IMSA – Long Beach : Acura ouvre son compteur sur ses terres

Au terme d’un sprint animé et stratégique, Acura Meyer Shank Racing décroche une victoire symbolique à domicile, tandis que Lexus s’impose en GTD.

L’attente aura été longue, mais elle prend fin sur ses terres. Acura a enfin inscrit son nom au palmarès de l’épreuve de Long Beach dans l’ère moderne de l’IMSA WeatherTech SportsCar Championship. Sur le tracé urbain californien, la Acura ARX-06 n°93 d’Acura Meyer Shank Racing, pilotée par Renger van der Zande et Nick Yelloly, s’est imposée au terme d’une course sprint de 100 minutes particulièrement disputée.

Parti depuis la pole position, Nick Yelloly a parfaitement lancé son équipage avant de céder temporairement les commandes à la Cadillac V-Series.R n°31 d’Action Express Racing. Gêné par le trafic GT dès les premiers tours, le Britannique a laissé filer Jack Aitken, qui semblait alors en mesure de contrôler la course. Mais un timing de neutralisation parfaitement exploité par Acura a rebattu les cartes au moment des arrêts aux stands. Renger van der Zande, relancé en tête, n’a ensuite plus lâché les commandes malgré la pression constante exercée par Frederik Vesti en fin d’épreuve.

Le Néerlandais s’impose finalement avec 0,818 seconde d’avance, offrant à Acura une victoire hautement symbolique sur l’épreuve dont la marque est partenaire titre depuis 2019. Il s’agit également du premier succès de Meyer Shank Racing à Long Beach, et d’un retour au premier plan après une période plus discrète.

Derrière, la Cadillac n°31 confirme sa régularité avec un troisième podium consécutif en ce début de saison. Les Porsche 963 de Porsche Penske Motorsport complètent le top 4, avec la n°6 de Kévin Estre et Laurens Vanthoor devant la n°7 de Felipe Nasr et Julien Andlauer, toujours leaders du championnat après leurs succès à Daytona et Sebring.

La course a été rythmée par cinq neutralisations, influençant fortement les stratégies. Plusieurs incidents ont marqué l’épreuve, dont la sortie de piste de la BMW n°25 de Philipp Eng, ou encore le contact de Ricky Taylor avec le mur en fin de course. Malgré cela, la hiérarchie s’est stabilisée dans le dernier tiers, permettant à Acura de concrétiser son avantage.

Auteur d’une prestation solide pour ses débuts avec JDC-Miller MotorSports, Laurin Heinrich a terminé sixième après une remarquable remontée et le meilleur tour en course. À noter également la performance de l’autre Acura Meyer Shank n°60, remontée au septième rang après être partie de la dernière place suite à un changement de châssis.

En GTD, la victoire est revenue à Vasser Sullivan avec la Lexus RC F GT3 n°12, qui a su tirer profit d’une course rythmée et piégeuse. Aaron Telitz a parfaitement géré le relais final pour contenir le retour de la BMW M4 GT3 n°96 de Turner Motorsport, pilotée par Robby Foley, reléguée à environ cinq secondes à l’arrivée. Ce succès marque le retour au premier plan de l’équipe après deux saisons sans victoire, et constitue également le premier triomphe de Benjamin Pedersen en IMSA.

Derrière ce duo, la lutte pour le podium a longtemps animé la catégorie. La Ferrari 296 GT3 n°34 de Conquest Racing, avec Albert Costa et Manny Franco, a su rester constante pour sécuriser la troisième place, profitant notamment des déboires de plusieurs concurrents. Pfaff Motorsports semblait en mesure de signer un solide résultat avec sa Lamborghini Temerario GT3, mais une pénalité en fin de course pour Andrea Caldarelli, impliqué dans un incident avec la Ford Mustang GT3 n°66 de Gradient Racing, a ruiné ses espoirs et redistribué les positions.

Cette situation a permis à la Ferrari n°70 d’Inception Racing de remonter au quatrième rang, tandis que la Lexus n°89 de Vasser Sullivan s’est emparée de la cinquième place dans le dernier tour après un dépassement décisif sur la Corvette Z06 GT3.R n°36 de DXDT Racing. Cette dernière, pourtant en tête en début de course avec Robert Wickens, a progressivement reculé dans la hiérarchie, pénalisée par le rythme et les circonstances de course.

Avec une catégorie GTD aussi disputée que stratégique, cette première manche Sprint confirme l’équilibre des forces en présence et laisse présager une saison particulièrement ouverte.

Florian Defet

Passionné de sport auto depuis toujours⎥Journaliste depuis 2018⎥Rédacteur en chef d'Endurance24