Stéphane Ratel (SRO) : "Je discute beaucoup avec l’ACO et le Président Fillon"

© Patrick Hecq Photography / SRO

Les jours de la catégorie LMGTE, telle qu’on la connaît depuis 2011, sont désormais comptés.

La conférence de presse du vendredi 20 août, dans le cadre des 24 Heures du Mans, a scellé le sort de la catégorie qui disparaîtra fin 2023.

Richard Mille, Président de la Commission Endurance de la FIA, avait indiqué que la réglementation de la nouvelle catégorie GT sera basée sur la plateforme GT3 actuelle, sans pour autant entrer dans les détails. Richard Mille a cependant pris rendez-vous pour le Conseil mondial du sport automobile de la FIA, prévu avant la fin de l’année, afin d’entériner tout cela.

Alors que les GT3 évoluent déjà dans l’univers ACO, en Michelin Le Mans Cup ou en Asian Le Mans Series, elles n’ont en revanche pas leur place, du moins pas encore, en ELMS, FIA WEC ou aux 24 Heures du Mans.

En parlant de GT3, on pense bien sûr à Stéphane Ratel qui a bâti son empire sur le GT à la fin des années 1990, et qui règne en maître grâce à la plateforme GT3 dont le succès ne se dément pas au fil des années.

Alors que l’Automobile Club de l’Ouest et la FIA planchent actuellement sur les contours de la nouvelle catégorie GT, nous avons pu recueillir les premières impressions de Stéphane Ratel, au lendemain de ces annonces, sur la grille de départ des 24 Heures du Mans.

« Je discute beaucoup avec l’ACO et le Président Fillon, » nous a confié le président-fondateur de SRO. « Nous nous entendons très bien et nous voyons comment collaborer, mais aujourd’hui, il y a encore beaucoup de points qui restent à définir. Pour l’instant, il est question d’une catégorie sur la base d’un règlement GT3. Qu’est-ce que cela signifie la base d’un règlement GT3 ? On parle de toute façon de 2024 et nous avons encore beaucoup de temps pour discuter. C’est une évolution logique. Seulement, si on change la catégorie sans changer les fondamentaux, cela ne changera rien. »

Avez-vous des craintes ? Craignez-vous une escalade des coûts par exemple ?

« Une implication directe des constructeurs conduit à une escalade des coûts, puis à une désaffection et ainsi de suite. Depuis 30 ans que suis en GT, il y a eu, je pense, quatre catégories différentes aux 24H. Première génération GT1, deuxième génération GT1, GT2 et LMGTE. Pour le GT3, si on repart de zéro en reprenant les mêmes fondamentaux, cela continuera comme ça alors que le GT3 cela fait 15 ans que c’est un succès continue, sans la moindre désaffection. C’est pour cela qu’il faut être attentif à la façon dont on gère la catégorie, en bonne intelligence avec l’ACO. »

Stéphane Ratel ne boudait pas son plaisir d’être dans la Sarthe : « une grande partie de ma vie est ici, depuis 30 ans. Je suis donc toujours très heureux d’être ici aux 24 Heures du Mans. J’étais là en 2019, et je suis là cette année. »