. Il pourrait y avoir des voitures qui sont plus lentes, ou d’autres qui pourraient éventuellement être plus rapides, » indique Thierry Bouvet, délégué technique de l’ACO. « Désormais, le système est davantage basé sur les résultats que nous observons sur la piste. C’est lié à la simulation et au besoin de corrélation. »
« Nous souhaitons laisser les équipes courir, » insiste-t-il. « Ce que la BoP ne fera pas, c’est compenser le manque d’optimisation en course, le choix des pneus, le pilotage, ou les choix stratégiques. » Autrement dit, au-delà de la performance intrinsèque de la voiture balancée par la BoP, les équipes ont la liberté de faire la différence sur toute la partie opérationnelle et gestion de course.
Les paramètres d’homologation
C’est le point de départ de la BoP. « Nous utilisons un outil de simulation avec des données de soufflerie, mais aussi la hauteur du centre de gravité. Nous examinons également le paramètre de la charge moyenne de carburant par relais. Tout cela est calculé et utilisé par notre logiciel de simulation pour fournir les paramètres d’homologation, » détaille Bouvet. « Cela donne une bonne idée de l’ensemble. On l’appelait auparavant la BoP de départ, mais ce sont maintenant les paramètres d’homologation. »
L’intégration de la charge de carburant moyenne par relais dans ces paramètres est la nouveauté par rapport à l’année précédente, afin de définir la performance théorique de la voiture.
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L’équivalence des plateformes
Comme son nom l’indique, le deuxième aspect, l’équivalence des plateformes, vise à équilibrer les deux types d’Hypercars, LMH et LMDh. « Nous comparons la meilleure voiture LMH à la meilleure voiture LMDh. Il est donc clair que nous voulons que ces deux plateformes puissent gagner. Nous disposons donc d’une petite fenêtre dans laquelle nous voulons que ces deux voitures s’intègrent, » poursuit Bouvet.
La compensation du constructeur
Les constructeurs ne sont pas tous logés à la même enseigne avec plus ou moins de voitures engagées, à l’instar de Porsche qui dispose de cinq exemplaires de la 963. Pour ce faire, un système de compensation pour chaque constructeur est élaboré. « Nous regardons la performance de la meilleure voiture de chaque constructeur, puis nous faisons une moyenne de cela », a déclaré Bouvet. « Disons que vous avez cinq voitures. Nous prenons la meilleure voiture par constructeur et ensuite nous faisons la moyenne de ces cinq voitures »
La fenêtre de performance
La fenêtre de performance, dont les détails n’ont pas été divulgués, est l’élément central qui pourra donner lieu à des ajustements de BoP (incluant le poids, la puissance, la consommation maximale par relais, etc.). Un tableau sera édité pour chaque course, avec des valeurs différentes pour tenir compte des caractéristiques des circuits, ce qui ne signifie pas pour autant que la BoP en elle-même changera à chaque course, même si, en théorie, cela pourrait être le cas.
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Toutefois, pour les voitures qui se situent en dehors de la fenêtre à l’extrémité inférieure, les changements seront effectués moins rapidement que ceux qui sont en dehors à l’extrémité supérieure de la fenêtre : « L’idée est d’intervenir le moins possible. Quand nous avons une voiture qui est plus rapide, nous aurons tendance à réagir rapidement, mais si une voiture est plus lente, nous agirons de manière lente. »
Une BoP spécifique pour Le Mans
« Le Mans doit être séparé, donc les constructeurs peuvent faire ce qu’ils veulent avant, » souligne Bouvet. « Nous avons l’expérience du Mans l’année dernière. La BoP sera spécifique car il faut avoir une approche différente. » L’idée étant de couper court à toute tentative d’un constructeur qui souhaiterait cacher son jeu sur les trois premières manches (Qatar, Imola et Spa) avant les 24 Heures du Mans.
Un nouveau système appelé « gain de puissance » est en cours d’introduction. Il ajustera la puissance des voitures en dessous et au-dessus de 210 km/h pour équilibrer l’accélération et les vitesses de pointe. Ce système, testé par certains constructeurs lors du Prologue, offre un autre outil pour ajuster les voitures, permettant potentiellement moins de différence de poids. Si une voiture a plus de traînée et nécessite plus de puissance, elle devra également avoir plus de poids.