© Drew Gibson
Alors que Genesis Magma Racing s’apprête à faire ses débuts en FIA WEC, le constructeur coréen regarde déjà plus loin. En exclusivité pour Endurance24, le président de Hyundai Motorsport, Cyril Abiteboul détaille les ambitions à moyen terme, entre LMH, expansion en IMSA et construction du projet à long terme.
À plus long terme, l’option LMH est-elle envisagée ?
« Je pense que c’est une ambition, ça l’était et ça le reste. Il faudra voir comment le règlement LMH évoluera par rapport au règlement LMDh. C’est un autre sujet (référence aux discussions sur une fusion des deux plateformes, Ndlr). En tant que troisième constructeur mondial, forcément, notre ambition est de courir dans le plus haut niveau.
Et c’est vrai que le LMH, ce n’est pas un problème de hiérarchisation, mais c’est la plateforme qui, sur le plan technologique, offre aujourd’hui le plus de liberté. Et nous, la raison de notre engagement dans le sport auto, c’est essentiellement le développement technologique. Donc naturellement, la LMH, c’est la plateforme que l’on ambitionne à terme. Mais il y a des étapes. Déjà, être capable de comprendre l’endurance, l’univers du circuit en venant du rallye pour le groupe Hyundai, se faire cette culture, se construire ces moyens, se construire cette compréhension.
Mais c’est précisément parce qu’on ambitionne le LMH que l’on a pris la décision d’exploiter la voiture nous-mêmes. C’est presque “exagéré” d’exploiter la voiture nous-mêmes quand on a une voiture LMDh. Mais parce qu’on n’a pas envie d’en rester là, on se prépare en se confrontant directement à la piste. Parce que ces noyaux d’ingénieurs, c’est également le noyau qui nous servira à imaginer ce que serait une LMH. »
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Le LMH est donc déjà dans les réflexions ?
« Oui, c’est en tout cas dans les aspirations à moyen terme de figurer au niveau le plus avancé technologiquement de ce sport, quel qu’il soit appelé. »
Qu’en est-il du programme IMSA pour 2027 ?
« Être prêt pour Daytona nécessiterait d’engager beaucoup plus de choses déjà à l’heure où on parle. Moi, je veux vraiment me concentrer sur l’entrée en WEC et voir où on en est au début de saison, évaluer notre niveau de fiabilité, de compétitivité avant de multiplier les programmes.
Donc on sécurise bien l’entrée dans le WEC. Le programme IMSA fait toujours partie de nos plans, mais c’est une décision qu’on veut prendre au bon moment, sur les bons rationnels aussi, parce que c’est un programme qui est cher. L’inflation, en particulier aux États-Unis, des dépenses logistiques, est vraiment importante.
Donc plutôt que d’aller trop vite, on préfère stabiliser les fondations. Et puis il y aura aussi une décision importante à prendre sur l’équipe partenaire avec laquelle on souhaite travailler. »
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Quel calendrier visez-vous ?
« Compte tenu du calendrier dans lequel on est, ce sera déjà pour la deuxième partie de 2027 dans le meilleur des cas. L’idée, c’est d’avoir quelques courses en 2027 pour être capable ensuite de faire Daytona en 2028. On cherche à sécuriser une année complète en 2028 dans de bonnes conditions. »
Quel regard portez-vous sur l’hydrogène en endurance ?
« C’est évidemment très important. Mais en même temps, aujourd’hui, on doit tellement être concentrés sur notre propre programme qu’on ne peut pas se permettre de trop se disperser. Et l’hydrogène est trop important pour que ce soit juste un sujet de communication. Compte tenu des investissements dans notre écosystème H2, c’est un sujet majeur, que ce soit en technologie ou en marketing. Le sport auto pourrait être une plateforme extraordinaire.
Donc on est entre rester concentrés et être très intéressés. Mais il faut d’abord que le règlement se stabilise, que le calendrier se stabilise, que les technologies se stabilisent. Et à ce moment-là, on pourra se projeter. Mais oui, on n’imaginerait pas ne pas en faire partie si ça se confirme. »
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Peut-on toujours imaginer Genesis à terme en GT3 ?
« On n’a pas caché notre ambition. Luc Donckerwolke (directeur de la création du groupe Hyundai) a partagé son rêve avec beaucoup de monde, notamment avec un concept de voiture GT. Et une voiture comme ça, si elle existait, devrait avoir une déclinaison de course.
Après, il y a des étapes. On ne peut pas se disperser sur tous les fronts. Mais on travaille tous à faire exister les rêves de Luc. Et ce sont des rêves que partagent beaucoup de passionnés d’automobile. »