Thomas Laurent : "On a retrouvé notre potentiel de leader"

© Antonin Vincent / DPPI

En quelques années, seulement, Thomas Laurent a connu une ascension fulgurante jusqu’au sommet de la pyramide de l’Endurance et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

A seulement 22 ans, il compte déjà trois participations aux 24 Heures du Mans, dont deux podiums au classement général en 2017 (Jackie Chan DC Racing) et 2018 (Rebellion Racing). Il fut aussi vice-champion FIA WEC 2017 en LMP2 et champion Asian le Mans Series 2017-2018.

Après deux saisons dans la catégorie reine LMP1, le jeune vendéen a intégré les rangs de Toyota Gazoo Racing en tant que pilote de réserve et fait aussi campagne en Championnat du Monde d’Endurance de la FIA, chez Signatech Alpine Elf, en LMP2. A quelques jours du déconfinement, nous avons pris de ses nouvelles.

Comment vis-tu ce confinement du côté des Sables-d’Olonne ?

« Je préfère bien le vivre que le subir. Je m’occupe comme je peux, je fais pas mal de sport, quelques courses en ligne avec des amis et je cuisine un peu. » nous a confié Thomas Laurent. « Même si je me lève assez tôt, 8h/8h30, les journées passent assez vite. Jusqu’à présent, on a la chance d’avoir une belle météo donc ça se passe plutôt bien. »

Comment maintiens-tu ta préparation physique ?

« J’alterne entre une séance cardio et une séance de musculation par jour. C’est un entraînement basique, avec un home-trainer qui me permet de faire travailler les cuisses, le cardio en prend un bon petit coup aussi, et pour les exercices de muscu, malheureusement c’est tout au poids de corps. J’ai aussi le simulateur pour travailler la concentration. »

Le déconfinement approche à grand pas, sais-tu ce qu’il t’attend après le 11 mai ?

« Cela reste encore un peu flou. J’espère que le déconfinement va bien se passer et que nous ne soyons pas reconfinés à nouveau. Toutes les dates ne sont pas encore officielles et j’essaye de me renseigner auprès de mes teams. Comme tout le monde, on voudrait avoir des réponses, mais la situation fait qu’on ne peut pas en avoir. »

 Photo Clément Marin / DPPI

Signatech Alpine Elf a profité des 24 Heures du Mans 2019 pour annoncer l’arrivée de Thomas Laurent pour la campagne 2019-2020 du FIA WEC, aux côtés de Pierre Ragues et André Negrão. Championne à l’issue de la Super Saison 2018-2019, notamment grâce à une double victoire au Mans, la première partie de la saison actuelle fut plus compliquée pour l’équipe malgré une deuxième place à Silverstone…

« Rien n’est perdu, rien n’est gagné. On l’a vu l’an dernier. On a vécu un début d’année plus ou moins compliqué. Je trouve qu’on a bien progressé et tout le monde s’accorde à dire que sans la casse du disque de frein au COTA (Circuit des Amériques. Ndlr), la victoire était pour nous. On a beaucoup travaillé sur la voiture, on a aussi beaucoup travaillé en tant que pilote, pas mal d’aspects techniques ont évolué et les positions des mécaniciens ont aussi évolué. On a retrouvé notre potentiel de leader qu’Alpine avait la saison passée. »

En parallèle, le jeune sablais doit disputer l’European Le Mans Series au volant de l’Oreca 07 du Graff avec Alexandre Cougnaud et James Allen.

« C’était une volonté de ma part de rouler en ELMS. Cela fait deux ans que je voulais y rouler pour avoir un programme en plus du WEC. C’est tombé sur le Graff car je connais très bien l’ingénieur, Greg Wheeler, qui était chez Jackie Chan DC Racing avec qui on a gagné Le Mans (en LMP2 en 2017. Ndlr). C’est plus ou moins lui qui m’a mis dans la boucle et ensuite ça s’est fait tout seul avec Pascal Rauturier. J’espère que l’aventure va se lancer assez rapidement ! »

Quel est l’objectif ?

« Le but est de rouler et d’ajouter une ligne en plus à mon jeune palmarès. Je suis au sein d’une équipe capable de jouer la gagne, ce n’est clairement pas pour évoluer en milieu de grille. L’équipe le sait et souhaite la même chose que moi, c’est d’être champion d’Europe. »

Thomas Laurent : "On a retrouvé notre potentiel de leader"

© Toyota

Thomas Laurent possède aussi la casquette de pilote d’essais et de réserve du Toyota Gazoo Racing. Il a donc pu prendre le volant de la TS050 Hybrid à plusieurs reprises, mais n’a pas encore vu la nouvelle Hypercar de la firme nipponne…

« Je devais la voir la dernière fois, il y a un peu moins de deux mois. Je n’ai finalement pas pu, cela reste un projet de haut niveau, assez confidentiel et je sais qu’ils continuent à travailler. Je me languis de la voir enfin. J’ai toutefois pu essayer l’Hypercar sur le simulateur. C’était une première découverte, mais on perd 10 secondes au tour.

Appréhendes-tu de disputer tes quatrièmes 24 Heures du Mans en septembre au lieu du mois de juin ?

« Je n’appréhende pas trop, il va faire nuit plus tôt et plus longtemps. Le facteur météo sera peut-être différent, avec peut-être un peu plus de pluie. J’espère qu’il y aura tout de même du monde qui va venir au Mans même si je pense malheureusement, que la situation actuelle aura un effet à ce niveau-là. »

L’absence de Journée Test est contraignante ?

« Durant la Journée Test, il faut savoir que la piste est très sale et les teams cachent un peu leur jeu. Nous avons de très bonnes bases, l’Alpine est très saine et les réglages ont fonctionné les deux dernières années avec deux victoires à la clé. C’est une journée de roulage en moins certes, mais c’est pour tout le monde pareil. »

© Rolex/Jensen Larson

Thomas Laurent voit d’un très bon œil l’arrivée du LMDh…

« C’est une de mes solutions pour l’avenir. Convergé avec le championnat américain est une très bonne idée, le tout avec une Balance de Performance pour équilibrer les performances avec les Hypercars, c’est le top du top. Il ne faut pas que la différence de budget soit trop importante puisque si les LMDh arrivent à se battre avec les LMH, les constructeurs d’hypercars vont rapidement se poser les bonnes questions. »

Enfin, Thomas Laurent, Nicolas Sasportes et Anthony Perrin ont lancé une agence de communication, « Drive Your Com » pour les pilotes et les équipes.

« C’est une bonne opération que nous avons lancée tous les trois et je pense qu’on a un bel avenir. La période actuelle ne nous est pas favorable, mais Nico a de très bonnes idées pour le futur. Je suis là pour les soutenir et apporter ma patte dès que je le peux. » conclut Thomas Laurent.