Yann Belhomme cumule les deux casquettes de team principal de l’écurie de Duqueine Engineering et de directeur général de Norma Automotive. Implantée au sein du Pôle Mécanique d’Alès depuis 2014, l’écurie est présente sur la scène européenne et sera au départ de la plus grande course au monde.

La nouvelle est tombée le 21 mars dernier. L’Automobile Club de l’Ouest a repêché Duqueine Engineering, première équipe sur la liste d’attente des 24 Heures du Mans, suite au désistement d’une Ferrari du Spirit of Race. Il y a aura donc une écurie alésienne avec un pilote alésien puisque Romain Dumas épaulera Nico Jamin et Pierre Ragues !

« Vu la qualité de la liste initiale, je ne voyais pas qui pouvait se désister puisque tous les projets étaient de qualité, » nous a confié Yann Belhomme. « Nous avions même fermé le dossier de notre côté et nous allions nous concentrer sur le l’ELMS pour être premier ou deuxième, ce qui nous permettrait d’être invités d’office et ainsi pouvoir préparer Le Mans dès le mois de novembre. Gérard Neveu et Vincent Beaumesnil, de concert, m’ont appelé pour m’annoncer la bonne nouvelle. »

Quelques jours plus tard, l’ACO annonçait la création de deux stands provisoires supplémentaires …

« Je suis content pour United Autosports. Ils sont loin d’être déméritant avec toute leur implication dans les championnats ACO. Je suis également content de pouvoir croiser dans les paddocks mon ami Peter (Utoft) de chez High Class Racing. Tant mieux pour eux. »

Le titre LMP2 en ELMS est l’objectif ?

« C’est clairement l’objectif. La tâche n’est pas facile à cause du niveau très relevé dans ce championnat. Nous avons le package, entre les pneumatiques, la voiture, les pilotes et le staff, qui peut nous permettre de concrétiser. Je pense que nous avons ce qu’il faut pour gagner des courses. On connait les lois du sport et on sait que nous avons des concurrents redoutables face à nous. »

© AutoWebbb – Eric Fabre

Et pour les 24 Heures du Mans ?

« C’est de faire le mieux possible. C’est notre première participation aux 24 Heures du Mans, nous voulons faire les choses bien mais au fond de nous-même, on rêve que tout se passe bien. Si on s’engage en compétition, c’est que vous avez un espoir de gagner et tout le monde a envie d’être le meilleur de sa catégorie. 24 heures, c’est long. Quand on voit ce qui se passe sur 4 heures, on multiplie donc la donne par six. »

Plus d’un an après le rachat de Norma par le groupe Duqueine, l’opération s’est avérée fructueuse.

« C’est formidable. Nous avons bien travaillé avec une belle année 2018 à la clé. Nous avons livré la quarantième voiture au Castellet. Par rapport à Ligier, on a démarré une saison en retard donc c’est plutôt de bon augure. Quand on voit les performances réalisées en ELMS et en Michelin Le Mans Cup en ce début de saison, évidemment que c’était une bonne chose. Certains bruits de paddock disent que la Norma est une voiture difficile à conduire pour les gentlemen, sachant qu’en Michelin Le Mans, la qualif est réalisée par les pilotes Bronze et qu’en ELMS elle est réalisée par les professionnels. Mieux vaut une feuille de classement de qualifs plutôt qu’un discours. La M30 rend heureux beaucoup de gentlemen et n’ont pas de difficulté avec. »

Le constructeur et l’équipe ne s’ennuient pas depuis quelques semaines. La nouvelle LMP3, répondant à la réglementation 2020, sera présentée lors de la classique mancelle.

« Nous présenterons les évolutions de la voiture au Mans, pendant les 24 Heures. C’est la grand-messe de l’endurance et nous sommes contents d’avoir été retenus parmi les 62. On espère que beaucoup d’amis et de fans nous suivront et c’est aussi l’occasion de présenter la voiture auprès d’eux. »

Nous ne parlerons plus de Norma LMP3 …

« Les voitures produites à partir de 2020 s’appelleront Duqueine. »

Son développement a débuté à quelle période ?

« On travaille sur la voiture depuis fin octobre. Nous avons connu un peu de retard puisque nous devions commencer en septembre. On s’est restructuré entre temps, la partie construction a été amenée à Alès, ce qui a engendré beaucoup de modifications notamment au niveau des ressources humaines. Nous ne sommes pas très en avance mais nous serons prêts pour l’échéance 2020 et nous aurons une belle auto. On va conserver tout ce qui fonctionnait très bien sur la LMP3 2018 et améliorer les quelques points qu’on a identifiés. L’auto avait déjà un très bon potentiel aéro et on a de nouveau trouvé des choses intéressantes sur cette partie aérodynamique. La CFD nous dit qu’on devrait avoir une voiture encore mieux équilibrée et encore plus agréable à piloter. »

Avez-vous un œil sur la future réglementation de la catégorie reine de l’endurance ?

« Construire une hypercar de la marque Duqueine n’est pas à l’ordre du jour. Être un sous-traitant d’un constructeur dans un projet comme ça, oui bien sûr. »

En attendant de pouvoir élargir ses locaux à toute la rangée actuelle, avec la reprise du bâtiment de l’IEMS (qui déménagera quelques mètres plus loin), une partie des activités de Duqueine est hébergée dans les anciens locaux de Romain Dumas.